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L’enlèvement au sérail par Minkowski

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Entführung aus dem Serail, opéra en trois actes sur un livret de Gottlieb Stephanie, d’après la pièce de Christoph Friedrich Bretzner. Mise en scène : Jérôme Deschamps et Macha Makaïeff. Costumes : Macha Makaïeff. Décors : Miquel Barcelo. Lumières : Dominique Bruguière. Avec : Matthias Klink, Belmonte, Malin Hartelius, Konstanze, Wojtek Smilek, Osmin, Magali Léger, Blondchen, Loïc Felix, Pedrillo, Sharock Moskin-Ghalam, Selim. Chœur Arnold Schönberg (chef de chœur : Joshard Daus). Les Musiciens du Louvre, direction : Marc Minkowski. Réalisation : François Duplat. Captation : Don Kent. 1 DVD Bel Air Classiques. Référence BAC 028. Enregistré en juillet 2004 au Grand Saint-Jean. Sous-titres français, anglais, allemand, espagnol. Toutes zones. Durée totale : 128mn.

 

Bel Air Classiques offre en DVD un spectacle populaire du festival d’Aix-en-Provence, filmé en 2004, dans le cadre majestueux mais si souvent frigorifiant du Grand Saint-Jean. Chroniqué à plusieurs reprises dans ces colonnes (voir les comptes rendus des représentations à Lausanne et à Aix-en-Provence), ce spectacle se prend les pieds dans la finesse mozartienne. Les Deschamps/Makaïeff plaquent sur cette œuvre leur univers de gags intempestifs sans parvenir ni à servir le propos, ni à composer une vraie mise en scène au service de l’œuvre. Les chanteurs sont mal dirigés et gesticulent sur le plateau alors que l’action est continuellement parasitée par des actions parallèles censées divertir l’atmosphère. Les personnages sont pris au pied de la lettre et leurs relations et leurs caractères ne sont pas creusés. La seule bonne idée aurait pu être l’emploi de l’acteur Sharock Moskin-Ghalam dans le rôle du Pacha Selim ; las ! La vision des metteurs en scène le limite à un excité inconstant et dansant. À ce jeu là, on en vient à regretter le placage pédant de Christophe Loy dans sa production du Théâtre de La Monnaie de Bruxelles ou le délire de Stephan Herheim à Salzbourg.

Côté musique, il faut saluer la direction allante et altière de que l’on n’attendait pas à un tel niveau, à la tête de ses -Grenoble. Du côté des chanteurs, on alterne le très bon : la Konstanze fine et musicale de et le correct, tel le vaillant Pedrillo de Loïc Felix mais dont l’allemand s’avère proprement incompréhensible. Le reste est solide mais pas toujours très inspiré, à l’image d’un Wojtek Smilek que l’on a connu bien plus pertinent !

La réalisation est assez soignée alors que la captation sonore est correcte, à défaut de faire des miracles. En résumé, une bonne partie musicale, desservie par une mise en scène hors sujet pour un DVD finalement guère essentiel. Il est, tout compte fait, difficile de trouver un Enlèvement au Sérail de haut vol dans une vidéographie qui compte pourtant plus d’une grosse douzaine de titres écartelés entre le traditionnel suranné ou la relecture d’avant-garde !

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