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Maxim Vengerov, l’Enchantement du Jeudi Saint

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Toulouse. 17 IV 2003. Edouard Lalo : Symphonie espagnole, Maurice Ravel : Tzigane, Florent Schmitt : La Tragédie de Salomé. Maxim Vengerov (violon), Orchestre National du Capitole de Toulouse, Michel Plasson (direction)

Ce beau programme de musique française, mélangeant « tubes » du répertoire pour violon et une œuvre bien plus rare de , était surtout l’occasion de retrouver à Toulouse dont un précédent concert avait créé l’événement.

Devant son extraordinaire réussite, on est vient à se demander si Vengerov n’aurait pas, par hasard, trouvé le Saint Graal de l’interprétation musicale. Il y a en effet ici, au-delà d’une totale perfection instrumentale, une perfection musicale qui vous colle le frisson, le vrai, le grand, celui qui vous prouve que vous assistez à un moment intense. Il ne s’agit même plus de savoir s’il apporte à ses interprétations, malgré son jeune âge, une maturité plus ou moins grande ou une technique plus ou moins éblouissante que d’autres, tant le naturel de sa démarche musicale, le sentiment d’absolue évidence qui se dégage de chaque note, balaient toutes ces considérations. La musique émane de son violon comme si elle était en train de s’inventer, là, sous nos yeux et nos oreilles. À quoi bon, dès lors, détailler la puissance de la sonorité, l’exactitude de l’intonation ou le panache de l’interprétation ?

On peut juste dire que la Symphonie espagnole a gagné, à ce jeu physique et engagé mais aussi plein d’humour, une carrure et un lyrisme que l’on ne soupçonnait guère sous d’autres archets plus soucieux de simple élégance et que Tzigane, partagé entre ironie et ferveur, à la fois mordant et pourtant touchant, était immense.

, veillant son soliste avec attention, a mené un orchestre rutilant dans Lalo et mystérieux à souhait dans Ravel, dans une mise en place impeccable.

La Tragédie de Salomé de , arrangement pour grand orchestre d’un ballet originellement écrit en 1907 pour petit ensemble, œuvre la plus connue de son auteur, est trop rarement jouée de nos jours. Il s’agit pourtant d’une musique splendide, débordante des couleurs d’un Orient imaginaire, qui fit l’admiration de Stravinski, son dédicataire. Loin de la vigueur un peu sèche qu’y mettait autrefois un Paray, et son orchestre y déploient un fauvisme incandescent, chatoyant, dans un mouvement général ample et passionné. Il ne reste plus qu’à espérer que le chef toulousain veuille bien consacrer un prochain enregistrement à ce compositeur encore assez mal servi par le disque.

Ce concert magistral sera bientôt retransmis sur France 3 et Radio Classique. Avis à ceux qui n’ont pu avoir la chance d’être présents !

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Toulouse. 17 IV 2003. Edouard Lalo : Symphonie espagnole, Maurice Ravel : Tzigane, Florent Schmitt : La Tragédie de Salomé. Maxim Vengerov (violon), Orchestre National du Capitole de Toulouse, Michel Plasson (direction)

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