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Pierre Charvet scrute les codes secrets de Johann Sebastian Bach

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Le code B.A.C.H. Auteur : Pierre Charvet. Le mot et le reste Editeur. 95 pages. 15 €.

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En un essai de moins de 100 pages, rassemble quelques énigmes présentes dans la musique de Bach qu'il entreprend de décrypter, aux travers de codes où la numérologie occupe une place importante.

Depuis toujours l'œuvre de Bach a suscité de nombreuses interrogations concernant l'étude des nombres et leur utilisation. A cette époque là, la musique était considérée comme une science, aux côtés des mathématiques ou de l'astronomie. Bach s'est emparé au travers de son génie de ces données structurelles où jongler avec les nombres était devenu pour lui naturel, au point d'utiliser les mathématiques pour édifier de nombreuses compositions.

, fin musicien qui fut entre autres professeur à l'Ircam, synthétise judicieusement en quelques dizaines de pages divers aspects de cet art moins connu que Bach a cultivé depuis sa jeunesse. Son célèbre voyage à Lübeck auprès de lors de l'hiver 1705 n'est sans doute pas étranger à cette initiation ésotérique.

Outre de nombreux repères déjà connu comme l'emblématique nombre 14 représentant l'addition des quatre lettres BACH converties en chiffres (2 + 1 + 3 + 8 = 14), ou ces mêmes lettres correspondant à des notes musicales (si bémol, La, Do, Si bécarre), le livre expose d'autres faits liés aux compositions et suscitent des questionnements d'une importance capitale. Le livre de Kees van Houten « Bach et le nombre » publié à la fin des années 1980 avait déjà ouvert la porte d'un monde fantastique.

On peut remarquer dans le portrait officiel de Bach à Leipzig réalisé par Elias Haussmann en 1746 la présence de 14 boutons sur le vêtement et la présentation d'une partition par le compositeur intitulée « Canon triplex à six voix », proposition d'une énigme à résoudre. La solution se trouve dans le jeu de miroir et du canon vu à l'envers, tel que le regard du personnage peut le lire. D'autres exemples sont nombreux et le livre nous en dévoile plusieurs.

L'auteur s'attarde à juste titre sur la dernière œuvre officielle du Cantor : l'Art de la fugue. La numérologie et les signatures BACH parsèment l'œuvre et ce, dès le premier contrepoint. De plus pour augmenter le mystère, l'œuvre reste inachevée, interrompue dans la dernière triple fugue (numéro 14). En effet le manuscrit s'interrompt brutalement pour laisser la place à un petit texte mentionnant l'arrivée d'un troisième thème (B.A.C.H.) nommé par erreur contre-sujet et signaler que l'auteur est mort ici. Cette grande fugue terminale bien qu'incomplète possède trois sujets et 238 mesures plus une inachevée : 238+1, la signature numérique de Bach. La ligne musicale de cette ultime mesure est la même que la mesure 119. Bach a bien construit son énigme ici, démontrant par un code secret l'inachèvement voulu de la fugue. Quel était le dessein précis de Bach ? Certains musicologues dont Gustav Nottebohm ont montré que le thème initial de l'Art de la fugue pouvait se mêler aux trois autres thèmes de ce contrepoint final. Le message de Bach était peut-être de nous dire : « Je m'en vais… continuez sans moi ! ». Voulait-il mettre en musique sa propre mort ? C'est possible.

Le lecteur de cet ouvrage pourra dévorer ces lignes résumées avec beaucoup d'intérêt et découvrir non pas un mais plusieurs codes secrets abondement parsemés dans les nombreux BWV. La mise à jour de ces secrets sont d'une importance capitale dans la connaissance profonde de l'œuvre de Bach.

Lire aussi :

L'art de la fugue de Bach, un chef-d'œuvre énigmatique

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Le code B.A.C.H. Auteur : Pierre Charvet. Le mot et le reste Editeur. 95 pages. 15 €.

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