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Oleg Caetani au TCE, vous avez dit apprenti sorcier ?

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 29-II-2004. Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°35 « Haffner » en ré majeur K. 385 ; Maurice Ravel : l’Enfant et les Sortilèges, fantaisie lyrique. Martine Hébrard : l’enfant ; Michel Sénéchal : la théière/l’arithmétique/la rainette ; Desirée Rancatore : le feu/la princesse/le rossignol ; Stéphane Degout : l’horloge/le chat ; Sara Mingardo : maman/la tasse chinoise/la libellule ; Isabelle Cals : la bergère/le pâtre/la chatte/l’écureuil ; Laurent Naouri : le fauteuil/l’arbre ; Sophie Marin-Degor : la pastourelle/la chauve-souris/la chouette. Maîtrise de Radio-France, chef de chœur : Toni Ramon ; Chœur de Radio-France, chef de chœur : Irène Kudela. Orchestre National de France, direction : Oleg Caetani

L’annonce du remplacement de Bernard Haitink, souffrant, n’a pas empêché le public de se presser à ce concert et c’est un théâtre des Champs-Élysées comble qui a réservé une véritable ovation à un chef jusqu’alors peu connu en France, .

Fils d’Igor Markévitch — comme son nom ne l’indique pas — il reçut ses enseignements auprès de Nadia Boulanger puis de Kirill Kondrachine et de Ilia Moussine. S’en est suivie une brillante carrière partagée entre l’Allemagne et l’Italie, couronnée par la prise en charge de l’orchestre symphonique de Melbourne en 2005. Et la France dans tout ça ? Quelques rares apparitions remarquées pourtant, la dernière en date étant pour le Coq d’Or à Toulouse en novembre dernier.

Ravel n’a jamais dirigé que ses propres oeuvres, à l’exception de la symphonie n°40 de Mozart. Haitink l’avait proposé en première partie de ce concert. Caetani lui a préféré la n°35, plus brillante et extravertie, composée pour célébrer l’anoblissement du riche salzbourgeois Haffner. Il en offre une lecture toujours mesurée dans ses tempi, équilibrée et soignée. Malgré un effectif de cordes assez étoffé (une quarantaine d’instrumentiste) la légèreté du discours musical prime, avec des options d’interprétation dignes de la grande tradition classique viennoise (le minuetto, loin d’être pris rapidement comme une annonce du scherzo des symphonies de Beethoven, reste dans une pulsation modérée). Curiosité dans ce théâtre pourtant doté d’un public plutôt habitué au concert, des applaudissements ont fusé entre les mouvements.

L’évènement résidait toutefois dans la version de concert de la fantaisie lyrique de Maurice Ravel. Le plateau — dont la diction exemplaire de tous permettait de ne pas rater une miette du texte de Colette — réunissait un vaste éventail des générations de chanteurs lyriques. , jeune artiste ayant fait ses classes à la maîtrise de la Radio était-elle emportée par le trac de se produire dans un premier rôle sur une scène autant prestigieuse ? Malgré une musicalité évidente, impossible de ne pas remarquer quelques défauts d’émission entraînant parfois une justesse approximative. Le vétéran de la soirée, , ne pouvait masquer une réelle fatigue vocale — on le serait à moins à 77 ans — sans le support du jeu scénique et , après un air du Feu quelque peu hésitant, s’est révélée dans la scène de la Princesse des contes de fée. En dépit de ces quelques réserves toutes relatives, l’ensemble des solistes était d’une grande qualité et permettait de découvrir ou redécouvrir quelques chanteurs. On ne présente plus , qui n’avait malheureusement que deux courtes interventions. et sont de jeunes valeurs sûres du chant français qui mènent un beau début de carrière internationale. , unique membre non francophone de cette équipe, nous prouve qu’elle excelle aussi dans d’autres répertoires que le baroque qu’elle a si souvent servi. Enfin est à n’en pas douter une artiste de premier plan qui reste trop peu souvent invitée. Le chœur (réduit à une trentaine de participant) et la maîtrise de Radio-France ne décevaient pas dans leurs quelques interventions éparses mais le triomphateur de la soirée restait sans nul doute , qui par cette redoutable partition prouvait, à la tête d’un des premiers orchestres de l’Hexagone et dans une des plus prestigieuses salles de Paris, qu’il est à l’heure actuelle un éminent maître de la direction d’orchestre.

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 29-II-2004. Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°35 « Haffner » en ré majeur K. 385 ; Maurice Ravel : l’Enfant et les Sortilèges, fantaisie lyrique. Martine Hébrard : l’enfant ; Michel Sénéchal : la théière/l’arithmétique/la rainette ; Desirée Rancatore : le feu/la princesse/le rossignol ; Stéphane Degout : l’horloge/le chat ; Sara Mingardo : maman/la tasse chinoise/la libellule ; Isabelle Cals : la bergère/le pâtre/la chatte/l’écureuil ; Laurent Naouri : le fauteuil/l’arbre ; Sophie Marin-Degor : la pastourelle/la chauve-souris/la chouette. Maîtrise de Radio-France, chef de chœur : Toni Ramon ; Chœur de Radio-France, chef de chœur : Irène Kudela. Orchestre National de France, direction : Oleg Caetani

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