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Un superbe oratorio de Noël par György Vashegyi

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Paris. Église Saint-Roch. 12-XII-2018. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Oratorio de Noël BWV 248 (cantates 1, 3, 5 et 6). Hasnaa Bennani, soprano ; Anthea Pichanick, alto ; Dávid Szigetvári, ténor ; Victor Sicard, basse. Purcell Choir ; Orfeo Orchestra Budapest, direction : György Vashegyi

Vashegyi-Gyorgy-Wagner-Csapo-Jozsef-2013-En cette période de l’année, le public parisien a tous les ans au moins une occasion d’assister à un Oratorio de Noël de haut niveau. Cette année, cela se passait à l’église Saint-Roch, avec le et l’ Budapest de .

Des six cantates qui composent l’œuvre de , les quatre qui ont été choisies présentent l’avantage pour l’organisateur de rationaliser l’instrumentarium, mais aussi pour l’auditeur d’offrir un équilibre entre la célébration lumineuse de la naissance du Christ (cantates 1 et 3) et un propos un peu plus contrasté avec les épisodes des rois mages et de leur rencontre avec Hérode (cantates 5 et 6).

Le plateau de solistes est composé de quatre chanteurs jeunes mais expérimentés, qui ne se sont pas encore spécialement illustrés, à une exception près, dans la musique du Cantor de Leipzig. se révèle une alto précise et bonne germaniste, dont le timbre, pas franchement profond dans le grave, n’en est pas moins très agréable. L’indispensable expressivité se révèle notamment dans les nombreux récitatifs qui lui échoient. fait montre d’une très belle présence pour ses interventions solistes, notamment l’air « Grosser Herr, o starker König » de la première cantate, même si l’on sent que sa voix de baryton peine à habiter les profondeurs de sa partie de basse. Son long duo de la troisième cantate « Herr, dein Mitleid, dein Erbarmen » avec souffre toutefois d’un certain manque d’énergie. La soprano, dont la voix raffinée a d’abord un peu de mal à s’affirmer, montre plus de présence dans son air de la sixième cantate, précédé d’un récitatif bien réussi. Mais le plus impressionnant est sans conteste le ténor , riche d’une grosse expérience dans Bach, avec Akadêmia entre autres. Sa projection sans faiblesse, sa diction impeccable et un joli travail sur de légers legatos lui permettent d’habiter un Évangéliste au niveau des plus grands.

La réussite de la soirée est cependant due avant tout à l’excellence du , bien dimensionné (cinq ou six chanteurs par voix) et impeccable d’un bout à l’autre, et d’un franchement emballant. Les solos du premier violon, des trompettes, des flûtes et des hautbois sont parfaitement maîtrisés, même si l’acoustique est particulièrement défavorable à ces derniers. Le continuo, riche (orgue, clavecin, basson, violoncelle et contrebasse), est utilisé à bon escient. L’ensemble est très cohérent, et on sent que les équilibres sont bien travaillés, si bien que le chef a tout loisir de ciseler les effets et de veiller à ce que l’orchestre offre un support bienveillant aux chanteurs. György Vaseghyi confirme ainsi l’excellente impression laissée au disque par le récent enregistrement de Naïs (clef ResMusica), dans la froideur et l’acoustique pierreuse de l’église Saint-Roch.

Crédits photographique : © Wágner Csapó József

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Paris. Église Saint-Roch. 12-XII-2018. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Oratorio de Noël BWV 248 (cantates 1, 3, 5 et 6). Hasnaa Bennani, soprano ; Anthea Pichanick, alto ; Dávid Szigetvári, ténor ; Victor Sicard, basse. Purcell Choir ; Orfeo Orchestra Budapest, direction : György Vashegyi

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