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Discrétion et qualité de mise au festival de Wissembourg

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Festival de Wissembourg. La Nef, 4-IX-2022. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Quintette avec piano Op. 18 ; Antonin Dvořák (1841-1904) : Quintette avec piano op. 81. Andrey Baranov, violon ; Bartek Niziol, violon ; Cyprien Semayne, alto ; Christoph Croisé, violoncelle ; Alexander Panfilov, piano

Pour sa 18e édition, le Festival de Wissembourg continue sur la ligne qui a fait sa réussite : discrétion, distinction, exigence. Pas de publicité tapageuse, peu de bruit dans les médias, mais une programmation équilibrée et des artistes reconnus.


Pour le concert de clôture, ce sont deux grands quintettes avec piano qui sont proposés, joués par une formation composée pour la soirée, mais tous musiciens chevronnés, ayant chacun un parcours brillant. Le violoncelliste et le pianiste sont peut-être un peu plus connus en France que les violonistes et ou l’altiste , mais leur niveau d’excellence est comparable, et chacun a une longue pratique de la musique de chambre.

La première partie donne à entendre le grand Quintette op. 18 de Weinberg, le seul parmi ses 154 numéros d’opus. L’œuvre est gigantesque, admirablement construite, et fait défiler des climats variés, des tensions parfois insoutenables. Les citations de danses folkloriques mutent en chevauchées fantastiques, échevelées. Les pages un peu grotesques (on pense à Chostakovitch, forcément…) se transforment en violentes interpellations, et la locomotive de l’ « Allegro agitato » s’éteint peu à peu dans une sérénité épuisée, trans-illuminée. Les interprètes se donnent à fond, jouent des stridences des cordes et de la percussion du piano, mais qui toujours refondent dans une harmonie salvatrice. Ces musiques très rythmiques, à la fois lyriques et violentes, sont une épreuve pour la cohésion des interprètes, et là, ils font preuve d’une unité exceptionnelle. Un grand moment, et un compositeur à découvrir si on ne le connait pas déjà (voir le portrait que nous lui avons consacré).

Avec Dvořák, changement complet de climat ! Après ces secousses Weinbergiennes, c’est avec délice que l’on retrouve un romantisme plus élégiaque, mais toujours avec des résonances folkloriques tchèques ou ukrainiennes. D’emblée, le son des cordes se fait plus moelleux, plus boisé, et le piano plus doux, voire cristallin. Nos cinq interprètes plongent joyeusement dans un lyrisme dansant et épanoui, dans une abondance de couleurs chatoyantes.

C’est encore une magnifique soirée à Wissembourg, que l’on doit à son directeur . On ne peut pas ne pas se demander pourquoi les grandes radios et maisons de disques ne s’intéressent pas davantage à cet excellent festival.

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Festival de Wissembourg. La Nef, 4-IX-2022. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Quintette avec piano Op. 18 ; Antonin Dvořák (1841-1904) : Quintette avec piano op. 81. Andrey Baranov, violon ; Bartek Niziol, violon ; Cyprien Semayne, alto ; Christoph Croisé, violoncelle ; Alexander Panfilov, piano

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