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Happy birthday, Bruno Ducol!

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Maison des Pratiques Artistiques Amateurs. 8 au 10-X-2009. Hommage au compositeur Bruno Ducol. Bruno Ducol (né en 1949) : Alpaya, en bleu et cendres, action musico-volcanique pour 4 percussionnistes et dispositif électroacoustique (création mondiale). Mise en scène : Thomas Gourdy. Scénographie : Stéphane Dumas. Incantations pour violoncelle ; Six études de rythme pour piano ; Fantasmes en rouge pour ensemble vocal a capella ; Air détaché pour trombone ; Air de Benjamin, extraits de l’opéra Les cerceaux de feu ; Un air autre…détaché pour violoncelle ; Für die Jugend pour soprano et percussions ; Eclats de Lune pour ensemble vocal (extrait) ; Au sujet des Gnoufs, fantaisie burlesque (extrait). Mise en scène : Emilien Gobard. Quatuor de percussions Ixtla : Thibault Buchaillet, Clément Ducol, Sébatien Le Guénanff, Yin-Hué Wang. Raphaël Merlin, Alexis Descharmes, violoncelle. Louise Bessette, piano. Jean Nirouët, haute-contre. Amandine Trenc, Marina Venant, Aurélie Ducol, Anne Meyer, sopranos. Caroline Gesret, Anne Vainsot, alto. Pierre-Yves Lecoq, ténor. Thomas Bonin, basse. ; Clément Ducol, percussions. Avec la participation de Loup Ducol et d’élèves du Collège Jean-Baptiste Poquelin

La surprise était de taille pour cet heureux sexagénaire – le compositeur français – à qui famille et amis avaient, à son insu, concocté trois journées festives en son honneur sur la scène de la M(aison) (des) P(ratiques) A(rtistiques) A(mateur) : une table ronde, en préambule, réunissait musicologues, poète et plasticien campant à leur manière, et selon leur fantaisie, le portrait de cet artiste hors norme dont la culture pluridisciplinaire semble puiser aux sources de toutes les expressions artistiques.

Le lendemain, le quatuor de percussions Ixtla créait la seconde version – mais non la dernière – d’Alpaya en bleu et cendres, une œuvre emblématique du compositeur fasciné par les volcans et les mythes qu’ils ont fait naître. Après Nu couché ciel de feu en 2002 (un monodrame pour trois flûtes basses et dispositif électroacoustique) Ducol s’attache à la légende nimbée de mystère d’Alpaya. Elle conte les amours de la petite paysanne des bords du lac Atitlan et du prince Toliman qui, pour échapper à leur sort, se précipitent dans les flots ; effleurant les eaux du lac, Xocomi, le Dieu du vent, réunit en un seul accord, les deux âmes éperdues.

Alpaya est désormais conçue comme un spectacle avec mise en espace, vidéo, dispositif électroacoustique et jeux de lumière. Au centre de la scène, une grosse caisse, l’instrument tribal autant que l’astre irradiant sa lumière, est le lieu du rituel, livrant sa peau aux improvisations ferventes des quatre percussionnistes du Quatuor Ixtla. associe la puissance incantatoire des voix (diffusées par les haut-parleurs) à la fulgurance des rythmes (claviers, métaux et peaux s’inscrivant en demi cercle au fond de la scène) et l’aura des résonances pour nous embarquer dans la légende et nous plonger dans un cérémonial communicant tout à la fois sa force évocatrice et son monde d’étrangeté.

La troisième soirée réunissait bon nombre d’amis/interprètes dans un programme de musique de chambre qui se déroulait d’un seul tenant à la faveur d’un petit scénario habilement monté par le maître d’œuvre . La pianiste canadienne avait, à cette occasion, traversé l’Atlantique pour venir jouer les Six études de rythme (premier des trois Cahiers d’études écrits à ce jour par le compositeur) qu’elle avait créés à Radio France en 1992. La vigueur et la solidité de jeu de cette militante de la musique d’aujourd’hui donnaient le juste relief d’une écriture fermement conduite. On appréciait également le talent scénique autant que virtuose de (le fils) jouant de son corps et de ses percussions dans une réinterprétation quasi improvisée du texte Le Cri de figurant au catalogue de son père. Côté musique vocale, l’excellent chœur Britten, sous la direction de , chantait Fantasmes en rouge, une brève pièce à fleur d’émotion de 2007 tandis que le haute-contre , le tromboniste et la soprano Amandine Trenc donnaient à entendre des extraits de l’opéra Les Cerceaux de feu – que l’on souhaite vivement voir monter dans son intégralité – et de Für die Jugend, une œuvre associant la voix et la percussion dans un alliage très raffiné. Les deux partitions pour violoncelle seul avaient réuni deux jeunes interprètes éminents : le violoncelliste du Quatuor Ebène interpréta par cœur et avec flamme la pièce au titre emblématique Incantations. Quant à (soliste à l’opéra de Paris), il préféra jouer avec la partition, troquant le traditionnel pupitre contre l’écran d’ordinateur, efficace et plus discret, pour donner, à son tour, une interprétation lumineuse et engagée de un air autre…détaché.

C’est la Fantaisie burlesque Au sujet des Gnoufs, un happening hilarant, auquel participaient les élèves du collège Jean-Baptiste Poquelin, qui ponctuait cette déambulation sonore tout en rebonds dévoilant à merveille l’imagination féconde de Bruno Ducol et les multiples facettes de ce doux rêveur d’inouï.

Crédit photographique : © DR

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