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Unitel

Freischütz à Dresde et Milan en DVD, choix cornélien

Choix cornélien pour deux très belles productions du chef -d’œuvre de Weber à la Scala et à Dresde. Chacun, en tout cas, y trouvera son compte. Les deux versions proposent une mise en scène relativement traditionnelle, en dépit de quelques tentatives de modernisation. La première, que l’on doit à l’ancien contreténor Axel Köhler, joue sur les liens privilégiés entre l’ouvrage et son lieu de création. Représenté près de 1500 fois dans ...
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À Genève, le Faust transcendant de Markus Werba

Cela aurait mérité un Victoria Hall rempli, mais les abondantes chutes de neige et une voirie genevoise déficiente ont certainement découragé plus d’un amateur. Dommage, parce que la mariée était resplendissante ! Cette année, Genève vit à l’heure faustienne. Après le Faust de Gounod au Théâtre des Nations, le personnage légendaire et mystique de Goethe se retrouve dans les méandres musicaux de Robert Schumann avec les si rares Scènes de Faust. ...
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Le Crépuscule des dieux à Bayreuth : le crépuscule des hommes

Le Crépuscule des dieux vu par Frank Castorf boucle en apothéose un Ring mémorable. Complexe souvent, stimulant toujours, sous haute tension intellectuelle, d’un esthétisme hypnotique, c’est le meilleur que Bayreuth a produit depuis Chéreau. Le Wotan de Castorf a créé l’homme à son image : brutal et instinctif. C’est probablement ce qu’un grand nombre de spectateurs ayant fait le pélerinage à Bayreuth n’accepte toujours pas. La gangrène Waelse a infecté Siegfried mais ...
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Siegfried à Bayreuth : Wotan en Allemagne

Wotan n’aura jamais aussi bien mérité le surnom de Wanderer qui est le sien dans la deuxième journée de la Tétralogie. Frank Castorf, après l’Amérique et la Russie, poursuit le trip inter-continental et envoie cette fois le dieu de Wagner entre les deux : entre l’Ouest et l’Est du Monde, dans les zones d’ombre d’une Allemagne d’avant la réunification. Un cran esthétique est franchi par le mémorable vivier d’images abrité dans ...
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L’Or noir du Rhin à Bayreuth : Wotan en Amérique

En ces temps d’extrême consensualité, le Festspielhaus est un des rares endroits au monde où les huées les plus décomplexées peuvent cueillir à chaud une production. C’est ce qui arrive une fois encore au Ring pourtant virtuose de Frank Castorf qui, au bout de cinq ans, ne sera pas parvenu à convaincre (on pouvait se procurer des places cinq minutes avant le début de chaque représentation, alors que résonnait le ...
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La luxuriance et grandeur du Götterdämmerung de Frank Castorf

Brillante fin de parcours avec ce Götterdämmerung au plateau vocal superlatif, dirigé avec autorité par un Marek Janowski qui ne parviendra toutefois pas à faire oublier Kirill Petrenko. On a envie de voir dans le décor de ce Götterdämmerung par Aleksandar Denić, une forme d'hommage à la célèbre production Chéreau-Peduzzi de 1976. Entre le Berlin décati et lugubre de la division Est-Ouest et l'univers fin XIXe siècle lié à la révolution ...
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Mélancolie et séduction dans le Siegfried de Castorf à Bayreuth

Magistral Siegfried, en grande partie grâce à l'orchestre enfin révélé de Marek Janowski, parfaitement secondé par un plateau de haut niveau. On aurait pu croire le public "apprivoisé" à la présence des (trop) fameux crocodiles qui surgissent dans la conclusion de Siegfried sur l'Alexanderplatz ; il n'en est rien. Des hurlements haineux s'élèvent dès que le rideau se referme, agrémentés ici et là par des débuts d'échauffourées dignes des premières années ...
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Les premiers pas de Marek Janowski dans l’Or du Rhin à Bayreuth

