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Tristan und Isolde vue par Olivier Py

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Richard Wagner (1813-1883) : Tristan und Isolde. Mise en scène et lumières : Olivier Py. Décors et costumes : Pierre-André Weitz. Avec : Clifton Forbis, Tristan ; Alfred Reiter, König Marke ; Jeanne-Michèle Charbonnet, Isolde ; Albert Dohmen, Kurwenal ; Mihoko Fujimura, Brangäne ; Philippe Duminy, Melot ; David Sotgiu, le jeune matelot ; Nicolas Carré, le pilote ; Chœur du grand théâtre de Genève (chef de chœur : Ching-Lien Wu), Orchestre de la Suisse Romande, direction : Armin Jordan. Réalisateur : Benoît Rossel. Enregistré en février 2005 au Grand théâtre de Genève. Sous titrages en Français, Anglais, Allemand et Espagnol. 2DVD Bel Air Classiques (BAC014). Toutes Zones. Durée 274’

 

« J’ai dans la tête l’ébauche d’un Tristan et Isolde le projet musical le plus simple, mais aussi le plus emplie de sève qui soit. » Dans cette très célèbre lettre à Liszt, Wagner déplore de ne jamais avoir connu d’amours heureux tout en révélant dans le même temps la façon dont il envisage le drame. Lecteur assidu de la littérature du moyen âge, il modèle le drame à sa façon en prenant pour modèle principal le poème de Gottfried de Strasbourg écrit au début du XIIe. Seulement, à la différence des auteurs du Moyen Age, Wagner resserre la trame de l’histoire (nombreux sont les épisodes célèbres qu’il sacrifie : la fuite des amants, l’épée qui la nuit les sépare, etc. ) afin de mettre en valeur l’essence du drame : L’amour et la mort.

En témoignent les dernières paroles d’Isolde qui résument à merveille l’inflexion romantique souhaitée par le compositeur. « Dans la plénitude du flot, dans le bruissement des échos, dans le souffle absolu où s’exhale le monde, chavirer…S’abîmer…N’être plus rien à soi…Joie souveraine…Joie ! » Trois épisodes seront conservés (le voyage maritime, le rendez-vous amoureux et le dénouement tragique issu de l’épisode de l’attente de l’épouse, Yseult aux blanches mains, suscitant une vision nouvelle de l’agonie de Tristan) chacun correspondant à un acte, ils constituent ainsi une structure ternaire parfaire, chaque partie comportant son coup de théâtre. Ainsi, cette structure simple et classique permet de hisser au rang principal la dimension psychologique du drame.

Bien que très respectueux de la partition, on pourrait reprocher à l’ un certain manque de vigueur, de dynamiques, comme ci ce dernier oubliait ces infinies altérations harmoniques et mélodiques qui nuancent la partition. Il serait bien mal venu de bouder la prestation des deux rôles principaux, s’atteler à un tel ouvrage témoigne déjà d’un certain accomplissement lyrique ; Cependant, les aiguës de Jeanne Michèle Charbonnet (Isolde) sont souvent décevantes, bien qu’incarnant une princesse digne de ce nom, solide et majestueuse, son interprétation est parfois trop dépouillée, pas assez investie. (Tristan) est honnête et vaillant malgré un vibrato trop large et un manque d’envergure certain. Mais l’âge d’or des chanteurs wagnériens ne s’inscrit-il pas dans un passé de plus en plus lointain ? Au côté de ces rôles principaux, il convient de saluer l’admirable prestation de , offrant au public une interprétation si sensible, si facile ; son « Einsam wachend inder Nacht » est admirable de beauté et de délicatesse. campe également un Kurwenal très juste et très présent.

La mise en scène d’ est assez sobre, dépouillée, elle joue sur la dualité de néons aveuglants face à un vaisseau ténébreux et mobile tout au long du premier acte alors qu’un rideau mouvant suggère la mer. C’est dans une succession de pièces toujours mobiles que vont se mouvoir nos personnages principaux dans le deuxième acte. La scène est révélée dans sa profondeur dans le dernier acte, complètement inondée d’eau. Ni belle, ni intéressante, ni subversive, la mise en scène de ce Tristan n’a rien d’exceptionnel ; la réalisation d’Andy Sommer ne fait qu’ajouter au caractère ennuyeux de la version ; avide de gros plans (surtout dans les moments où les chanteurs ne sont pas à leur avantage) il rend difficile la compréhension scénique. « Je crains que cet opéra ne soit défendu – à moins que, joué médiocrement, le tout ne devienne une parodie ; seule la médiocrité des représentations peut me sauver ! Si elles étaient parfaitement bonnes, les spectateurs en deviendraient fous » Confie le compositeur, en 1859, dans un billet à Mathilde Wesendonk ; assurément, ce Tristan n’aliènera pas son public.

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Richard Wagner (1813-1883) : Tristan und Isolde. Mise en scène et lumières : Olivier Py. Décors et costumes : Pierre-André Weitz. Avec : Clifton Forbis, Tristan ; Alfred Reiter, König Marke ; Jeanne-Michèle Charbonnet, Isolde ; Albert Dohmen, Kurwenal ; Mihoko Fujimura, Brangäne ; Philippe Duminy, Melot ; David Sotgiu, le jeune matelot ; Nicolas Carré, le pilote ; Chœur du grand théâtre de Genève (chef de chœur : Ching-Lien Wu), Orchestre de la Suisse Romande, direction : Armin Jordan. Réalisateur : Benoît Rossel. Enregistré en février 2005 au Grand théâtre de Genève. Sous titrages en Français, Anglais, Allemand et Espagnol. 2DVD Bel Air Classiques (BAC014). Toutes Zones. Durée 274’

 
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