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Etre ou ne pas être wagnérien ?

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Paris. Cité de la musique. 07- XI- 2007. Karlheinz Stockhausen (né en 1928) : Kreuzspiel ; Bent Sørensen (né en 1958) : Minnelieder-Zweites Minnewater ; Wolfgang Rihm (né en 1952) : Abschiedsstücke ; Franz Schreker (1878-1934) : Symphonie de chambre. Rosemary Hardy, soprano ; Ensemble Intercontemporain, direction  : Susanna Mälkki.

Cycle Visions Wagnériennes

Ce concert, dans lequel ne figurait aucune œuvre de Wagner, proposait de montrer l’influence de ce dernier sur les compositeurs du XXème siècle à travers l’influence des chants de troubadours de Tristan und Isolde chez Sørensen ou encore chez Stockhausen, dont Stravinsky disait que son échelle temporelle était celle du Crépuscule des dieux.

L’interprétation de l’Ensemble de Kreuzspiel de Stockhausen était l’occasion rêvée de rappeler aux mauvais esprits que sérialisme, pointillisme et expressivité ne sont pas incompatibles. Les touches de percussion d’inspiration indienne et le piano de étaient à leur place en alliant perfection technique et poésie.

Dans les Minnelieder-Zweites Minnewater de Sørensen, ce sont les cordes qui étaient mises à l’honneur, faisant émerger comme des complaintes et des gémissements dans cette musique impalpable et irréelle.

Il était difficile d’adhérer et d’» entrer » dans Abschiedsstücke de Rihm, tant cette partition semble hétéroclite malgré la recherche théorique de continuité. Peut-être la chanteuse en était la clef, mais il était impossible d’en juger. Rosemary Hardy ne semblait pas à l’aise dans ces changements de modes de jeu si soudains et ne parvenait pas à être convaincante. Les parties chantées ne l’étaient jamais suffisamment et on ne sortait que difficilement d’un sprechgesang permanent.

Il semble que la Symphonie de chambre de Schreker fut la grande gagnante de la soirée à en croire l’engouement justifié des spectateurs. Envoûtement, finesse et expressivité exacerbée étaient sublimés par des musiciens qui se faisaient plaisir et qui réussirent à nous faire oublier les deux trois problèmes de justesse. Les vingt quatre interprètes transformèrent l’ensemble en un grand orchestre symphonique, faisant résonner les accents expressionnistes et impressionnistes de cette musique.

On ne pouvait être que déçu de voir une salle à moitié pleine mais on félicite d’avoir réussi à obtenir quelques vrais instants de silence (sans toux et chuchotements) à la fin de chaque morceau, nous laissant le temps d’apprécier la résonance et la magie de la musique.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Cité de la musique. 07- XI- 2007. Karlheinz Stockhausen (né en 1928) : Kreuzspiel ; Bent Sørensen (né en 1958) : Minnelieder-Zweites Minnewater ; Wolfgang Rihm (né en 1952) : Abschiedsstücke ; Franz Schreker (1878-1934) : Symphonie de chambre. Rosemary Hardy, soprano ; Ensemble Intercontemporain, direction  : Susanna Mälkki.

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