Mot-clef : Laurent Naouri

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À Genève, enthousiasmante Mamma de Laurent Naouri

Après sa création en juin 2017 à Lyon, sa retransmission télévisée sur grand écran dans plusieurs villes de la région Auvergne-Rhône-Alpes et avant le Liceu de Barcelone et le Teatro Regio de Turin, l’opéra Viva la Mamma ! (Le convenienze et inconvenienze teatrali) de Gaetano Donizetti, aux innombrables et étonnants accents rossiniens, fait une halte enthousiasmante à Genève. On pourrait penser que les reprises télévisées, la proximité des maisons d’opéra de ...
Vannina Santoni prend le rôle de La Traviata au Théâtre des Champs-Élysées

Vannina Santoni prend le rôle de La Traviata au Théâtre des Champs-Élysées

Premier opéra mis en scène au Théâtre des Champs-Élysées cette saison, La Traviata dans un décor hospitalier offre une prise de rôle d’importance à la jeune française Vannina Santoni, en plus de bénéficier du bel Alfredo de Saimir Pirgu et de l’excellent Chœur de Radio France. L’image de lits d’hôpital est souvent vue dans les mises en scène moderne et dessine une scénographie quelque peu monotone. Cette proposition de Deborah Warner ...
Alagna Lemieux

Roberto Alagna livre une prestation de référence dans Samson au TCE

De retour de Vienne où il porte Samson depuis un mois, Roberto Alagna offre dans le rôle en version de concert un véritable cours de chant français pour deux soirs au Théâtre des Champs-Élysées. Face à lui Marie-Nicole Lemieux étend son art sur toute la tessiture de Dalila, escortée par des seconds rôles exemplaires et un Chœur de Radio France exalté, en plus d’un Orchestre national de France condensé sous ...
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À Lyon, Viva la mamma fait feu sur l’opéra de papa

Étincelante fin de saison lyonnaise avec cet opéra que Donizetti affectionnait particulièrement. Laurent Pelly, à son meilleur, nous emmène dans l'envers du magnifique décor de Chantal Thomas. Jeu de massacre nostalgique et bonheur de spectateur. À propos de Viva la mamma !, Berlioz parlait de « kaléidoscope retourné » par le compositeur sur l'univers parallèle des chanteurs d'opéra. Si, en deçà du quatrième mur, l'opéra reste la chose la plus fascinante du ...
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À Genève, Così fan tutte sans Mozart

Formidable metteur en scène, David Bösch offre un théâtre d’une grande vivacité dans ce Così fan tutte de Wolfgang Amadeus Mozart dont malheureusement le compositeur semble absent, vu la pâleur de la direction d’un Orchestre de la Suisse Romande d’une discrétion sonore déconcertante. En 1989, après Don Giovanni de Mozart mis en scène par Peter Sellars à la Maison de la Culture de Bobigny, Philippe Meyer, alors chroniqueur matinal à France ...
Faire confiance à Berlioz : Béatrice et Bénédict au Palais Garnier

Faire confiance à Berlioz : Béatrice et Bénédict au Palais Garnier

Et si la solution pour mettre en scène Béatrice et Bénédict, œuvre réputée inmontable, était justement de ne pas la mettre en scène ? La mise en espace de Stephen Taylor au Palais Garnier est ce qu'on a vu de plus réussi pour traduire le propos de notre cher Hector ! Au devant de la scène, une rangée de chaises noires accueillent les chœurs, qui ne restent pas toujours benoitement assis, ...
Trompe-La-Mort de Luca Francesconi en création sur le plateau de Garnier

Trompe-La-Mort de Luca Francesconi en création sur le plateau de Garnier

Après la création, à la Scala, de son opéra Quartett en 2011, le Milanais Luca Francesconi répond à la commande de l'Opéra de Paris avec Trompe-La-Mort d'après Honoré de Balzac. S'il élabore lui-même le livret, il avoue ne pas avoir touché à l'écriture de Balzac, celle de Splendeurs et misères des courtisanes dont est tirée l'histoire de ce personnage caméléon aux quatre visages. Avec la collaboration fructueuse du metteur ...
DSC00623©SimonBarralBaron pour le Festival Berlioz

