Livestream, Opéra

La Chauve-Souris à Rennes : incitation à l’optimisme en temps de crise

Plus de détails

Rennes. Opéra. 8-V-2021. Johann Strauss II (1825-1899) : La Chauve-Souris, opérette viennoise en 3 actes sur un livret de Richard Genée et Carl Haffner d’après Réveillon de Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Mise en scène : Jean Lacornerie. Scénographie & costumes : Bruno de Lavenère. Lumières : Kevin Briard. Avec : Stephan Genz, Gabriel von Eisenstein ; Eleonore Marguerre ; Rosalinde ; Claire de Sévigné, Adèle ; Veronika Seghers, Ida ; Miloš Bulajić, Alfred ; Thomas Tatzl, Falk ; François Piolino, Blind ; Horst Lamnek, Franck ; Stéphanie Houtzeel, Orlofsky ; Anne Girouard, Narratrice et Frosch. Chœur de Chambre Melisme(s) (dircetion : Gildas Pungier), Orchestre National de Bretagne, direction : Claude Schnitzler
Spectacle diffusé sur France 3 Pays-de-la-Loire et France 3 Bretagne

En coproduction avec Angers Nantes Opéra, Toulon et Avignon, l’Opéra de Rennes pour son traditionnel rendez-vous Opéra sur Ecran(s) a choisi de nous offrir une vision joyeuse de La Chauve-Souris, une façon d’échapper à la morosité en cette période de crise sanitaire.

C’est en 2009 qu’Alain Surrans a lancé le rendez-vous tout d’abord biennal et désormais annuel associant représentation sur grand écran dans de nombreuses villes et diffusion sur les chaînes de télévision locales. Cette année, le choix de l’ouvrage s’avère particulièrement heureux : en une période de restriction, quoi de mieux que l’ouvrage le plus « champagne » du répertoire pour réveiller les sourires ? Restrictions sanitaires obligent, l’orchestre est réduit à vingt-cinq instrumentistes, mais la plénitude sonore n’en souffre pas sous la baguette experte de qui fait preuve d’une impeccable maîtrise du rythme et de la dynamique, ainsi que d’une parfaite familiarité avec l’univers viennois de l’ouvrage. Dés l’ouverture, il privilégie la vivacité et soutient remarquablement les solistes dans les numéros virtuoses. Malgré les conditions particulières de l’enregistrement sur trois soirées ouvertes uniquement à la presse, chaque protagoniste se glisse avec aisance et jubilation dans son personnage à l’image de Stephen Genz qui concilie prestance et ridicule à merveille.

La révélation de la soirée est la Canadienne qui incarne une Adèle de grand chic, conjuguant fraîcheur et virtuosité, impeccable de virtuosité dans Mein Herr Marquis. Mais c’est l’ensemble de la distribution féminine qu’il faut saluer, d’, Rosalinde aristocratique, flamboyante dans sa Csardas malgré une légère fixité dans l’aigu, à , piquante Ida, sans oublier Stéphanie Houtzeel qui porte élégamment le travesti, prince séducteur et blasé, et nous régale dans ses couplets avec un registre grave somptueux. Côté masculin, manque de séduction sonore en Alfred, tout le contraire de , plein d’aisance sonore et stylistique en Falk. La comédienne Anne Girouard, la Guenièvre de Kaamelott, introduit les péripéties avec aisance et fantaisie, mais son monologue de Frosch est un peu chargé.

Le décor du premier acte nous propose un intérieur viennois avec une collection de cadres qui se révèlent autant d’alvéoles pour l’apparition des personnages. Il s’en suit des jeux à distance assez divertissants. Le procédé pourrait s’avérer répétitif mais la mise en place est impeccable, la gestuelle soignée et l’inventivité permanente. On apprécie les trouvailles spirituelles mais aussi la référence au cinéma muet dans la scène entre Alfred et Rosalinde. Le décor s’entrouvre ensuite pour la fête chez Orlofsky avec un grand escalier tapissé de rouge et des choristes masqués, sans baisse de rythme dans la régie d’un spectacle minutieusement réglé et toujours divertissant. Le soin apporté aux costumes et aux lumières ajoute à notre plaisir pour une représentation qui est une pleine réussite.

Crédits photographiques : (Ida), (Adèle) © Laurent Guizard

(Visited 93 times, 5 visits today)

Plus de détails

Rennes. Opéra. 8-V-2021. Johann Strauss II (1825-1899) : La Chauve-Souris, opérette viennoise en 3 actes sur un livret de Richard Genée et Carl Haffner d’après Réveillon de Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Mise en scène : Jean Lacornerie. Scénographie & costumes : Bruno de Lavenère. Lumières : Kevin Briard. Avec : Stephan Genz, Gabriel von Eisenstein ; Eleonore Marguerre ; Rosalinde ; Claire de Sévigné, Adèle ; Veronika Seghers, Ida ; Miloš Bulajić, Alfred ; Thomas Tatzl, Falk ; François Piolino, Blind ; Horst Lamnek, Franck ; Stéphanie Houtzeel, Orlofsky ; Anne Girouard, Narratrice et Frosch. Chœur de Chambre Melisme(s) (dircetion : Gildas Pungier), Orchestre National de Bretagne, direction : Claude Schnitzler
Spectacle diffusé sur France 3 Pays-de-la-Loire et France 3 Bretagne

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.