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A Toulouse, avec Ariane Matiakh, la résurrection ne concerne pas que le Christ

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Toulouse. Halle aux grains. 28-III-2024. Gabriel Fauré (1845-1924) : Pelléas et Mélisande, suite d’orchestre op. 80 ; Cinq mélodies. César Franck (1822-1890). Avec : Florie Valiquette, soprano ; Julien Behr, ténor ; Jean-Sébastien Bou, baryton. Orfeón Donostiarra (chef de chœur : José Antonio Sainz Alfaro). Orchestre national du Capitole, direction musicale : Ariane Matiakh

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A quelques jours de Pâques, la date de concert de cette résurrection des Sept paroles du Christ en croix de était de bon ton. Les cinq mélodies orchestrées de , redécouvertes par le , complétaient cette soirée inédite proposée par l'Orchestre national du Capitole.

Les qualités techniques et interprétatives du symphonique toulousain se prêtent à merveille avec la direction souple de la cheffe . Même si les cinquante musiciens ont sorti tous leurs apparats pour annoncer une grande soirée symphonique, c'est dans une douceur continue et une finesse de lecture permanente qu'ils opèrent.

, enfant du pays, sera honoré tout au long de cette année de commémoration des cent ans de sa mort, et c'est le cas notamment avec le cycle « Fauré et ses élèves » du dont fait partie ce concert. Après la Pelléas et Mélisande, suite d'orchestre op.80 dans sa version de 1909, dont la célèbre Sicilienne qui fait rayonner la flûte, ce sont Cinq mélodies orchestrées entre 1872 et 1887 qui sont ce soir redécouvertes grâce au travail du musicologue .

L'étonnement à l'écoute de ces cinq pièces vient surtout de la sobriété de l'orchestre qui laisse une place particulièrement appréciable aux vers de Paul Verlaine (Clair de Lune), de Stéphan Bordèse (En prière), de Théophile Gautier (Chanson du Pêcheur), de Leconte de Lisle (Roses d'Ispahan), et de Marc Monnier (Tarentelle). Malheureusement, la distribution vocale n'est pas toujours à la hauteur de cette poésie, les voix de la soprano et du ténor manquant quelque peu de projection en début de soirée, ainsi que d'un manque de lisibilité générée par une faiblesse de diction et de souffle pour l'une, et d'une ligne de chant un brin anarchique pour l'autre. est celui qui est le plus à l'aise dans cette interprétation, le baryton liant le mot et le verbe grâce à une voix posée et pleine, ainsi que des inflexions touchantes. Finalement, l'oreille s'attardera bien plus sur la qualité des instrumentistes solistes qui jaillissent de cette masse sonore, cor, flûte et violoncelle en tête.

Œuvre « fantôme » de 1859 ne comportant pas même un numéro d'opus, le dépouillement des Sept paroles du Christ en croix n'a d'égal que sa majesté orchestrale et chorale, retraçant la crucifixion du Christ avec des extraits de l'Ancien Testament chantés en latin. L'atmosphère enveloppante de l'approche musicale d' s'éloigne intrinsèquement de toute l'éloquence de l'opéra romantique, la cheffe d'orchestre privilégiant un recueillement rayonnant et solaire. Même si les trois chanteurs semblent plus à leur aise dans cet ouvrage, c'est bien l'Orfeón Donostiarra qui matérialise la sacralité de l'instant par une homogénéité touchant l'excellence, magnifiée par des pianissimi translucides et une expressivité idéalement mise en lumière par une parfaite diction.

Crédits photographiques : © Romain Alcaraz

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Toulouse. Halle aux grains. 28-III-2024. Gabriel Fauré (1845-1924) : Pelléas et Mélisande, suite d’orchestre op. 80 ; Cinq mélodies. César Franck (1822-1890). Avec : Florie Valiquette, soprano ; Julien Behr, ténor ; Jean-Sébastien Bou, baryton. Orfeón Donostiarra (chef de chœur : José Antonio Sainz Alfaro). Orchestre national du Capitole, direction musicale : Ariane Matiakh

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