L’orgue de salon aux soleils couchants par Louis-Noël Bestion de Camboulas

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Franz Liszt (1811-1886) : Romance oubliée ; Orpheus. Gabriel Fauré (1845-1924) : Sicilienne, extrait de la suite d’orchestre Pelléas et Mélisande op. 80 ; L’Horizon chimérique op. 118 ; Après un rêve op. 7 n°1. Emile Paladilhe (1844-1926) : Fantaisie. Claude Debussy (1862-1918) : Danse sacrée ; Danse profane ; Clair de Lune extrait de la Suite bergamasque. Hugo Wolf (1860-1903) : Gebet Lied. Max Reger (1873-1916) : Ich sehe dich extrait de « 2 Geistliche Lieder op. 105 n°1. César Franck (1822-1890) : Choral pour orgue n°3 op. 40 en la mineur. Nadia Boulanger (1887-1979) : Soir d’hiver ; Soleils couchants. Eugénie Lefebvre, soprano. Etienne Bazola, baryton. Andrien La Marca, alto. Lucie Berthomier, harpe. Louis-Noël Bestion de Camboulas, orgue de salon Aristide Cavaillé-Coll de l’Abbaye de Royaumont (1864). 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré en avril 2018 au réfectoire des moines de la Fondation Royaumont. Notice en français et anglais. Durée : 68:03

 

l083pk8wil14b_600Après un premier disque en 2017, l’organiste conclut sa résidence à la sous une note intimiste par essence, colorée par talent. Ce disque Soleils couchants fait avant tout la part belle à l’orgue de salon, celui d’ de 1864 installé à l’Abbaye de Royaumont.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe, ce sont dans les salons de musique que l’on peut découvrir les créations contemporaines. C’est dans cet « esprit de salon » que mène les auditeurs autour de l’orgue de salon de Royaumont. Conçu spécifiquement pour la musique de chambre profane, l’atmosphère de cet instrument autour de transcriptions de musique française (Gabriel Fauré, , , ) et allemande (, ) se veut intimiste, presque mystérieuse, et naturellement romantique.

Ce sont d’audacieuses combinaisons instrumentales initiées par l’organiste à la tête de ce projet ! D’abord avec l’alto d’ à travers le poème symphonique Orpheus de et la rêverie de Gabriel Fauré (Après un rêve op. 7 n°1), les deux musiciens y déployant une sonorité surnaturelle par sa transparence. Plus surprenante encore l’association de la harpe, instrument très présent dans les salons de musique, avec l’orgue, grâce à l’adaptabilité de la harpiste Lucie Berthomier dans les Deux Danses de Debussy et Soir d’hiver de dans une transcription de Louis-Noël Bestion de Camboulas.

Poétique ensuite grâce à l’intelligence du chant du baryton dans la Fantaisie d’Émile Paladilhe (1844-1926) sur un texte de ou L’Horizon chimérique de Gabriel Fauré sur des poèmes de Jean de la Ville de Mirmont, grâce aussi à la soprano , fascinante dans Gebet Lied de sur un poème d’Eduard Mörike et plus encore dans les deux poèmes mis en musique par Nadia Boulanger (Soir d’hiver, Soleils couchants).

Dramatique enfin dans l’intensité de l’orgue seul avec le long Choral pour orgue n° 3 op. 40 en la mineur de , pour au final, une programmation originale, diversifiée, mais surtout fascinante de plage en plage. Pour approcher l’orgue différemment, qui de mieux que Louis-Noël de Camboulas, grand initiateur de Surprises (!), au clavier.

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