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Tugan Sokhiev entre en lice pour l’Orchestre de Paris

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Paris. Philharmonie, Grande salle Pierre Boulez. 2-X-2019. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 77 ; Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Symphonie n° 5 en si bémol majeur op. 100. Vadim Gluzman, violon. Orchestre de Paris, direction : Tugan Sokhiev

Présent sur la « short list » des postulants à la succession de Daniel Harding à la tête de l’, fait ses débuts face à la phalange parisienne avec deux œuvres incontournables du répertoire, le Concerto pour violon de Brahms avec en soliste et la Symphonie n° 5 de Prokofiev.

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Le Concerto pour violon de Brahms ouvre la soirée sur une interprétation remarquable du violoniste israélien, où l’on est en droit de se demander qui admirer le plus, du soliste irréprochable, ou de l’orchestre très impliqué et flamboyant de couleurs ? Sans doute les deux à la fois, fédérés dans une belle symbiose par la direction élégante, ample, précise et efficace de . Pour ses débuts à la Philharmonie en 2016 avait enthousiasmé la salle Pierre Boulez avec le Concerto pour violon n° 2 de Prokofiev, il revient aujourd’hui avec celui de Brahms et remporte le même succès où virtuosité, souplesse et pureté de la ligne, poésie et émotion, le disputent à la clarté, à l’équilibre et à l’à-propos de l’accompagnement orchestral, tantôt empreint de solennité, tantôt de hargne ou de lyrisme, mais toujours très complice. Au chapitre des félicitations individuelles, on n’oubliera pas le superbe hautbois de Michel Bénet entouré d’une petite harmonie rutilante, les magnifiques contrechants d’ au cor, et la belle sonorité du quatuor, très réactif au bras souple du chef russe. En bis la Sarabande de la Partita n° 2 de Bach achève de conquérir la salle.

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Après la pause, Tugan Sokhiev se retrouve seul face à l’ pour la célèbre et grandiose Symphonie n° 5 de Prokofiev. Sans parvenir au sommet atteint tout récemment dans cette même salle par Nézet-Séguin et les Berliner Philharmoniker, car sans doute moins habitée, force est de reconnaître que l’interprétation du chef remporte, ce soir, tous les suffrages. Une lecture juste dans le ton faussement épique, toute empreinte d’ambiguïté, avec un Andante initial sombre et solennel, tendu, d’un lyrisme comme empêché, se perdant rapidement dans des méandres d’inquiétude entretenus par les cordes graves et les cuivres. L’Allegro Marcato souligne la rigueur de la mise en place, sans faille mais sans sécheresse, envoûtante par sa dynamique motoriste, sardonique et plaintive. L’Adagio grave, lugubre et lancinant souffre peut-être d’un tempo trop lent pour convaincre totalement, tandis que l’Allegro Giocoso, très contrasté, emporte l’adhésion par la volubilité de la petite harmonie (clarinette de ), précédant une coda jubilatoire et fortement cuivrée concluant cette interprétation de haute tenue.

Ce premier examen de passage très convaincant, auprès du public comme visiblement auprès des musiciens, devra trouver confirmation en janvier 2020 avec la Damnation de Faust de Berlioz où Tugan Sokhiev retrouvera une nouvelle fois l’ensemble des troupes de l’Orchestre de Paris entouré d’une distribution vocale de haute volée.

Crédit photographique : Tugan Sokhiev © Patrice Nin ; Vadim Gluzman © Marco Borggreve

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Paris. Philharmonie, Grande salle Pierre Boulez. 2-X-2019. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 77 ; Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Symphonie n° 5 en si bémol majeur op. 100. Vadim Gluzman, violon. Orchestre de Paris, direction : Tugan Sokhiev

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