La quatrième année de présence sur la Colline de ce Ring consacre définitivement la mise en scène de Frank Castorf, tandis que de nombreux changements de rôles et l'arrivée de Marek Janowski à la direction modifient sensiblement l'équilibre général de la production. On connait l'exhortation lancée par Wagner à ses descendants : "Enfants, faites du neuf !". Sans doute, faudra-t-il la rappeler à une partie du public de ce Ring ...
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Le Götterdämmerung de Kirill Petrenko : pour l’éternité

Clôture exceptionnelle pour ce Ring à Bayreuth  Quand le rideau s'ouvre, c'est au célèbre "Lasciate ogni speranza, voi che'ntrate" de l'Enfer de Dante auquel on pense. Avec Berlin comme métaphore et toile de fond, ce très littéral Crépuscule nous convie à une plongée dans les ruines de l'histoire et des illusions. Aleksandar Denić a imaginé un formidable décor tournant présentant sous trois angles une capitale allemande saisie entre la division est-ouest ...
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Siegfried onirique et désenchanté à Bayreuth

Cette troisième journée à Bayreuth marque une évolution vers davantage de prolixité de détails, à la hauteur de la complexité de la trame musicale. Cette partition de Siegfried est abondamment parcourue par des motifs dont la récurrence ne cherche pas à dissimuler le foisonnement et l'accumulation mémorielle. Frank Castorf rend parfaitement cette idée que l'auditeur qui cherche à pénétrer le Ring fait face à une forêt épaisse où signes et ...
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Le Rheingold imaginaire de Frank Castorf

Pour sa troisième année sur la Colline sacrée, ce Ring signé Frank Castorf prend ses marques et s'impose comme un des plus fascinants spectacles que Bayreuth ait proposé depuis des lustres. Quasiment inconnu en France, sauf auprès du public de théâtre, le metteur en scène et directeur de la Volksbühne de Berlin a réussi à faire de la Tétralogie le terrain d'expression d'une modernité radicale. Cette lecture agit à différents niveaux ...
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À Genève un Fidelio inabouti

En dépit de la présence d’un des orchestres parmi les meilleurs en Europe, d’un grand chef d’orchestre, d’un chœur aux sonorités magnifiques, cette nouvelle production de Fidelio, spectacle de clôture de la saison d’opéra du Grand Théâtre de Genève, laisse l’impression de plus en plus fréquente dans ce théâtre, d'un manque patent de goût artistique. L’intrigue de Fidelio n’est certes pas de celles qui réjouissent l’humeur. L’univers carcéral n’a jamais engendré ...
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Wagner/Janowski vol. 2 : Des très grands « Maîtres Chanteurs »

Ce deuxième volet de la série consacrée au projet de Marek Janowski d’offrir les dix principales œuvres opératiques de Richard Wagner, Die Meistersinger von Nürnbergs’inscrit dans la même veine musicale du récent Fliegende Holländer. Si la musique reste souvent grandiose, de prime abord la multitude de personnages habitant cette œuvre ne rend pas l’écoute facile. Et sur un opéra de plus de quatre heures, si une comparaison des versions existantes sur ...
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Le Wagner inspiré de Marek Janowski

Fâché avec les mises en scène modernes des opéras, particulièrement en Allemagne, Marek Janowski a décidé depuis de nombreuses années de ne plus diriger d’opéras autrement qu’en concert. A la tête de l’Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin dont il est le directeur artistique, Marek Janowski s’engage ici dans un cycle de concerts uniques des opéras de Wagner. Ce cycle, initié en novembre 2010, se terminera avec le Götterdämmerung ...
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Schoenberg d’adieux pour Marc Albrecht

Excepté le sublime Lied der Waltaube (Chant du Ramier) dont Arnold Schoenberg donne en 1922 une version pour voix et dix-sept instruments, on a rarement l'occasion d'entendre les Gurre-Lieder; et pour cause! Cette vaste cantate (près de deux heures de musique) inspirée par les vers de l'écrivain danois Jens Peter Jacobsen, que Schoenberg conçoit dès 1900, convoque un orchestre monumental – les bois par cinq voire par huit! - un ...
L’amour de loin en loin

