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Espiègle balade Mozart par Philippe Bernold et Emmanuel Ceysson

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour flûte et harpe en do majeur, K.299 ; Concerto pour flûte n° 1 en sol majeur, K.313 ; Andante pour flûte en do majeur, K. 315. Philippe Bernold, flûte et direction ; Emmanuel Cesson, harpe ; Orchestre de chambre de Paris. 1 CD Aparte AP115. Enregistré à Notre-Dame du Liban, Paris, en juillet 2015. Notice bilingue : anglais, français. Durée 56’

 

mozart_bernold Le flûtiste et le harpiste Emmanuel Cesson portent au plus haut deux concertos aimables et espiègles de Mozart.

En avril 1787, alors que Mozart se trouve à Paris, le duc de Guines (1735-1806), diplomate et flûtiste, proche de Marie-Antoinette, lui commande un Concerto pour flûte et harpe en ut majeur. Le jeune créateur, amoureux d’Aloysia Weber, ne pense plus qu’à Mannheim où elle réside, lui vivant son séjour dans la capitale française avec difficulté au grand dam de son exigeant père resté en Autriche.  Le choix de l’ajout d’une harpe s’explique par le fait que la fille du commanditaire en joue et ne manque pas d’excessives ambitions. Mozart disait d’elle qu’« elle est bête à souhait ».

L’autre opus de cet enregistrement très réussi est le Concerto pour flûte et orchestre en sol majeur composé au début de la même année, mais à Mannheim, en réponse à la commande du Néerlandais Ferdinand Dejean (1731-1797), chirurgien et flûtiste amateur.

Ces éléments biographiques, pour importants qu’ils soient, ne doivent pas masquer l’intérêt des deux concertos dans lesquels Mozart distille son charme irrésistible, sa générosité mélodique, son expressivité décidée, son harmonie fluide et subtile tout en avançant  vers les ultimes chefs-d’œuvre de la maturité, pas encore composés.

Toutes ces qualités déclinées avec une apparente facilité, avec une grâce constante, avec une amabilité communicative prennent encore plus d’intensité et de vivacité avec cette interprétation tout à fait imposante. Le flûtiste qui dirige également un bien en place,  nous en administre avec talent la vivante véracité. Avec son interprétation convaincante, il paraît certain que Mozart ne détestait pas foncièrement  l’instrument comme cela a été parfois avancé. Le Concerto K.299 s’enrichit du jeu coloré, raffiné et enthousiaste du harpiste .  Les deux virtuoses magnifient la partition et signent là une lecture précieuse.  Leur sonorité, leur agilité, leur engagement portent au plus haut deux partitions davantage aimables et espiègles que foncièrement géniales.

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