Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

24ème Festival International de Piano

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I. La Roque d’Anthéron. Abbaye de Silvacanex. 5-VIII-2004. Robert Schumann (1810-1856) : Intégrale de l’œuvre pour piano seul (4ème partie). Nicholas Angelich, Philippe Bianconi, François-Frédéric Guy, Emmanuel Strosser.

II. La Roque d’Anthéron. Parc du château de Florans. 6-VIII-2004. Frédéric Chopin (1810-1849) : Impromptu n°1 en la bémol majeur opus 29, Impromptu n°2 en fa dièse majeur opus 36, Impromptu n°3 en sol bémol majeur opus 51, Fantaisie-Impromptu en ut dièse mineur opus 66, Ballade n°1 en sol mineur opus 23, Ballade n°2 en fa majeur opus 38, Ballade n°3 en la bémol majeur opus 47, Ballade n°4 en fa mineur opus 52. Philippe Giusiano, piano.

III. La Roque d’Anthéron. Parc du château de Florans. 6-VIII-2004. Sergeï Rachmaninov (1873-1943) : Six Moments musicaux opus 16, Préludes opus 32. Frédéric Chopin (1810-1849), L.Godowski (1870-1930) : Etudes d’après les Etudes de Chopin. Boris Berezovsky, piano.

IV. La Roque d’Anthéron. Parc du château de Florans. 7-VIII-2004. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°30 en mi majeur opus 109, Sonate pour piano n°31 en la bémol majeur opus 110, Sonate pour piano n°32 en ut mineur opus 111. Stephen Kovacevich, piano.

V. La Roque d’Anthéron. Parc du château de Florans. 8-VIII-2004. Alban Berg (1885-1935) : Sonate pour piano opus 1. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°23 en fa mineur opus 57 « Appassionata ». Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n°23 en si bémol majeur D.960. Barry Douglas, piano.

stephen_kovacevichSous les platanes centenaires du parc du château de Florans, dans un lieu à la fois grandiose et intime, où la musique s’élève comme une féerie, le tout-piano mondial est au rendez-vous. Grâce à son directeur René Martin et à son président Paul Onoratini, ce festival est devenu La Mecque du piano. C’est le terrain privilégié de la consécration des plus grands et de la découverte de jeunes talents. Ici s’affirment dans la magie des récitals nocturnes, sous le ciel étoilé de Provence, les originalités et les personnalités.

En vingt quatre années, avec son équipe de passionnés de musique, une merveilleuse équipe de bénévoles enthousiastes, René Martin qui vient d’être nommé cette année directeur musical de la Villa Médicis par a fait du festival de La Roque d’Anthéron une manifestation unique au monde. C’est la fête au piano et à la musique. Une musique offerte à tous avec générosité, simplicité et beauté. René Martin permet aux artistes une rencontre intime et privilégiée avec leur public et à ce dernier une découverte sans cesse renouvelée de l’immensité du répertoire pianistique. Cette année, il a imaginé de présenter une Intégrale de l’œuvre pour piano seul de . Cette merveille de musique, d’émotion, de profondeur et de douleur était confiée pendant quatre journées à , , , , , et . Se succédant sur le même Steinway, dans l’admirable cloître de l’abbaye cistercienne de Silvacane, ils ont bouleversé le public par une interprétation à la fois intense et raffinée révélant la profondeur de l’âme schumannienne et la puissance de ses résonances symphoniques à travers ce piano devenu orchestre. C’était superbe.

Vainqueur du XIIIe Concours International de Varsovie en 1995 après avoir été classé huitième à l’âge de 17 ans en 1990, est visiblement habité par l’œuvre du maître polonais. Pour ces Impromptus n°1, 2 et 3, la Fantaisie-Impromptu en ut dièse mineur, les Ballades n°1,2, 3 et 4, son jeu est d’une clarté et d’une pudeur envoûtantes, totalement respectueux de la partition au point, comme le dit justement Le Monde de la Musique « que l’on a l’intuition que c’est ainsi que jouait Chopin ». Un toucher de velours, sans excès d’aucune sorte, un équilibre élégant et poétique, des sonorités lumineuses, un son qui vous enveloppe et qui vous attire avec une étonnante douceur et en filigrane cette magnifique impression d’improvisation du compositeur, ce sont toutes ces qualités qui ont valu à ce pianiste discret et généreux l’ovation méritée du public conquis par son interprétation.

