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Retour de la musique vivante à Nancy

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Nancy. Opéra national de Lorraine. 25-VI-2020. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n° 29 en la majeur, K.201/186a. Richard Wagner (1813-1883) : Siegfried-Idyll. Gustav Mahler (1860-1911) : Rückert-Lieder. Véronique Gens, soprano ; Orchestre de l’Opéra national de Lorraine, direction : Jakob Lehmann

A Nancy, en dépit de mesures sanitaires contraignantes et malgré une jauge limitée, le public a pu enfin goûter à nouveau aux plaisirs de la musique en direct.

Véronique Gens_PhotoFranckJueryObligé par l’épidémie de la Covid-19 à annuler toute sa fin de saison après la première et unique représentation d’Alcina le 11 mars 2020, l’Opéra national de Lorraine a su tirer profit du relatif assouplissement des impératifs sanitaires pour offrir une série de concerts gratuits de début d’été intitulée « Les Nocturnes de l’Opéra ». Après avoir investi le foyer de l’opéra ou le jardin extérieur du Goethe Institut, c’est dans la grande salle que se tenait ce concert affichant Mozart, Wagner et les Rückert-Lieder interprétés par .

Face à un public en nombre restreint, distanciation sociale oblige, l’Orchestre de l’Opéra de Lorraine s’est présenté en formation réduite entre 13 (Mahler) et 16 (Wagner) instrumentistes mais relativement complète avec cordes, bois (flûte traversière, clarinette, hautbois et basson) et vents (2 cors). Pour la Symphonie n° 29 de Mozart, l’effectif est conforme à la partition même si l’on est habitué à des orchestres symphoniques beaucoup plus imposants. On y gagne une clarté d’articulation analytique, avec cependant des cordes qui sonnent un peu minces et des cors envahissants. C’est surtout le cas dans le premier mouvement (Allegro moderato) car l’homogénéité s’améliore sensiblement dans les trois mouvements suivants. Devenus quasiment des solistes de musique de chambre, les instrumentistes y démontrent un engagement total et une énergie revigorante sous la baguette attentive de .

Sérénade offerte par à son épouse Cosima pour la naissance de leur fils Siegfried, Siegfried-Idyll est aussi donné avec son instrumentation complète. La magie des alliages rares de timbres, la surprise des ruptures de ton jouent à plein dans ce qui constitue pour nous le sommet de la soirée.

Arrangés pour petit ensemble de chambre renforcé par un piano et un harmonium, les Rückert-Lieder de Mahler trouvent en une interprète sensible et pudique. L’ordre ad libitum des Lieder fait se succéder instants plus légers dévolus à l’évocation de l’Amour (Blicke mir nicht in die Lieder, Liebst du um Schönheit) et moments où la douleur, l’abandon, la désolation et le néant de la mort font leur apparition (Um Mitternacht, Ich bin der Welt abhanden gekommen). C’est dans ces deux derniers, et tout particulièrement dans « Ich bin der Welt », acmé absolue et intelligemment mis en clôture du cycle, que Véronique Gens touche le plus par la bouleversante intensité qu’elle parvient à y mettre.

Crédit photographique : Véronique Gens © Franck Juery

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Nancy. Opéra national de Lorraine. 25-VI-2020. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n° 29 en la majeur, K.201/186a. Richard Wagner (1813-1883) : Siegfried-Idyll. Gustav Mahler (1860-1911) : Rückert-Lieder. Véronique Gens, soprano ; Orchestre de l’Opéra national de Lorraine, direction : Jakob Lehmann

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