Truculentes Noces

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Les Noces de Figaro. Mise en scène : Jean-Louis Martinoty. Décors : Hans Schavernoch. Lumières : Jean Kalman. Chorégraphie : Cookie Chiapalone. Avec : Pietro Spagnoli, le Comte ; Annette Dasch, la Comtesse ; Rosemary Joshua, Susanna ; Luca Pisaroni, Figaro ; Angelika Kirchschlager, Chérubin ; Sophie Pondjiclis, Marcelline ; Alessandro Svab, Antonio ; Antonio Abete, Bartolo ; Enrico Facini, Don Basilio ; Pauline Courtin, Barbarina ; Serge Goubioud, Don Curzio. Chœur du Théâtre des Champs-Élysées (chef de chœur : Irène Kudela). Concerto Köln, direction : René Jacobs. Filmé au Théâtre des Champs-Élysées, juin 2004. Réalisation : Pierre Barré. 2 DVD Bel Air Classiques BAC017. Sous-titrages en français, anglais, allemand, espagnol et italien. Zone 0. Durée : 3h 02’.

 

Succulent ! Truculent ! Bondissant ! Ces Noces de Figaro nous font la démonstration d’une formidable prouesse d’acteurs. Sans doute serait-il loisible de trouver voix plus parfaites mais l’excellence de la mise en scène de , vive, aux incessants rebondissements, ainsi que les décors, sobres et baroques à la fois, relèguent les chanteurs quelque peu fatigués au second plan. Les Noces de Figaro, opéra buffa en quatre actes et quatre pôles majeurs que sont l’œuvre originale en Français de Pierre Caron de Beaumarchais (pièce créée en 1783), l’aménagement génial du livret dû à Lorenzo da Ponte, la musique merveilleuse de Wolfgang A. Mozart (1786) et enfin leur résultante que constitue l’alchimie magique et scénique du spectacle, tous contribuent à donner à l’histoire de l’opéra une de ses clés incontournables.

L’analyse critique à peine voilée des normes sociales de l’époque, la naturelle impertinence de tous les intervenants, l’acceptation des règles sociales en même temps que leur contestation sourde mais réelle ne dénotent pas tellement avec ce que concoctent nos sociétés occidentales contemporaines. D’où l’étonnante modernité de cet opéra sympathique et passionnant. Les traces du quotidien, les injustices chroniques et les clins d’œil malicieux et irrévérencieux sont traités avec un incroyable talent.

Le maître d’œuvre de l’opéra n’est autre que , lequel avec précision, science et enthousiasme communicatif, contribue à faire de cette représentation un souvenir merveilleux et inoubliable. L’autre héros est la formation allemande de premier plan, l’orchestre de chambre baroque et classique baptisé le , fondé en 1985 et travaillant régulièrement avec . Les instrumentistes, véritables virtuoses, jouent tous sur des instruments originaux. Les pupitres inspirés, homogènes, expressifs, offrent de subtils timbres, respirent comme Mozart l’a imaginé, se soucient des détails, les lient savamment et vivent ces pages avec un enchantement contagieux. Le accompagne idéalement les rebondissements, les jeux de scène, les audaces et autres subterfuges trépidants. Un mot encore sur les chanteurs-acteurs, tous frappants de naturel, de comique et d’implication. On pense au Comte de , malicieux et retors, à la Comtesse d’, aussi belle qu’espiègle, à la Susanna de , virevoltante et gracieuse et bien sûr au Figaro de , altier, spirituel, au timbre puissant et au jeu délicieux. Un vrai régal en somme.

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