L’amour de loin en loin

L’orchestre en résidence salle Pleyel offre ce soir un programme qui n’est pas négligeable : les Pièces op. 6 de Berg, une des œuvres les plus impressionnantes de l’École de Vienne, et le second acte de Tristan, immense duo d’amour débouchant sur une catastrophe. Si l’on considère la phénoménale densité de la partition de Berg, la clarté obtenue est très satisfaisante. La menace qui plane sur la première pièce est bien ...
Albert Dohmen, le Dieu de Wagner.

Albert Dohmen, le Dieu de Wagner

Parsifal Au tombé du rideau, le public ne semble pas outrageusement enthousiaste vue la relative brièveté de ses applaudissements. Pourtant la production de ce Parsifal est superbe, les chanteurs magnifiques, l’orchestre et les chœurs somptueux, les décors et les costumes très beaux. Alors ? Alors, peut-être qu’un opéra de cinq heures en milieu de semaine, c’est long ? Trop long pour peut-être avoir encore assez d’énergie pour applaudir à tout rompre ? Si avec son «Trop de ...
Deux géants en tête-à-tête

Beethoven et Abbado, deux géants en tête-à-tête

Fidelio Enfin ! A deux mois de ses soixante-quinze ans, l’immense Claudio Abbado abordait pour la première fois l’unique opéra de Beethoven. Abbado et Beethoven, c’est pourtant une longue histoire d’amour ; au disque, deux intégrales des symphonies, avec deux des orchestres mythiques dont il a été le directeur musical (les Philharmoniques de Vienne et de Berlin), une intégrale des concertos pour piano avec Maurizio Pollini, d’innombrables concerts consacrés au compositeur allemand mais ...
Je t’aime…moi non plus !

Je t’aime…moi non plus !

Tristan und Isolde Très populaires jusque vers la fin des années soixante, les opéras de Richard Wagner abandonnent peu à peu les scènes italiennes, plus particulièrement celle du Regio de Turin où la dernière incursion wagnérienne date de six ans déjà, et la précédente de douze ans ! Pas étonnant dès lors que la première de ce Tristan und Isolde n’ait pas fait le plein. Et si le théâtre turinois espérait redorer ...
Sublime Albert Dohmen

Sublime Albert Dohmen dans les Maîtres Chanteurs à Genève

En 1979, le Hans Sachs de Karl Riddersbusch et le Walther von Stolzing de René Kollo montaient sur les planches du Grand-Théâtre de Genève. On imaginait mal qu’une nouvelle production puisse détrôner le souvenir encore vivace de ces monstres sacrés du chant. Vingt-sept ans plus tard, c’est chose faite. Le chant et ses interprètes ont repris leur place sur une scène que le prestige passé n’aurait jamais dû abandonner. Les ...
Das Rheingold, la contre attaque

Das Rheingold version Hartmut Haenchen, la contre attaque

Les Rings se suivent en DVD : après les rééditions des différents cycles légendaires : Chéreau (DGG) et Kupfer (Warner et Opus Arte), il faut compter avec la diffusion progressive de l’Anneau du Nibelung de l’opéra d’Amsterdam. La reprise de cette production de Das Rheingold au printemps 2005 (lire ici l’article) nous avait fait très forte impression. L’approche du metteur en scène et intendant de l’opéra amstellodamois Pierre Audi porte toute ...
Tristan und Isolde

Tristan und Isolde vue par Olivier Py

« J’ai dans la tête l’ébauche d’un Tristan et Isolde le projet musical le plus simple, mais aussi le plus emplie de sève qui soit. » Dans cette très célèbre lettre à Liszt, Wagner déplore de ne jamais avoir connu d’amours heureux tout en révélant dans le même temps la façon dont il envisage le drame. Lecteur assidu de la littérature du moyen âge, il modèle le drame à sa façon en ...
L’Ineffable ici devient acte