Berlioz enfin prophète en son pays

Triomphal brelan de journées en ouverture du Festival Berlioz 2016 à La Côte-Saint-André. Où comment l'intelligence fervente (et malicieuse) d'une programmation est parvenue à rassembler l'attente du mélomane qui savait et la candeur émerveillée du néophyte qui découvre, et à imposer enfin Berlioz comme le monument incontournable qu'il a toujours été. Bruno Messina aime à citer le livre de John Blacking Le sens musical, qui, partant du constat qu'une société, quelle ...
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A Verbier, transparente Carmen

Au Festival de Verbier, l’affiche alléchante de l’opéra Carmen de Georges Bizet attire une foule prête à s’enthousiasmer aux déboires de l’Andalouse. La pâleur vocale de cette dernière n’empêche pas les ovations d’un public satisfait d’avoir entendu « ses » airs les plus connus. Deux Carmen de Bizet en l’espace d’un mois, difficile de ne pas en faire la comparaison. Après Turin, le Festival de Verbier présente une version concertante du même opéra. ...
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Katie Mitchell et le rêve de Mélisande

Aix-en-Provence permet à Katie Mitchell de frapper un grand coup à la porte du Monde de l'Opéra, majoritairement balisé par des hommes, en parvenant à arracher Pelléas et Mélisande à tout fatras symboliste. Au propre comme au figuré, on ouvre beaucoup de portes chez Katie Mitchell. Written on skin et Alcina avaient installé la signature d'un imaginaire scénique où l'on donnait à voir ce qui se passait dans la pièce d'à côté. Il ...
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Laurent Naouri et Anne Sofie Von Otter à Dijon

Après les « Monstres, Sorcières et Magiciens » anglais, voici venir les Français dans le même répertoire, tout aussi riche en sortilèges et malédictions : l’opéra baroque de notre pays fait son miel de ces personnages excessifs et irrationnels, pour notre plus grand bonheur. Ceux-ci offrent un détour obligé dans le monde des fantasmes et délires de l’âme humaine, sans doute avec un langage qui a vieilli mais qui, dans ...
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Hulkotello à Bordeaux

Otello en Abominable Hulk, il fallait oser. La metteure en scène Gabriele Rech l'a fait : de blanc vêtu et sourire "ultra-bright" au premier acte, le Maure de Venise se retrouve intégralement noir (habits et peau) à partir de la fin de l'acte III lors de sa scène de folie (et la diffusion de son visage en grand écran en fond de scène n'arrange rien). Le reste est à l'avenant ...
Sonya Yoncheva

Au plus près des véritables contes d’Hoffmann

Voici donc, enfin, ce qu’on pourrait imaginer LA version définitive des contes d’Hoffmann, tels que Jacques Offenbach avait pu la rêver, faute d’avoir pu l’achever. La partition détruite dans le grand incendie de l’Opéra Comique, tripatouillée avant même sa création posthume, défigurée au fur et à mesure des reprises, ne donnait plus qu’une vague idée des intentions du compositeur. Depuis une trentaine d’année, les musicologues ont cependant accompli un travail ...
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Festival Pablo Casals, une 59ème édition au sommet

Pour atteindre « Les sommets de la musique de chambre » que vise chaque année le Festival Pablo Casals, Michel Lethiec avait programmé cette année un concert « au lever du soleil sur le Canigou » avec des Divertimenti pour vents de Haydn et Mozart qui, malgré des conditions de jeu extrêmes (une tramontane glacée qui cinglait les visages) resteront sans aucun doute gravés dans toutes les mémoires. Plus confortablement installé dans le chœur de ...
Pelléas de concert

Pelléas de concert dirigé par Louis Langrée

Le théâtre des Champs-Elysées présentait une version de concert du seul opéra de Claude Debussy, Pelléas et Mélisande. Souvent fustigé comme n’étant pas assez mélodique, ne mettant pas assez les chanteurs en valeur par rapport à l’orchestre, Pelléas et Mélisande est un opéra plus difficile d’accès qu’il n’y paraît. Le côté onirique, atemporel et parfois obscur du livret de Maeterlinck affirme d’ailleurs son côté non-classique. En particulier, Mélisande est très loin ...
Le duo Dessay-Naouri à l’Arsenal

