Banniere-ClefsResmu-ok

Dans les coulisses du LAAC au Théâtre des Champs-Élysées

Aller + loin, Danse , Dossiers

Focus sur un métier de l’ombre, suivi de répétitions de spectacles, de la création d’une œuvre, d’un ballet ou d’une nouvelle production lyrique… ResMusica propose aux spectateurs de passer du côté des coulisses à travers son dossier « Musique et danse en coulisses ». Pour accéder au dossier complet : Musique et Danse en coulisses

 

Dans le cadre de la préparation du spectacle « Le LAAC en scène(s) », ResMusica a poussé les portes du studio de répétition de l’Atelier d’Art Chorégraphique, fondé par et , au Théâtre des Champs-Élysées.

C’est dans le mythique studio Coupole du Théâtre des Champs-Élysées, où flotte encore le souvenir des Ballets russes et de Vaslav Nijinsky, que les apprenties du LAAC répètent d’arrache-pied pour préparer la quatrième édition de « LAAC en scène(s) ». Pour leur spectacle de fin d’année, ces jeunes apprenties auront la chance de monter sur une scène pas comme les autres  : celle du Théâtre des Champs-Élysées.

Ces conditions de travail privilégiées ont sans aucun doute à voir avec la notoriété des fondateurs de cette académie, et . La brillante carrière de ces deux danseurs étoiles de l’Opéra national de Paris n’est plus à présenter. Après des adieux à la scène de l’Opéra célébrés en 2012 pour l’une et en 2014 pour l’autre, c’est en septembre 2015 que le couple décide de fonder l’Atelier d’Art Chorégraphique (LAAC), ouvert aux amateurs et aux futurs danseurs professionnels.

La formation des pré-professionnels mise sur une approche personnalisée, avec une quinzaine d’apprentis seulement par promotion. Le cursus, en horaires aménagés, prévoit des stages intensifs, des cours avec des professeurs invités, comme Florence Clerc et , et une initiation à l’écriture chorégraphique, visant à développer la créativité des élèves.

Depuis la nomination de Nicolas Le Riche à la tête du Ballet Royal de Suède en 2017 et celle de Clairemarie Osta à celle de la section classique de l’École du Ballet Royal, le couple n’est plus aussi disponible que par le passé pour le LAAC. Afin de poursuivre l’aventure, ils ont confié les rênes de la maison à , qui assure la formation des danseurs en tant que directeur artistique associé. De nationalité canadienne, Nicholas Khan s’est formé à l’École Nationale de Ballet du Canada. Il a ensuite rejoint le Nederlands Dans Theater puis le où, en 1995, il accède au grade de Premier Danseur. Il dansera également au Het Nationale Ballet et en tant que Principal au sein des .

C’est donc entre les mains expérimentées d’un danseur à la brillante carrière et féru de pédagogie que sont placées les dix apprenties de la promotion 2018-2019 du LAAC, qui ne compte malheureusement aucun garçon. La fin de l’année approche et avec elle son traditionnel spectacle, programmé cette année sur le thème du cinéma.

Le programme du spectacle mêle créations des élèves du LAAC et du , créations de Maurice Causey, Clairemarie Osta et Nicholas Khan pour les élèves, et reprises comme Alla Fugua de . Au total neuf pièces courtes (de 4 à 18 minutes), dont une seule sera dansée sur pointes. La particularité de cette édition est de faire danser ensemble danseurs de l’École du et apprentis du LAAC. Nicolas Le Riche et Clairemarie Osta établissent ainsi un trait d’union entre les deux pays, enrichissant l’expérience de leurs élèves par une confrontation des approches.


La répétition montre le travail rigoureux et bienveillant à la fois de Nicholas Khan. Il demande aux élèves d’enchaîner les pièces, et s’arrête, ici ou là, pour corriger un détail, reprendre une position de bras, prodiguer un conseil technique. En classique, la jeune Alice Royal, qui a été repérée lors des auditions au CNSMDP, se démarque. Derrière un physique menu et une petite taille, on sent déjà un potentiel de soliste, avec de jolies lignes et une intelligence du mouvement.

En contemporain, les personnalités se dévoilent mais les danseuses manquent de capacité de lâcher prise. Ces jeunes filles, tout juste sorties de l’adolescence, ont encore besoin d’assumer pleinement leur corps et d’étirer à fond les mouvements. Mais une certaine maturité se dégage déjà des regards et la connexion du groupe est là. La bonne humeur est de rigueur et l’on règle encore des détails de costumes : couleur du justaucorps, short ou pantalon, les avis diffèrent entre le professeur et les élèves. Nicholas Khan les pousse à s’accepter sur scène : dans une carrière professionnelle, le danseur doit se plier aux exigences du chorégraphe. Lui-même a dû danser au Het National Ballet une pièce de Hans Van Manen dans une combinaison presque entièrement transparente !

Les bons résultats de la promotion sont là pour récompenser un travail intense et une pédagogie fructueuse. En effet, sur dix apprenties, cinq ont déjà signé un contrat. Alice Royal, tout juste âgée de 15 ans, intégrera à la rentrée le cursus classique du CNSMDP, tandis que Suzanne Henry rejoindra le cursus contemporain. L’on se prend à rêver de voir la jeune Alice participer au Prix de Lausanne dans un an ou deux, pourquoi pas ? Pour les autres, ce sera l’École du Ballet Royal de Suède, l’école Rudra-Béjart et la Preljocaj Junior Compagnie. De belles promesses pour l’avenir.

Crédits photographiques : © Isabelle Aubert

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.