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Le 50e anniversaire du Festival de La Chaise-Dieu : un tournant ?

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La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint-Robert. Festival du 18-VIII-2016 au 28-VIII-2016.
25-VIII-2016 : À la cour des Médicis. Ensemble Pygmalion, direction Raphaël Pichon. Œuvres polychorales.
25-VIII-2016 : Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Magnificat BWV 243. Eugénie Warnier, Dagmar Saskova (soprani), Paulin Bündgen (alto), David Szigetvari (ténor), Benoît Arnould (basse). Ensemble Akademia, direction Françoise Lasserre.

francoise-lasserre_jnd_9152Un bon cinquantenaire qui bouge malgré son âge : c’est la Festival de La Chaise-Dieu version 2016. Moins de musique sacrée, moins de grandes vedettes mais toujours une qualité qui ne se dément pas au fil du temps.

50 ans ! Oui, cela fait 50 ans que la musique règne sur La Chaise-Dieu. Comme souvent, c’est un coup de cœur qui a tout déclenché. En 1965, , une ponote (habitante du Puy en Velay), invita au théâtre du Puy pour un récital de piano. Le succès fût tel que tout le public ne put trouver place. Aussi, l’année suivante, le 25 septembre 1966, le premier concert de ce qui ne s’appelait pas encore Festival de La Chaise-Dieu, eut lieu en l’abbatiale Saint-Robert. Le programme de ce premier concert était composé d’un récital du pianiste Cziffra père et un concert symphonique dirigé par son fils. Cette forme de concert a perduré pendant 7 ans. Après une brève interruption, c’est en 1973 que le Festival de La Chaise-Dieu a pris la route définitive du succès avec une programmation plus large que l’abbatiale a souvent sublimée.

Un cinquantième anniversaire à la croisée des chemins

Si le festival 2016 débute avec l’œuvre majeure de , les Vêpres à la Vierge, en la cathédrale du Puy, c’est le programme de 1966 qui ouvre la série des concerts en l’abbatiale. Un hommage rendu par l’Orchestre National d’Île-de-France et le pianiste , dirigés par . Une évidente bonne idée.

Le public habituel du Festival s’attendait, sans doute, à une offre musicale plus prestigieuse, plus spectaculaire. Sur ce plan, en effet, cette cinquantième édition ne sort pas du lot habituel. Il y a, sans doute, une raison économique. Cependant, la volonté de , le directeur du Festival, de diversifier la programmation, de mettre en avant de jeunes artistes et, ainsi, de rajeunir son public, sont autant de motifs (très) valables. Quelques belles têtes d’affiche ont rassuré les fidèles auditeurs : et , les Gabrieli de Paul McCreesh, les sœurs Labèque, et son Concert Spirituel avec un programme instrumental. Ils ont entendu avec plaisir Le Collegium Vocale 1704, fidèle du Festival, tout comme l’, qui fête son dixième anniversaire. Intéressante également, l’apparition notable de programmes de musiques du monde : Misa criolla, Orient et Occident et un voyage en Espagne proposé par et son ensemble . La musique sacrée n’est pas en reste, avec une Passion selon Saint Matthieu mais, aussi, des Motets pour le jeune Louis XIV par le (jeune !) de Sébastien Daucé.

raphael-pichon_jnd_9148Quand les anniversaires se fêtent en (belle) musique

Cinquante ans pour le Festival, trente ans pour l’ensemble Akademia et dix ans pour Pygmalion. Voilà de quoi rester optimiste sur l’avenir de la Musique. Pour son ensemble Akademia, a programmé le célèbre Magnificat de Bach. Mais, en prélude, c’est la Suite pour orchestre n° 2 du cantor de Leipzig qui met en valeur la flûtiste . Cette belle prestation est suivie de l’ode funèbre Trauerode. On apprécie le chœur puissant et, surtout, les voix de Paulin Bündgen et de . Tous les deux sont très en phase avec le texte. Et , en confiance, leur laisse toute liberté vocale. Le Magnificat permet au chœur d’exprimer sa richesse vocale. On retrouve avec beaucoup de plaisir ce dialogue alto – ténor dans le Et misericordia. Sans doute le plus beau moment du concert.

Dix ans déjà ! Dix ans que et son ensemble se sont lancés dans l’aventure. Dix ans de travail tant de programmation que d’interprétation. Le premier disque, en 2008, était consacré à deux Messes brèves de Bach. Le succès a été immédiatement au rendez-vous. Succès aussi, pour ce même programme à… La Chaise-Dieu où l’ensemble est invité depuis 2007. Pour ce double anniversaire, emmène les festivaliers à la cour des Médicis en compagnie d’un florilège de compositeurs d’Allegri à Striggio. Avec les Extravagances de l’amour, ce sont plusieurs œuvres polychorales qui sonnent dans l’abbatiale. O giovenil ardire à 8 – Ô ardeur juvénile – d’ résume bien les qualités de l’ensemble. Quelques déplacements rapides et discrets spatialisent la musique en particulier le Donne le celeste lume à 9 de Luca Marienzo. De cette mosaïque musicale qu’est ce concert, on retient les prestations très vivantes du baryton milanais . Mais aussi quelle douceur dans le Funeste piagge, extrait de l’Orfeo de . L’élan du Ballo del Granduca à 7 de est tellement donné que le public attend… les danseurs qui, bien sûr, ne sont pas dans l’abbatiale ! L’apothéose de ce concert très bien monté, vivant, entraînant et riches de découvertes, est Che nuovo miracolo de Cavalieri. Un magnifique « miracle » et un condensé des qualités de Pygmalion : jeunesse, justesse, énergie communicative, imagination, très appréciées du public.

Il faut s’attendre à d’autres programmations, à d’autres lieux, à d’autres ambiances plus attractives pour les jeunes générations. Mais ne pas oublier celles qui ont fait la réussite de ce Festival de La Chaise-Dieu depuis cinquante ans.

Crédit photographique : Françoise Lasserre ; Raphaël Pichon © Jean-Noël Démard

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La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint-Robert. Festival du 18-VIII-2016 au 28-VIII-2016.
25-VIII-2016 : À la cour des Médicis. Ensemble Pygmalion, direction Raphaël Pichon. Œuvres polychorales.
25-VIII-2016 : Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Magnificat BWV 243. Eugénie Warnier, Dagmar Saskova (soprani), Paulin Bündgen (alto), David Szigetvari (ténor), Benoît Arnould (basse). Ensemble Akademia, direction Françoise Lasserre.

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