À emporter, DVD, DVD Musique, Opéra

Pour une nouvelle lecture de Trovatore

Plus de détails

Giuseppe Verdi (1813-1901) : Il Trovatore. Mise en scène : Robert Carsen. Décors : Paul Steinberg. Costume : Miruna Boruzescu. Chorégraphie : Philippe Giraudeau. Lumière : Patrick Woodroffe. Avec : Carl Tanner, Manrico ; Iano Tamar, Leonora ; Zeljko Lucic, Il Conte di Luna ; Marianne Cornetti, Azucena ; Giovanni Battista Parodi, Ferrando ; Deanne Meek, Ines ; José Luis Ordonez, Ruiz. Moscow Chamber Choir, Bregenzer Festspielchor, Orchestre Symphonique de Vienne, direction : Thomas Rösner. Réalisation : Hans Petri. Enregistré live le 9 et13-VIII-2006 sur le Lac Constance au Bregenz Festival. Sous-titrage en anglais, allemand, espagnol, français, italien. 2 DVD Opus Arte 2007 référence OA 0974D. Code Barre : 0947800974. Toutes zones. Durée : environ 2h45’

 

Il Trovatore, d’après El Trobador de Garzia Gutierrez est le deuxième opéra de la trilogie verdienne, dite populaire qui comprend Rigoletto et Traviata. Le livret est le fruit d’un travail de Cammarano et de Leone Emanuele Bardare, qui à la mort du précieux collaborateur de Verdi, se charge de le remanier afin de le faire passer la censure autrichienne. C’est pourquoi apparemment il manque d’unité et de clarté. Le récit se déroulant au XVème siècle, est un mélange de différents sentiments tels que la jalousie, la vengeance, la rivalité, l’amour désespéré. Croyance populaire et soif de pouvoir sont les thèmes pivots de l’action qui a lieu en Espagne, dans les respectives villes d’Aragon et de Biscaglia. Le feu est l’élément central de l’opéra. Il allume les diverses passions, il fait brûler ce qui reste de l’héritage de la superstition, il caractérise la mise en scène ultra- contemporaine de et les décors de Paul Steinberg.

Sang et larmes, dans ce théâtre des contrastes, des visions et des passions où la parole compte peu et s’insère dans une architecture industrielle qui ouvre à une lecture du livret inédite. La rivalité amoureuse des deux frères est le point de départ pour une nouvelle et présumée histoire sociale qui représente en première instance, l’inégalité que l’industrie du pétrole engendre. La pollution universelle et le thème de la migration raciale sont d’autres clés de cette lecture. Le tout est inséré dans la célèbre Seebühne du festival de Bregenz où le feu avec sa connotation négative illumine cette raffinerie de pétrole, symbole obscur de nos jours.

Une gigantesque scène s’inspirant d’une architecture militaire espagnole du moyen-âge classique, assume l’aspect d’un château fort, c’est l’espace où le Conte di Luna exerce son pouvoir. Tous les protagonistes de cet opéra trouvent leur espace idéal. L’orchestre a sa résidence dans un théâtre couvert, le chœur bouge au-dessous de la structure en fer, les Gitans sont convoqués dans un espace pollué par des produits chimiques. Les chanteurs habitent la structure elle-même caractérisée par des « passages » privilégiés. Tout est géré à l’aide de monitors alors que le son est amplifié. Les symboles de notre époque, telle qu’une voiture berline (connotation de la richesse), les armes et des forces spéciales d’attaque (connotation de la guerre), les gitans mal habillés (connotation des immigrants des pays défavorisés) s’insèrent de façon souvent incohérente dans le Trovatore di Verdi. Manrico est transformé dans une sorte de Rambo de nouvelle génération avec son beau collier de munitions et son arme au cou. Cependant son attitude plastique trahit le nouveau statut entre le guerrier et un chasseur.

La prononciation des chanteurs, trop fausse, est incompréhensible. Ils sont souvent en retard sur la musique ( un exemple : l’air de Leonora, Di tale amor). Seule la musique de Verdi, avec ses contrastes de violence et de douceur, ses cris de passion et de mélancolie, ses rythmes déchirés et ses sanglots, gagne sur tout et fait passer en seconde ligne le broglio du livret et l’imbroglio de la scénographie.

Plus de détails

Giuseppe Verdi (1813-1901) : Il Trovatore. Mise en scène : Robert Carsen. Décors : Paul Steinberg. Costume : Miruna Boruzescu. Chorégraphie : Philippe Giraudeau. Lumière : Patrick Woodroffe. Avec : Carl Tanner, Manrico ; Iano Tamar, Leonora ; Zeljko Lucic, Il Conte di Luna ; Marianne Cornetti, Azucena ; Giovanni Battista Parodi, Ferrando ; Deanne Meek, Ines ; José Luis Ordonez, Ruiz. Moscow Chamber Choir, Bregenzer Festspielchor, Orchestre Symphonique de Vienne, direction : Thomas Rösner. Réalisation : Hans Petri. Enregistré live le 9 et13-VIII-2006 sur le Lac Constance au Bregenz Festival. Sous-titrage en anglais, allemand, espagnol, français, italien. 2 DVD Opus Arte 2007 référence OA 0974D. Code Barre : 0947800974. Toutes zones. Durée : environ 2h45’

 
Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.