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Musica Fiorita explore le style italien dans l’Allemagne du XVIIIe siècle

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Spirito Italiano, italian style in german baroque. Johann Friedrich Fasch (1688-1758), Johann Adolf Hasse (1699-1783), Gottfried Heinrich Stölzel (1690-1749), Johann Melchior Molter (1696-1765), Niccolò Jommelli (1714-1774). Musica Fiorita. Daniela Dolci, direction. Enregistré en octobre 2017. Livret en allemand/anglais. 1 CD. Durée 69:38

 

81Rfuyl+v0L._AC_UL654_QL65_, toujours à l’affût de répertoires méconnus, propose ici un intéressant mélange d’œuvres instrumentales et vocales avec des allers-retours entre musiques profanes et sacrées qui illustrent parfaitement l’influence italienne sur les compositeurs allemands.

Les cours princières des petits États qui constitueront l’Allemagne présentent pour les musiciens de l’époque une réserve d’emplois très importante. Certains de ces princes n’hésitent pas à envoyer leurs compositeurs attitrés étudier en Italie pour qu’ils diffusent à leur retour le gusto italiano à la mode. C’est le cas du Margrave de Baden qui envoie étudier deux ans à Venise et à Rome. Quant au duc Wilhelm von Braunschweig-Wolfenbüttel, il ne reverra plus à sa cour de Rudolstadt le compositeur qu’il avait envoyé en Italie. Hasse deviendra un des promoteurs de l’operia seria, et fera une riche carrière entre Naples, Dresde, et de très nombreux voyages. Certains de ces compositeurs itinérants iront jusqu’à se convertir au catholicisme. On peut faire un parallèle entre les voyages des compositeurs de l’époque et l’internationalisme des ensembles d’aujourd’hui qui, comme , rassemblent des musiciens de toutes nationalités.

, claveciniste sicilienne installée à Bâle, est ici à la tête de son ensemble Musica Fiorica en formation élargie. Puisant dans le vivier de la Schola Cantorum de Bâle, cet ensemble à géométrie variable s’attache à faire découvrir un répertoire méconnu : dans son abondante discographie, des enregistrements consacrés à Giacomelli, Molter, Gletle, Zanatta, Perti, Vialardolo… et une prédilection particulière pour les trop rares compositrices de l’époque baroque (Barbara Strozzi, Camilla de Rossi, Élisabeth Jacquet de La Guerre). Dans le présent enregistrement, on entendra pour la première fois une cantate inédite de , maître de chapelle à Eisenach, qui se souvient de ses années vénitiennes et de la fréquentation de Vivaldi. Dans le dernier air, les volutes des violons en dialogue avec la basse nous transportent à Venise. Le contraste avec le choral luthérien qui précède est saisissant : ce sont deux mondes qui co-existent ici. Le chœur y est particulièrement somptueux. Moins convaincante est l’interprétation du concerto de Molter pour deux trompettes. Les difficultés techniques des trompettes naturelles à s’exprimer dans l’aigu gâchent un peu l’excellente réalisation de l’orchestre. L’œuvre qui ouvre le programme, une Ouverture de , mêle inspiration française et italienne. Peut-être parce que Fasch, originaire de Thuringe, n’a pas réussi à concrétiser son désir de voyage en Italie ? On entend, dans cette Ouverture pleine d’une belle énergie, l’influence de Telemann, et on remarquera aussi un très bel air de basson.

Comme dans tous les enregistrements de , on peut admirer l’importance accordée au continuo, qui réunit violoncelle, viole, violone, basson, théorbes, orgue et clavecins. Pour clore le programme, le choix du Te Deum de Niccolò Jommelli permet d’illustrer la présence d’œuvres de compositeurs italiens dans les bibliothèques de nombreuses cours allemandes. Surtout connu pour ses opéras, Jommelli a fait carrière à Venise, Rome et Stuttgart. Mais on a retrouvé de très nombreuses copies de ses œuvres sacrées dans tout l’Allemagne. Ce Te Deum permet d’entendre l’ensemble au complet : chœur, solistes vocaux et les cors naturels qui rejoignent les trompettes pour des tutti instrumentaux somptueux. Mais là s’ouvre un tout autre monde, plus moderne, où le baroque fait place au classicisme.

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Spirito Italiano, italian style in german baroque. Johann Friedrich Fasch (1688-1758), Johann Adolf Hasse (1699-1783), Gottfried Heinrich Stölzel (1690-1749), Johann Melchior Molter (1696-1765), Niccolò Jommelli (1714-1774). Musica Fiorita. Daniela Dolci, direction. Enregistré en octobre 2017. Livret en allemand/anglais. 1 CD. Durée 69:38

 
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