Le duo Dessay-Naouri à l’Arsenal

Les occasions d’entendre ensemble le couple Dessay-Naouri ne sont pas aussi nombreuses que cela, et en France il faut sans doute remonter à l’Alcina du Palais-Garnier et à l’Orphée aux enfers de Lyon, tous deux montés en 1997, pour se remémorer les apparitions des deux époux sur scène. À l’étranger, on a pu voir ensemble les deux artistes, notamment dans le Pelléas et Mélisande monté à Vienne ainsi que, plus ...
Laurence Equilbey

Une Enfance du Christ douce et intime par Laurence Equilbey

À l’origine, L’Enfance du Christ est une supercherie du malicieux Hector Berlioz, qui présenta l’Adieu des bergers comme l’ouvrage miraculeusement retrouvé d’un maître de musique du XVIIe siècle, l’obscur Pierre Ducré. Berlioz intégra en conséquence à son langage des archaïsmes, colorations modales et références diffuses aux temps révolus. Éclectique, l’œuvre est atypique dans la production berliozienne et contraste avec d’autres compositions plus sonores. Elle mêle moments dramatiques et sections recueillies, ...
Pelléas en version de référence

Pelléas en version de référence par Laurent Pelly / Bertrand de Billy

Après les versions Strosser/Gardiner (Arthaus – Opéra de Lyon 1987) musicalement irréprochable mais à la mise en scène trop statique et Stein/Boulez (DG - Welsh National Opera 1992) exemplaire en tout points, cette nouvelle parution en DVD de Pelléas et Mélisande coiffe au poteau ses prédécesseurs. La mise en scène de Laurent Pelly est un exemple de théâtre. Les divers rires, pleurs ou halètement des personnages, tous ces bruits expressifs pourtant ...
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Natalie Dessay et Laurent Naouri

La vie en rose

Die Feen, la vie en rose

Que de chemin parcouru entre ces Fées (opéra composé en 1834 mais représenté seulement en 1888) et l’ultime opus Parsifal (1882). Dans ce premier essai lyrique, Richard Wagner avance vers son propre style acte après acte. Acte I : joyeux charivari où se mêlent Bellini, Weber, Beethoven, Mozart, Gluck, Auber et Mendelssohn. Acte II : de plus en plus de Mozart et de Beethoven, et toujours l’empreinte présente de Bellini, mais le ...
Du romantisme allemand à Graciane Finzi

Du romantisme allemand à Graciane Finzi

C’est une ouverture qui a introduit – en bonne logique – le concert de mardi soir centré autour du romantisme allemand. Le tissu arachnéen et mobile du Songe d’une nuit d’été s’est déployé avec grâce sous la main leste de l’énergique Joana Carneiro. Mais en dépit de la direction fraîche et alerte, en harmonie avec l’œuvre d’un Mendelssohn de 17 ans, certains passages manquent d’homogénéité. La présence de mélodies de Graciane ...
La beauté de la tradition

L’Elisir d’amore mis en scène par Laurent Pelly, la beauté de la tradition

Défini comme un opéra buffa romantique, L’Elisir d’amour de Gaetano Donizetti, met en musique une des situations amoureuses la plus en vogue au XIXe : le coup de foudre «déterminé» par une présumée potion magique voire un filtre d’amour. Ce philtre développera une intrigue amusante autour du classique triangle amoureux autour duquel se noue l’idylle : Adina, la villageoise éduquée à la lecture d’histoires d’amour, Nemorino, le pauvre amoureux et Belcore, le ...
L’heure de l’operette

L’heure de l’operette

France 3 Nous avons pris l’habitude de suivre les émissions d’Alain Duhault qui existent maintenant depuis deux ans et qui nous ont permis de découvrir ou revoir des œuvres telles que La Traviata ou encore Les Noces de Figaro pour ne citer que ces deux exemples. Aux côtés de l’éminent spécialiste et biographe de Jacques Offenbach, Jean Claude Yon, nous avons aussi la joie d’entendre les commentaires de Dame Félicity Lott ...
Tom Rakewell II, le retour

