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Femmes de légendes avec Leo Hussain et l’Orchestre du Capitole

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Toulouse. Halle aux grains. 02-IV-2022. Augusta Holmès (1847-1903) : Andromède, poème symphonique. Marie Jaëll (1846-1925) : Ossiane, ode-symphonie : chant de douleur. Mel Bonis (1858-1937) : Femmes de légende, triptyque symphonique. Nadia Boulanger (1887-1979) : La sirène, cantate inédite. Avec : Anaïs Constans, soprano ; Aude Extrémo, mezzo-soprano ; François Rougier, ténor. Orchestre national du Capitole, direction : Leo Hussain

C’est à travers une palette orchestrale symphonique tonitruante que et l’, avec la collaboration du Palazzetto Bru Zane, réhabilitent des femmes de légende, autant compositrices que personnages célèbres inspirantes.


Ce concert à la Halle aux grains participe à l’impulsion donnée depuis quelques années déjà dans les salles de concert françaises, pour la réhabilitation des femmes compositrices passées et actuelles. Avec cette programmation de qualité, le Palazzetto Bru Zane contribue à la mise en lumière donnée à la musique romantique française dont , , et font pleinement partie.

Avec l’image d’une héroïne mythologique grecque en toile de fond, le poème symphonique d’, Andromède, débute majestueusement par des trombones qui prennent l’ensemble de l’espace sonore de la Halle aux grains en jouant sans accompagnement. Ils sont le premier exemple d’un traitement des solistes impérieux, le violon prenant le parti d’une plainte sensible délicate. Avec un Orchestre national du Capitole au grand complet, la flamboyance est de mise par le biais d’une écriture essentiellement mélodique. La virtuosité qui en découle est aussi associée à des effets et des accents combatifs, souvent trop impétueux, que fait dérouler avec toute l’expressivité d’une chevauchée épique, la contrebalançant avec le lyrisme raffiné du Largo appassionato. Pour autant ce contraste n’apaise pas l’écoute malgré un pianissimo final surprenant.

La vaste pièce vocale et orchestrale Ossiane de n’est, elle aussi, pas dépourvue d’ambitions. L’ampleur de l’instrumentation affaiblit la soprano placée derrière le pupitre des violoncelles, seule voix au milieu de ces instrumentistes pour déployer ce « chant de douleur » d’une dizaine de minutes, deuxième chant parmi trois chants sacrés évoquant également la Joie et l’Amour. Là encore, c’est bien une héroïne de la mythologie, cette fois celtique, à qui on a affaire.

Les Femmes de légendes de , sont le regroupement éditorial de sept pièces pour piano consacrées à des figures féminines de la mythologie antique, qui prennent vies ce soir par le biais de trois pièces pour orchestre, une autre version de la compositrice de ces « femmes de légende ». La sonorité souple de La Mort de Cléopâtre (9 minutes), s’enchaîne avec celle vaporeuse d’Ophélie (6 minutes), et la sensualité mystérieuse de Salomé (4 minutes). L’orientalisme jaillissant, paraît être un doux songe sous la volupté de l’Orchestre national du Capitole, laissant presque rêveur le temps de l’entracte.

Pour la seconde partie du concert, la narration de La Sirène de , second grand prix de Rome en 1908, se déploie en moins de quarante minutes, soutenue par la brillance et l’éclat du soprano d’ qui théâtralise avec conviction les affects donnés dans son chant malgré un texte peu audible face au tumulte orchestral qui l’entoure. Le ténor se caractérise par une diction travaillée et une belle ligne de chant, donnant toute sa ferveur à un chant éloquent, alors que plus en retrait, la Sirène d’Aude Extremo bénéficie du timbre profond de la mezzo-soprano sans plus d’éclat.

Crédits photographiques : © Romain Alcaraz

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Toulouse. Halle aux grains. 02-IV-2022. Augusta Holmès (1847-1903) : Andromède, poème symphonique. Marie Jaëll (1846-1925) : Ossiane, ode-symphonie : chant de douleur. Mel Bonis (1858-1937) : Femmes de légende, triptyque symphonique. Nadia Boulanger (1887-1979) : La sirène, cantate inédite. Avec : Anaïs Constans, soprano ; Aude Extrémo, mezzo-soprano ; François Rougier, ténor. Orchestre national du Capitole, direction : Leo Hussain

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