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A Musica, création française de The Curing Line de Michael Gallen

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Strasbourg. Cité de la musique et de la danse. 26-IX-2026. Festival Musica
Michael Gallen (1986 -) : The Curing Line, opéra créé en 2026. Livret de Michael Gallen et Annemarie Ní Churreáin. Mise en scène : Michael Gallen, Shawn Fitzgerald Ahern. Création vidéo : Shawn Fitzgerald Ahern, Laura Rainsford. Scénographie et costumes : Pai Rathaya. Création sonore : Simon Cullen. Création lumière : Yukiko Yoshimoto. Avec : Amy Ní Fhearraigh, Sarah Shine, soprani ; Romain Bly, batterie, cor, trompette et voix ; Joséphine Besançon, clarinette, clarinette basse et voix ; Caimin Gilmore, contrebasse, guitare basse et voix ; Maria Ryan, violon, alto et voix ; Oisín Walsh-Peelo, piano, harpe celtique, flûte irlandaise et voix ; Colm Breathnach, Ruth McGill, Aaron O’Hare : interprètes à l’écran ; Ensemble vocal Oscillations (Yann Lauras, chef de chœur), direction : Clara Baget

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Créé le 6 août de cette année au Kilkenny Arts Festival en Irlande, l’opéra pour petite formation The Curing Line de commence une tournée à Strasbourg, au , avant d’aller à Paris au Théâtre de la Ville. C’est une œuvre originale, inclassable, qui recèle de grandes beautés.

L’intrigue, très intéressante, est celle d’une famille dont le père détient un pouvoir de guérison qu’il doit transmettre. Il choisit sa fille adoptive Cora au détriment de sa fille biologique Eileen. La relation fusionnelle des deux sœurs se détériore après la mort du père, et la guérisseuse semble perdre son pouvoir. Cora perd la ligne, « The Curing Line». Dans son texte introductif, l’auteur présente cette intrigue comme une métaphore d’un monde en proie à la division et à la perte de sa capacité à s’auto-soigner, mais c’est avant tout l’histoire de deux sœurs, et l’évolution de leur complicité vers la division, la séparation, puis la mort et le remords.

The Curing Line est-il vraiment un opéra ? Dans l’absolu, la réponse est positive, puisqu’il y a un texte, du théâtre mis en musique, du chant et un ensemble orchestral. Le texte est soit vulgairement contemporain ou alors de la poésie délicate, le chant lyrique alterne avec le sprechgesang ou des textes parlés, et l’orchestre réduit à quelques solistes ressemble à un groupe jazzy-folk. L’écriture musicale est surprenante, très inspiré du Sean-nós, des mantras indiens, où se mélangent encore selon les tableaux des sonorités de techno, de jazz, de rock ou des bruits d’ateliers. Plus surprenante encore pour une oreille habituée aux opéras du répertoire (c’est à dire des siècles précédents…), c’est la gestion cinématographique du temps. Les dialogues sont d’une vitalité immédiate (parfois extrême) comme des dialogues réels de la vie courante, mais chantés. Le duo des deux sœurs lors de leur course en voiture est particulièrement haletant. Bien sûr, il y a des monologues, des temps de pause remplis de poésie (parfois chantée en gaélique), mais la succession sans transition de ces différentes séquences est également évocatrice d’une pratique de cinéma. Avec la mise en scène du compositeur lui-même et la création vidéo de Shawn Fitzgerald Ahern, le cinéma s’insère dans la production par le procédé de filmer les acteurs et de projeter leur image en temps réel sur un écran mobile, tout comme par l’insertion dans la narration de flash-backs pré-enregistrés.

Le mélange des genres va encore plus loin, et souvent, on se demande si les chanteurs sont en mode « chant direct », ou s’ils sont sonorisés, ou encore s’ils miment par-dessus un enregistrement déjà fait. Ce mélange des genres n’est pas gênant, tout au contraire. Comme il est techniquement parfaitement maitrisé, il permet aux voix une projection idéale, sans jamais forcer, sans s’épuiser, et les textes restent toujours parfaitement intelligibles. La musique, comme les textes, n’en sont que plus percussifs, plus impactants, et l’émotion comme la poésie s’en trouvent renforcées. Et il y a, dans cette œuvre multi-facettes, multi-techniques, de vrais moments d’intensité, comme les flash-backs des malades qui racontent comment ils ont été soignés, les duos des deux sœurs, et surtout le final, quand la voix de Cora devenue souffle passe sur la lande irlandaise dans un bruit de vent et de feuillage.

The Curing Line peut sembler une œuvre foutraque, fourre-tout, mais elle est très cohérente et bien équilibrée. L’histoire est puissante, et la musique fascinante, voire envoûtante. La formation est petite, mais la performance artistique est remarquable. Il faut voir The Curing Line, de .

Crédits photographiques © Ros Kavanagh, Kilkenny Arts Festival

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Strasbourg. Cité de la musique et de la danse. 26-IX-2026. Festival Musica
Michael Gallen (1986 -) : The Curing Line, opéra créé en 2026. Livret de Michael Gallen et Annemarie Ní Churreáin. Mise en scène : Michael Gallen, Shawn Fitzgerald Ahern. Création vidéo : Shawn Fitzgerald Ahern, Laura Rainsford. Scénographie et costumes : Pai Rathaya. Création sonore : Simon Cullen. Création lumière : Yukiko Yoshimoto. Avec : Amy Ní Fhearraigh, Sarah Shine, soprani ; Romain Bly, batterie, cor, trompette et voix ; Joséphine Besançon, clarinette, clarinette basse et voix ; Caimin Gilmore, contrebasse, guitare basse et voix ; Maria Ryan, violon, alto et voix ; Oisín Walsh-Peelo, piano, harpe celtique, flûte irlandaise et voix ; Colm Breathnach, Ruth McGill, Aaron O’Hare : interprètes à l’écran ; Ensemble vocal Oscillations (Yann Lauras, chef de chœur), direction : Clara Baget

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