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Manfred Honeck extrême dans la Neuvième d’Anton Bruckner

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 9 en ré mineur (édition Leopold Nowak). Pittsburgh Symphony Orchestra ; direction : Manfred Honeck. 1 SACD hybride Reference Recordings. Enregistré en concerts publics du 23 au 25 février 2018 au Heinz Hall for the Performing Arts à Pittsburgh. Textes de présentation en anglais. Durée : 63:12

 

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La nouvelle interprétation de la Symphonie n° 9 en ré mineur d’ donnée par (l’« Artiste de l’année » des ICMA en 2018) et le  galvanise en s’imposant comme une référence.

Bruckner_Honeck_Pittsburgh-Symphony-OrchestraDès le début du premier mouvement, Feierlich, misterioso, nous sommes frappés par une puissance expressive rare. Cette lecture paraît tendue à l’extrême. Et ce n’est que la première fois après la gravure mythique de Wilhelm Furtwängler, soigneusement rééditée par le label de l’Orchestre philharmonique de Berlin cette année, qu’une exécution de ces pages bouleverse si intensément. parvient à produire cet effet par des changements agogiques parfaitement mesurés, dont beaucoup ne sont que des micro-modifications du mouvement. À cela s’ajoute la précision rythmique, des contrastes dynamiques vigoureusement marqués et une transparence des textures exemplaire. Bien que ce dernier élément soit aussi impressionnant que chez , Honeck ne semble pas si obsédé par ce soin du détail minutieux qui rendit la prestation du chef italien intériorisée plutôt qu’électrisante, et – que cela en soit la conséquence ou pas – dénuée de panache. Ici, tout respire naturellement, contrairement à ce que nous proposa récemment Valery Gergiev, dont l’interprétation est, par moments, dépourvue de naturel en raison de phrasés excessivement longs.

Chez Manfred Honeck, nous sommes saisis par une large palette de couleurs délicieusement nuancées et d’atmosphères. Ténébreuse au début de l’œuvre, l’ambiance qui plane sur cette exécution se développe – en passant par la douceur et la beauté mélancolique de la cantilène du deuxième thème – au point d’être apocalyptique à la fin du premier mouvement. C’est majestueux et grandiose, et avant tout cohérent et équilibré d’un point de vue global, sans traces de montage. Le deuxième mouvement, Scherzo. Bewegt, lebhaft, est profondément expressif, voire impétueux, et néanmoins, chose importante, sans lourdeur. L’Adagio. Langsam, feierlich, à son tour, nous fait pleinement apprécier la musicalité de Manfred Honeck qui malgré la lenteur du tempo, ne perd pas le fil narratif, en captivant par la simplicité, mais aussi par l’éloquence, et ce, en dépit d’un léger manque de justesse dans l’une des interventions des cuivres. Du vrai art à méditer.

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 9 en ré mineur (édition Leopold Nowak). Pittsburgh Symphony Orchestra ; direction : Manfred Honeck. 1 SACD hybride Reference Recordings. Enregistré en concerts publics du 23 au 25 février 2018 au Heinz Hall for the Performing Arts à Pittsburgh. Textes de présentation en anglais. Durée : 63:12

 
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