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Le Schubert sanguin et prometteur de Maxim Emelyanychev

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Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n° 9 D. 944 “La Grande”. Scottish Chamber Orchestra, direction : Maxim Emelyanychev, direction. 1 CD Linn. Enregistré au Caird Hall de Dundee, Grande-Bretagne, en février 2019. Notice en anglais. Durée : 54:30

 

Pianiste, pianofortiste, principal chef du depuis l’année dernière, était jusqu’à présent connu pour ses prestations, à la baguette, dans le répertoire baroque. Aujourd’hui, il nous livre un Schubert de belle facture.

Schubert 9 Emelyanychev LinnOn l’attendait dans les premières symphonies de Schubert, encore teintées de Haydn, mais c’est avec « La Grande », partition révolutionnaire qui éclaire les pas du romantisme tardif qui suivra, qu’Emelyanychev et son orchestre nous séduisent. Il allège la masse orchestrale, s’appuie sur les legs « historiquement informés » de ses prédécesseurs : Abbado avec le , Vegh et la Camerata de Salzbourg et les plus « radicaux » comme et le Hanover Band sans oublier et ainsi que et le SWR de Stuttgart.

Le premier mouvement séduit par la fermeté de la direction sans raideur, par de très bonnes intonations des cors, par la fluidité des phrasés, ainsi que par l’excellent dosage des dynamiques. La richesse du matériau interdit toute baisse de tension. Emelyanychev tire l’œuvre, dans l’Allegro ma non troppo, vers Mendelssohn, les violons devenant, toutefois, plus raides au fil du mouvement (la contrepartie de l’absence de rubato et d’un vibrato minimal). L’Andante con moto évoque une marche, ici, plus pastorale que fataliste. Cors et bassons brillent avec beaucoup d’élégance. C’est l’effet sonore qui prime grâce à des contrastes puissants. Le résultat est impeccable de tenue. Le Scherzo est le mouvement le plus réussi. L’orchestre se divise en plusieurs groupes instrumentaux, qui se heurtent violemment au désir d’unité de tout l’orchestre, révélé par de larges accords. La conception d’Emelyanychev ne manque pas de panache et annonce les premiers scherzos brucknériens. Mendelssohn admirait le finale de cette symphonie. Il est vrai que la vitalité dionysiaque de l’Allegro vivace est portée par une pulsation irrésistible qui fait songer à la Symphonie italienne.

Cette interprétation de belle tenue joue remarquablement des atouts d’un dégraissage des pupitres, évitant toute sécheresse. Emelyanychev et le devraient poursuivre leur aventure Schubert.

 

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Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n° 9 D. 944 “La Grande”. Scottish Chamber Orchestra, direction : Maxim Emelyanychev, direction. 1 CD Linn. Enregistré au Caird Hall de Dundee, Grande-Bretagne, en février 2019. Notice en anglais. Durée : 54:30

 
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