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Les Revenants d’Ibsen prennent vie au Musée d’Orsay grâce au Ballet de Norvège

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Musée d’Orsay, Paris. 22/XI/22. Ballet de Norvège : Portraits de famille. Extraits des ballets Les Revenants, Hedda Gabler et d’un ballet en création, Le canard sauvage, d’après Henrik Ibsen. Mise en scène et chorégraphie : Marit Moum Aune. Chorégraphie des Revenants : Cina Espejord. Musique : Nils Petter Molvær. Lumières originales : Kristin Bredal. Scénographie originale : Even Børsum. Costumes : Ingrid Nylander. Avec le Ballet national de Norvège.

Le se produit avec Portraits de famille, des extraits de ses principaux spectacles inspirés du théâtre d’Ibsen, dans le cadre de l’exposition Edvard Munch au Musée d’Orsay.

Quand on pénètre dans la nef du Musée d’Orsay plongée dans la pénombre, on rencontre, déambulant parmi les statues du XIXᵉ siècle, des personnages en costumes d’époque : un homme en redingote, une petite fille rêveuse, un ouvrier pensif, une femme en tenue d’amazone. Autant de personnages issus des pièces d’Ibsen auxquelles le donne vie dans ces Portraits de famille.

La seule compagnie classique norvégienne a en effet été invitée à se produire dans le Musée d’Orsay à l’occasion de l’exposition consacrée à Edvard Munch, qui a lui-même rendu hommage à Ibsen dans de nombreux tableaux et illustré certaines de ses pièces. On retrouve d’ailleurs la plupart de ces personnages mélancoliques et fiévreux dans les portraits et scènes domestiques du peintre norvégien exposés sur les cimaises du Musée d’Orsay.

Le spectacle commence par un duo extrait des Canards sauvages, un ballet en cours de création. La lecture des didascalies décrit une salle à manger et un jardin d’hiver, qui laisse apercevoir un fjord romantique. Dans cette scène, Oswald rencontre sa mère. Un duo passionné et orageux qui se traduit par des portées sophistiqués et emportés, sous les yeux d’une fillette invisible. Les hommes, aussi, sont invisibles aux yeux de Hedda Gabler, aveugle, qui revient chez elle après avoir vécu en autonomie.

Entre contrainte et émancipation, la chorégraphie utilise les accessoires pour montrer les obstacles qui s’accumulent devant la jeune fille : tables, chaises. Ces scènes domestiques sont chorégraphiées avec élégance par une chorégraphe qui s’inscrit dans la lignée des chorégraphes scandinaves, qui choisit la musique pour son intensité dramatique, qui souligne les passions contrariées des personnages du dramaturge norvégien.

Au milieu de ces Portraits de famille, le duo de la fillette frêle et de l’ouvrier massif est particulièrement glaçant et émouvant. On demande à cet enfant pâle et fine comme un fétu de paille la même chose qu’à une danseuse adulte. Son corps est raidi dans le gainage, puis s’assouplit dans les portés acrobatiques que le danseur tient à bout de bras. Une prouesse qui est à l’aune de la qualité de danse des danseurs du Ballet de Norvège qui ont fait le déplacement jusqu’à Paris.

C’est le merveilleux saxophoniste qui accompagne une partie de ses chorégraphies dans l’acoustique de cathédrale du Musée d’Orsay. Sa musique singulière s’harmonise avec l’évocation par des corps arrêtés et empêchés des destins sombres et brisés des personnages d’Ibsen. La chorégraphe et metteuse en scène entremêle les scènes et les histoires, au moyen d’une danse furieuse, écorchée vive, décrivant des épisodes parfois violents, comme dans Munch célébré ici.

Crédits photographiques : © Sophie Crépy, Erik Berg

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Musée d’Orsay, Paris. 22/XI/22. Ballet de Norvège : Portraits de famille. Extraits des ballets Les Revenants, Hedda Gabler et d’un ballet en création, Le canard sauvage, d’après Henrik Ibsen. Mise en scène et chorégraphie : Marit Moum Aune. Chorégraphie des Revenants : Cina Espejord. Musique : Nils Petter Molvær. Lumières originales : Kristin Bredal. Scénographie originale : Even Børsum. Costumes : Ingrid Nylander. Avec le Ballet national de Norvège.

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