Huitième de Mahler par Chung, l’Ineffable ici devient acte

Festival de Saint-Denis L’affaire s’annonçait risquée : quand on programme une intégrale Mahler, il faut bien « caser » quelque part la symphonie n°8, appartenant au genre « mastodonte symphonique » avec son orchestre pléthorique (auquel se rajoute un piano, un célesta, une mandoline et un orgue), son chœur d’enfants, son double chœur mixte et ses huit solistes. Mais où le faire à Paris? Aucune salle ne peut engloutir un tel effectif. Il y a quelques saisons ...
Wagner par la face mythique

Das Rheingold à Amsterdam : Wagner par la face mythique

Régulièrement monté depuis 1998, le Ring de Pierre Audi, metteur en scène et directeur du Nederlandse Opera, s’est imposé comme une valeur sûre des cycles intégraux récents. Le parti pris est résolument mythique. Le scénographe batave n’oublie pas que ces opéras sont basés sur des légendes. Il raconte l’histoire avec un savant mélange de tradition et de technologie. Tradition car les personnages sont envisagés littéralement : des dieux et des géants. ...
Siegfried débute la saison

Siegfried débute la saison au Nederlandse Opera

Siegfried C’est avec la suite du «Ring» signé par Pierre Audi en 1998 que commence cette saison au Nederlandse Opera. «Siegfried» précède «Le Crépuscule des dieux» et «L’Or du Rhin» respectivement en février et en mai, avant que le cycle ne soit donné intégralement à l’ouverture de la saison 2005/06. Présenté dans le même décor unique de George Tsypin que «La Walkyrie» (voir article) cette fois inversé, avec l’orchestre jouant à ...
Basilique et Légion d’honneur I

Basilique et Légion d’honneur I

Festival de Saint-Denis Ce Festival digne des plus grandes manifestations du monde est devenu la plus prestigieuse fête musicale d’Ile de France. Il celèbre cette année ses 35 ans d’ouverture, de générosité musicale et de partage grâce à l’intelligence de son directeur Jean-Pierre Le Favec et à la volonté de l’exemplaire député-maire de Saint-Denis, Patrick Braouzec pour qui la culture a et aura toujours toute sa place dans le monde d’aujourd’hui. ...
Une Walkyrie Néerlandaise

Une Walkyrie Néerlandaise

Die Walküre Le Nederlandse Opera, serait-on tenté de dire, est une maison sans histoires. Assez largement spécialisé dans le répertoire lyrique du XXe siècle, il fait cependant une large part aux œuvres plus classiques. Son public est «bon public» au bon sens du terme. On ne se souvient pas, en trente ans de fréquentation, d’y avoir entendu un seul sifflet aux saluts et pourtant les metteurs en scène iconoclastes, d’obédience germanique ...

Un Hollandais à la hauteur de la légende

Der Fliegende Hollander Deux ans après sa première apparition sur la scène de l’Opéra Bastille, la production du Fliegende Holländer de Willy Decker qui en avait déjà laissé les réglages à Christoph Myer de cette mise en scène reprise cette fois par Alejandro Stadlers, convainc davantage qu’à l’origine. La scénographie de Wolfgang Gussmann place l’action dans un vaste salon bourgeois des bords de la mer du Nord aux murs blancs formant ...
ariadne

Une Ariane cousue de fil d’or

Ariane à Naxos n’a connu sa version définitive, on le sait, qu’en 1916, avec son Prologue et son Acte unique. Suggérons à l’auditeur de 2001 d’en risquer une troisième mouture, en commençant d’emblée par le tissu sonore qu’ourle Sinopoli dans le prélude de cet Acte proprement dit (plage 9) ! Boutade, bien sûr ; mais qui permet de ressentir l’exploit accompli par ce chef, trop tôt disparu, avec une œuvre qui, somme ...