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Der Messias par Robert Wilson : théâtre ou concert en image ?

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Der Messias, transcription de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), KV 572. Mise en scène, décor et lumières : Robert Wilson. Costumes : Carlos Soto. Vidéo : Tomasz Jeziorski. Avec : Elena Tsallagova, soprano ; Wiebke Lehmkuhl, alto ; Richard Croft, ténor ; José Coca Loza, basse ; Alexis Fousekis, danseur ; Max Harris, un vieillard ; Léopoldine Richards, une enfant. Philharmonia Chor Wien (chef de chœur : Walter Weh). Les Musiciens du Louvre, direction : Marc Minkowski. Enregistré sur le vif à la Haus für Mozart de Salzbourg en janvier 2020. Sous-titres en allemand, anglais, français, coréen et japonais. Notice de présentation en anglais, allemand et français. 1 Blu-Ray Unitel Edition. Durée : 135:00

 

La beauté des images de cette nouvelle mise en scène de Robert Wilson parviendra-t-elle à évoquer le chef d’œuvre de Haendel ? Le concert, en tout cas, satisfera l’oreille en raison notamment de l’orchestre et du chœur.

MessiasLe spectacle fixé sur ce Blu-Ray est celui-là même qui a rouvert cet automne le Théâtre des Champs-Élysées. Notre rédaction a dit à cette occasion tout le bien qu’elle en pensait. Il n’en reste pas moins que la mise en scène d’un oratorio comme Le Messie pose question. Dépourvu de véritable intrigue, ce collage de citations bibliques, s’il n’a aucun mal à marquer l’esprit de l’auditeur-spectateur, pourra en revanche peiner à être transposé en images. Peut-être est-ce justement la force de la proposition de Robert Wilson que de s’affranchir de toute forme de narrativité, et de laisser sa place à l’imaginaire, nourri de l’écoute de la musique et de la spiritualité du texte. De ces éléments résultent des images à la plastique et à la signification déroutantes, mais dont la beauté intrinsèque ne pourra pas être remise en cause. On ne restera pas indifférent devant la force fulgurante des éclairages, ou devant le pouvoir suggestif de cette succession onirique de tableaux faisant ressortir mille nuances de gris bleuté. Destinés sans doute à représenter le calme ou l’agitation des éléments (qu’il s’agisse des eaux baptismales ou des cieux étrangement tourmentés), ces éléments de décor installent une ambiance dont on ne sait s’il faut se réjouir ou s’inquiéter. On reliera sans doute, au moment du célébrissime « Alléluia », l’apparition des icebergs aux menaces qui pèsent sur notre pauvre planète. Cette dernière sera-t-elle être sauvée in extremis par le cosmonaute providentiel ? On s’arrêtera également sur les gestes qui pourraient évoquer l’acte du baptême, tel qu’il est dispensé par la présence angélique de la soprano. Sans doute, en revanche, s’interrogera-t-on en vain sur le sens de ces buches en apesanteur, de ces homards tenus en laisse par des corps étêtés, de cet homme de paille virevoltant en compagnie d’un danseur et d’une jeune figurante. Ainsi, sans doute, va l’humanité. Cette dernière, croquée non sans tendresse, apparaît dans toute sa force jubilatoire sous les traits presque grotesques d’un ténor hilare, en tout cas hilarant. Coup de chapeau au vétéran Richard Croft pour sa performance scénique autant que vocale. Il ne fait qu’une bouchée des vocalises de « Ev’ry valley shall be exalted », se payant de plus le luxe de ravir à la soprano celles de « Rejoice, rejoice greatly ». La version musicale retenue est celle de Mozart, chantée du coup en allemand. Soit, il n’est jamais inutile de la réentendre, même si plusieurs morceaux passent à la trappe. Sur le plan musical, les meilleures prestations viennent indubitablement du Philharmonia Chor Wien, placé sous la direction de Walter Weh, ainsi que des formidables Musiciens du Louvre de Marc Minkowski. En dehors de Richard Croft, les solistes sont plutôt ternes. On retiendra cependant la belle voix de la basse bolivienne José Coca Loza, chanteur sans doute promis à un bel avenir.

Spectacle étrange, donc, dont on ne perçoit pas toujours le lien avec le chef-d’œuvre de Haendel. L’absence de sous-titrage de l’exemplaire consulté n’aidera pas, d’ailleurs, à la compréhension de l’ensemble de la proposition.

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Der Messias, transcription de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), KV 572. Mise en scène, décor et lumières : Robert Wilson. Costumes : Carlos Soto. Vidéo : Tomasz Jeziorski. Avec : Elena Tsallagova, soprano ; Wiebke Lehmkuhl, alto ; Richard Croft, ténor ; José Coca Loza, basse ; Alexis Fousekis, danseur ; Max Harris, un vieillard ; Léopoldine Richards, une enfant. Philharmonia Chor Wien (chef de chœur : Walter Weh). Les Musiciens du Louvre, direction : Marc Minkowski. Enregistré sur le vif à la Haus für Mozart de Salzbourg en janvier 2020. Sous-titres en allemand, anglais, français, coréen et japonais. Notice de présentation en anglais, allemand et français. 1 Blu-Ray Unitel Edition. Durée : 135:00

 
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