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Le Festival de La Chaise-Dieu reprend son cours normal

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint-Robert.
24-VIII-2017 : Requiem de Zelenka. Jan Dismas Zelenka (1679-1745) : Officium defunctorum ZWV 47, Requiem en ré majeur ZWV 46. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Deus, judicium tuum TWV 7 :7, Drei sind, die da zeugen im Himmel TWV 1 :337. Kateřina Knĕžiková (soprano), Luciana Mancini, Aneta Petrasová (altos), Václav Čížek (ténor), Yannis François, Georg Finger, Michal Dembiński (basses). Collegium & Collegium Vocale 1704, direction Václav Luks.
Brioude. Basilique Saint Julien
24-VIII-2017 : Motets baroques. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Stabat Mater en fa mineur RV 621. Concerto en mi mineur RV 275 pour violon, cordes et basse continue. In turbato mare irato en sol majeur RV 627 pour soprano et cordes. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Stabat Mater en fa majeur pour soprano, alto et cordes. Blandine Staskiewicz (soprano), Anthea Pichanick (alto), Les Accents, violon et direction Thibault Noally.

daniel_kawka_811161De Marie-Madeleine à Sainte Cécile, d’Allegri à Duruflé, de La Chaise-Dieu à Brioude, ce sont trente concerts qui ont été proposés aux nombreux spectateurs de la 51e édition du Festival de La Chaise-Dieu. Diversité et qualité sont, comme toujours, les bases de sa programmation.

Il est loin, le temps où le piano était la seule vedette du Festival de La Chaise-Dieu. Et pourtant, il est toujours là, au fil des concerts : et l’ont joué dans cette abbatiale, sur les traces de . Un cycle de trois concerts « Autour du clavecin » a occupé l’auditorium Cziffra, dont l’acoustique met en valeur le nouvel instrument construit en 2016, pour le 50e anniversaire du festival. C’est le facteur Frédéric Bertrand qui l’a réalisé en sept mois dans son atelier de Saint-Paulien à une vingtaine de kilomètres de La Chaise-Dieu.

La musique a envahi sept lieux…

L’abbatiale Saint-Robert accueille la Symphonie n°8 de Beethoven par l’Orchestre de l’ et la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák par l’. La Messa da Requiem retentit deux fois dans l’abbatiale avec le Chœur et l’Orchestre de Milan, sous la baguette de . D’autres beaux lieux hébergent le festival, de la cathédrale Notre-Dame, au Puy, à l’abbaye de Lavaudieu, en passant par la collégiale Saint-Georges de Saint-Paulien, comme autant d’opportunités de découvrir en musique ces édifices. Dans la basilique Saint-Julien de Brioude, la plus grande église romane d’Auvergne, construite dans la seconde moitié du XIe siècle, on admire les fresques polychromes du XIIe siècle et les vitraux, datant de 2008, de Kim En Joong, moine dominicain d’origine coréenne.

21420880491_9d1444cbba_zDes musiciens confirmés et des jeunes qui montent

et son , habitués du festival, terminent ici leur tournée européenne en donnant le Requiem de Zelenka, leur compositeur fétiche. Le chœur est d’abord rassurant, puis sort de l’ombre dans le Lux perpetua. Il est énergique et en colère dans le Dies iræ. La mezzo-soprano est captivante, suppliante dans son dialogue avec le ténor Václav Čížek (Recordare). Dans le Sanctus, les gestes du chef animent les voix pour encore plus d’expressivité. Le Requiem final est poignant, et on retrouve cette lumière donnée par les ténors et les basses du chœur.

Ce concert a débuté avec deux cantates de Telemann. Dans Deus, judicium tuum, on apprécie la voix ronde, souple, de la soprano Kateřina Knĕžiková, et le chœur qui chante en souriant le Benedictus Dominus. La cantate suivante Drei sind, die da zeugen im Himmel, est dirigée de façon très claire et énergique par . Dès l’ouverture, les cors dialoguent avec les trompettes. Puis Václav Čížek dit son texte d’une voix très timbrée, qui passe fort bien dans l’acoustique casadéenne. Le final offre une belle apothéose à cette première partie. A la sortie du concert, le public découvre une surprenante animation de danse moderne accompagnée par quatre musiciennes du , offerte par le groupe local ADAC.

Blandine Staskiewicz & Anthea Pichanik

À Brioude, la nef est bien remplie pour écouter des motets baroques de Vivaldi et Scarlatti. Le jeune ensemble , créé en 2014 par , offre une qualité musicale remarquable aux festivaliers. Deux jeunes chanteuses, la mezzo-soprano et la contralto Anthea Pichanick, font entendre leurs talents. Dans le Stabat Mater d’, c’est la belle voix d’alto, bien timbrée, d’Anthea Pichanick qui est à l’honneur. Presque trop belle : on aurait aimé un peu plus de dramaturgie pour refléter les souffrances de Marie au pied de la croix de son fils. , premier violon des -Grenoble, donne une très bonne version du Concerto pour violon de Vivaldi, même si un peu plus de folie aurait paru nécessaire. Dans le Stabat Mater de Scarlatti, les vocalises de sont enthousiasmantes et son Alleluia est jubilatoire à souhait. À la fin de l’œuvre, Anthea Pichanick se libère, et donne libre cours à sa sensibilité. On regrette simplement que l’obscurité dans laquelle la nef est plongée pendant le concert ne permette pas au public de suivre le texte.

La 51e édition du Festival de La Chaise-Dieu a réuni son public habituel avec un programme varié et de qualité, mais peut-être a-t-il manqué une ou deux grandes vedettes. Et s’il a fêté le 250e anniversaire de la mort de , il a oublié le 450e anniversaire de  ! Il continue, heureusement, à offrir de la musique aux enfants, aux familles, aux personnes âgées… Ces actions, peu connues des festivaliers, sont à mettre à son crédit.

Crédits photographiques : © daniel-kawka.com ; Collegium Vocale 1704 & Collegium 1704 © Petra Hajská 2015 ; Blandine Staskiewicz & Anthea Pichanick © Jean-Noël Démard

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