Tom Rakewell II, le retour

The rake’s progress Après Glyndbourne, Bruxelles, le Théâtre des Champs-Elysées et avant Angers-Nantes-Opéras, l’Opéra National de Paris se devait d’avoir son propre Rake’s progress. Annoncé en octobre dernier, la mise en scène confiée à l’origine à Luc Bondy est passée à Olivier Py, directeur du Théâtre National de l’Odéon et habitué du Grand-Théâtre de Genève. Avant que le rideau ne se lève, on pouvait deviner ce qui allait être sur scène, ...
L’adieu au romantisme

Laurent Naouri, l’adieu au romantisme

Qui est Othmar Schoeck ? C’est par cette phrase que nous avions salué un enregistrement récent de son œuvre chorale. A l’occasion de l’exposition sur Ferdinand Hodler, une série de concerts « Regards sur la Suisse » permettait de découvrir à l’Auditorium du Musée d’Orsay divers compositeurs helvétiques. La venue d’au moins une œuvre d’Othmar Schœck était inévitable. Elegie est un vaste cycle de lieder dans la descendance de Schubert, Schumann, Brahms ...
Laurent Pelly : délirant !

La Vie Parisienne vûe par Laurent Pelly : délirant !

Le décor d’une gare d’aujourd’hui. Deux amants (et amis) attendent leur ex-maîtresse. Dans un joli désordre, quelques passagers pressés passent et repassent, la valise en main, se dirigeant vers les quais pendant que des haut-parleurs diffusent des avertissements sur le retard d’un train, la prudence recommandée vis-à-vis des pick-pockets. Puis le mouvement s’accélère, de plus en plus de gens occupent le plateau. On s’entasse entre les allées de labyrinthes dressés ...
On a brisé la glace avec des fers rougis

Pelléas et Mélisande au TCE : on a brisé la glace avec des fers rougis

Après une version de concert mémorable et gravée pour l’éternité chez Naïve en 2000, l’Orchestre National de France a décidé de réinviter Bernard Haitink dans le chef-d’œuvre de Claude Debussy cette fois mis en scène pour cinq représentations au théâtre des Champs-Élysées, une production qui sera exportée, à la fin de ce mois de juin, à Amsterdam. Bernard Haitink sculpte la partition de Pelléas avec minutie, et propose aux chanteurs un ...
Puccini dope Laurent Naouri

Puccini dope Laurent Naouri

Djamileh et Il Tabarro Si l’écrivain italien Alessandro Baricco s’offre la liberté de réinventer l’intrigue de Die Zauberflöte en réécrivant les dialogues d’Emmanuel Schikaneder dans la production turinoise de cette saison, pourquoi le metteur en scène Christopher Alden ne s’arrogerait-il pas le droit de changer l’épilogue du Djamileh de Georges Bizet ? L’art, ce doit être cela. Changer ce qui existe déjà. En totale dénégation du livret de Louis Gallet, au lieu d’un sultan ...
Un Castor et Pollux un peu timide

Un Castor et Pollux un peu timide

Gardiner revient à ses premieres amours « Rameau les éclipsera tous. » Cette prophétie de Campra, lors de la représentation d’Hippolyte et Aricie en 1733, pourrait résumer à elle seule l’histoire de la postérité du dijonnais de Louis XV. Si tous les grands compositeurs de son temps avaient déjà produit l’essentiel de leurs œuvres à cinquante ans, Rameau quant à lui n’en est encore qu’à quelques compositions. Mais c’est un homme dont la ...
On en vendrait son âme au diable

On en vendrait son âme au diable

La Damnation de Faust Le programme indique « Concert prestige », ce qui d’emblée, une fois franchies les portes de cette magnifique salle qu’est l’Arsenal, laisse le spectateur en droit de s’attendre à une soirée exceptionnelle. Et ce soir-là, personne ne sera floué ni déçu. Dès les premiers accords de l’introduction, on se laisse happer par l’étrange beauté de cette musique, elle-même magnifiée par l’extraordinaire acoustique de la salle, acoustique parfaite qui laisse ...