Cinq Sonates pour vents de Paul Hindemith excellemment défendues

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Paul Hindemith (1895-1963) : Sonate pour trompette en si bémol majeur, Sonate pour cor en fa majeur, Sonate pour saxophone en mi bémol majeur, Sonate pour trombone en fa majeur, Sonate pour tuba en si bémol majeur. Éric Aubier, trompette. Nicolas Prost, saxophone alto. David Alonso, cor. Stéphane Labeyrie, tuba. Fabrice Millischer, trombone. Laurent Wagschal et Hélène Tysman, pianos. 1 CD Indésens. Enregistré en 2017 et 2018 à Montreuil, Paris, Saint-Maur et Meudon. Notice bilingue : français et anglais. Durée : 66:00

 

hindemith_brass_sonatasCompositeur et musicien aux qualités exceptionnelles, a composé pour un grand nombre d’instruments. à la trompette et au piano s’entourent de talents plus rarement entendus au disque pour mettre en valeur cinq de ses dix Sonates pour vents (bois et cuivres) et piano.

Influencé précocement par le jazz et l’esthétique néo-classique, Hindemith a longtemps été considéré comme une sorte d’électron libre par les postromantiques. Une partie de son catalogue renferme des pages d’une élégance et d’une beauté intemporelles. On pense à sa symphonie Mathis le peintre que Furtwängler créa à Berlin en 1934, œuvre combattue par les nazis qui pousseront le créateur à fuir l’Allemagne, à trouver refuge en Suisse puis aux États-Unis où il obtiendra la nationalité américaine en 1946 avant de revenir finalement en Europe en 1963.

La musique de chambre de Hindemith, trop mal connue, bénéficie pour cet album d’exécutions d’un niveau superlatif soulignant ses ressources inventives, techniques et esthétiques, entre 1939 et 1955.  La gamme expressive qui les caractérise privilégie une certaine gaieté et transparence en ce qui concerne les bois et une vigueur et rigueur marquées pour les cuivres. Chacune de ces Sonates profite d’interprétations précises, inoubliables et légitimement engagées méritant de retenir à niveau égal les musiciens d’instruments à vents, sans oublier leurs collègues pianistes irréprochables.

Si Hindemith réfute généralement au cours des années 1930-40 toute approche avec la subjectivité et la sentimentalité au profit d’une rythmique draconienne ayant amené certains opposants à parler de motorisme, ce qualificatif  concerne un peu moins certaines pages de ses Sonates. La Sonate pour cor (1939), un des chefs-d’œuvre du maître allemand, en accepte un certain romantisme, ou plus précisément un zeste de  lyrisme, nettement perceptible dans les deux premiers mouvements  lesquels s’opposent au dernier plus dramatique et âpre. La Sonate pour trombone (1941) prospère sur une écriture polyvalente se rapprochant tour à tour de sections humoristiques mais ne dédaignant nullement d’évoquer le souvenir, quelques peu suranné, d’une époque passée, sans pour autant oublier de développer des pages magnifiques au début et à la fin de la partition, dans les sections notées Allegro moderato maestoso.

On soulignera la singulière Sonate pour trompette (1939) dont les deux premiers mouvements, puissants et dynamiques, s’opposent au dernier, Trauermusik, une musique funèbre qui s’achève par la reprise de la mélodie du choral intitulé : « Tous les hommes doivent mourir ».

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