Rachmaninov par , c’est l’assurance d’une rencontre privilégiée avec ce compositeur russe par excellence. Le pianiste en donne une interprétation des Six Moments musicaux et des Préludes toute en profondeur faisant rejaillir, outre l’esprit, la forme et l’âme, toutes les sonorités et les couleurs flamboyantes de la musique orthodoxe contenue dans cette œuvre pianistique magistrale. a soulevé l’enthousiasme du public avec les transcriptions des Etudes de Chopin par Godowky. Un moment de haute virtuosité, notamment pour la main gauche. Le pianiste n’hésitait pas à poser la main droite sur le clavier comme pour mieux souligner l’importance de l’écriture transcrite, la métamorphose des rythmes, des harmonies, de la mélodie et la précision diabolique de la composition exigeant une virtuosité sans failles admirablement restituée par ce pianiste russe dont la carrière s’envole au firmament des claviers.

Cette édition du festival aura une nouvelle fois permis d’entendre l’intégrale des Sonates de Beethoven dont on ne se lassera jamais. a offert une interprétation superbe des Sonates 30, 31 et 32. Avec dépouillement, respect, élégance, il a fait chanter la musique de Beethoven sans fioritures, sans décorations d’aucune sorte, libérant pour la Sonate n°30, le temps qui s’écoule, la tempête intérieure, son lyrisme avant la souffrance de la Sonate n°31 et le mysticisme orageux et consolateur de la Sonate n°32, merveille d’équilibre et de dépouillement.

La Sonate n°1, premier opus d’ a été composée entre 1907 et 1908. Son unique mouvement atonal crée un climat émotionnel et romantique intense et exprime magnifiquement la recherche d’essentiel du compositeur. Le pianiste irlandais en a témoigné avec profondeur et beauté par une interprétation lumineuse, toute en nuance et en précision avant la passion, et la puissance dramatique du chef-d’œuvre de Beethoven en matière de Sonate, l’Appassionnata. Puis, il y eut la sérénité lumineuse du premier mouvement de la Sonate pour piano n°23 en si bémol majeur de Schubert suivie de la mélodie grave de l’Andante avant le tourbillon lumineux et fantasque du finale. a su trouver les accents de la mélancolie schubertienne, cette solitude, sorte de chant du cygne du compositeur.

En 2005, le Festival de la Roque d’Anthéron fêtera son XXVe anniversaire. René Martin imagine 25 pianistes pour une fête qui s’annonce inoubliable et auquel on ne peut que recommander au public de se rendre en nombre pour communier à cette ferveur musicale faite d’amitié, de convivialité et d’espérance.

Crédit photographique : (c) DR

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I. La Roque d’Anthéron. Abbaye de Silvacanex. 5-VIII-2004. Robert Schumann (1810-1856) : Intégrale de l’œuvre pour piano seul (4ème partie). Nicholas Angelich, Philippe Bianconi, François-Frédéric Guy, Emmanuel Strosser.

II. La Roque d’Anthéron. Parc du château de Florans. 6-VIII-2004. Frédéric Chopin (1810-1849) : Impromptu n°1 en la bémol majeur opus 29, Impromptu n°2 en fa dièse majeur opus 36, Impromptu n°3 en sol bémol majeur opus 51, Fantaisie-Impromptu en ut dièse mineur opus 66, Ballade n°1 en sol mineur opus 23, Ballade n°2 en fa majeur opus 38, Ballade n°3 en la bémol majeur opus 47, Ballade n°4 en fa mineur opus 52. Philippe Giusiano, piano.

III. La Roque d’Anthéron. Parc du château de Florans. 6-VIII-2004. Sergeï Rachmaninov (1873-1943) : Six Moments musicaux opus 16, Préludes opus 32. Frédéric Chopin (1810-1849), L.Godowski (1870-1930) : Etudes d’après les Etudes de Chopin. Boris Berezovsky, piano.

IV. La Roque d’Anthéron. Parc du château de Florans. 7-VIII-2004. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°30 en mi majeur opus 109, Sonate pour piano n°31 en la bémol majeur opus 110, Sonate pour piano n°32 en ut mineur opus 111. Stephen Kovacevich, piano.

V. La Roque d’Anthéron. Parc du château de Florans. 8-VIII-2004. Alban Berg (1885-1935) : Sonate pour piano opus 1. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°23 en fa mineur opus 57 « Appassionata ». Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n°23 en si bémol majeur D.960. Barry Douglas, piano.

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