La Scène, Opéra, Opéras

Bon début de saison

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Lausanne, Théâtre Municipal, 30-IX-05. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : Arnaud Bernard. Décors : Alessandrop Camera. Costumes : Katia Duflot. Lumières : Patrick Méeüs. Avec : Robert Nagy, Il Duca di Mantova ; Carlos Almaguer, Rigoletto ; Nicoleta Ardelean, Gilda ; Jean Teitgen, Sparafucile ; Isabelle Henriquez, Maddalena, ainsi que Giovanna ; Ruben Amoretti, Il Conte di Monterone ; Vincent Deliau, Marullo ; José-Luis Sola, Borsa ; Francesco Biamonte, Il Conte di Ceprano ; Pauline Sabatier, La Contessa ; Juan Etchepareborda, Usciere di Corte ; Nathalie Constantin, Paggio della Duchessa. Chœur de l’Opéra de Lausanne (chef de chœur : Véronique Carrot). Orchestre de Chambre de Lausanne, direction : Paolo Arrivabeni.

Rigoletto

La première saison d’ en tant que nouveau directeur de l’Opéra de Lausanne a été lancée à la fin septembre avec un nouveau Rigoletto de Verdi. Une première production globalement réussie qui laisse augurer une suite de saison intéressante. A la mise en scène de l’avatar verdien du Roi s’amuse de Victor Hugo se trouve qui s’est formé comme assistant sur des scènes comme celle du MET, de Covent Garden, du Teatro Colón, de la Scala… Respectueux de la musique et des voix, son travail se distingue par la lecture proposée du personnage du Duc. Ce dernier est dépeint comme un être hargneux, d’une froideur parfois cynique. Le libertinage auquel il s’adonne n’est pas celui d’un Don Juan débonnaire, mais plutôt une sorte d’état permanent mû par la sournoiserie et la cruauté. Robert Nagy, qui tient le rôle-titre le soir du 30 septembre, apparaît sous les traits durs que lui confèrent son costume et sa calvitie. Il a quelque chose d’archétypal qui relève du colonel de dictature. Le drame de Rigoletto est planté dans des décors variant peu. L’immense bibliothèque du Duc est inexorablement présente au cours des trois actes. A l’acte II comme à l’acte III, les décors y afférents se mêlent à ceux installés pour décrire le palais ducal. La péniche qui tient lieu de repaire à Sparafucile vogue ainsi au milieu du salon! Si les éléments sont intéressants et beaux en soi, il est dommage que la conception scénographique d’ensemble ne se soit pas départie de ce problème de cohérence et de superposition en imaginant, par exemple, des pans peut-être moins imposants qu’il eût été facile, dès lors, de rendre amovibles pendant les entractes.

Dans la fosse se trouve un chef qui se frottait pour la première fois au Rigoletto de Verdi. a fait ses armes à Bologne ainsi qu’au Festival de Pesaro et possède à son répertoire une foule considérable d’ouvrages italiens. L’occasion offerte d’aborder à Lausanne le chef d’œuvre de Verdi se solde par une très belle réussite. Sa baguette se veut fine et précise, la dynamique est magnifiquement pensée dans un très bel équilibre avec le plateau. Il s’est distingué tout particulièrement dans l’air de Gilda, « Gualtier Maldé », articulant un discours orchestral pourvoyant le bel canto de la prima donna d’une assise remarquable. Il intime par ailleurs modération aux cuivres, soucieux de composer avec les dimensions d’un théâtre qui ne sont pas celles de l’Opernhaus de Zurich ou du Grand Théâtre de Genève. La distribution est quant à elle convaincante sans atteindre les sommets du genre. Robert Nagy possède certes l’ampleur vocale du rôle, mais ne place pas toujours sa voix de manière optimale si bien que son chant manque d’homogénéité. Son bouffon () possède par contre la faconde du rôle et le sens dramatique du baryton verdien. Liant magnifique, pianissimi dans l’aigu posés avec assurance et mis au service de l’expression des sentiments de vengeance ou de ruse, tout est en place pour assurer une interprétation de haut vol. La Gilda de jouit d’un volume considérable. Si le timbre est beau, épanoui avec un cristallin séduisant dans l’aigu, son vibrato léger mais persistant dérange et gêne parfois l’intonation. Il n’est que de réécouter pour mesurer la différence de style dans le même rôle. Sparafucile () est une basse aux graves abyssaux colorés, accompagné d’une sémillante Maddalena. Les rôles secondaires s’acquittent fort avantageusement de ce qui leur échoit, tout comme le Chœur de l’Opéra de Lausanne qui convoque homogénéité et précision.

Crédit photographique : © DR

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Lausanne, Théâtre Municipal, 30-IX-05. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : Arnaud Bernard. Décors : Alessandrop Camera. Costumes : Katia Duflot. Lumières : Patrick Méeüs. Avec : Robert Nagy, Il Duca di Mantova ; Carlos Almaguer, Rigoletto ; Nicoleta Ardelean, Gilda ; Jean Teitgen, Sparafucile ; Isabelle Henriquez, Maddalena, ainsi que Giovanna ; Ruben Amoretti, Il Conte di Monterone ; Vincent Deliau, Marullo ; José-Luis Sola, Borsa ; Francesco Biamonte, Il Conte di Ceprano ; Pauline Sabatier, La Contessa ; Juan Etchepareborda, Usciere di Corte ; Nathalie Constantin, Paggio della Duchessa. Chœur de l’Opéra de Lausanne (chef de chœur : Véronique Carrot). Orchestre de Chambre de Lausanne, direction : Paolo Arrivabeni.

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