La bohème au Festival de Zürich par Franz Welser-Möst

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Giacomo Puccini (1858-1924) : La bohème. Mise en scène : Philippe Sireuil. Décors : Vincent Lemaire. Costumes : Jorge Jara. Lumière : Hans-Rudolf Kunz. Avec : Cristina Gallardo-Domâs, Mimi ; Marcello Giordani, Rodolfo ; Elena Mošuc, Musetta ; Michael Volle, Marcello ; Cheyne Davidson, Schaunard ; László Polgar, Colline ; Rolf Haunstein, Benoit ; Giuseppe Scorsin, Alcindoro ; Carl Hieger, Parpignol ; Michael Mrosek, un douanier ; Ernst Buscagne, le sergent des douaniers. Chœur de l’Opéra de Zürich ; chœur d’enfants de l’Opéra de Zürich (chef de chœur : Ernst Raffelsberger. Orchestre de l’Opéra de Zürich, direction : Franz Welser-Möst. Réalisation : Felix Breisach. Enregistré les 3 et 7 juillet 2005 à l’Opéra de Zürich. Sous-titrage en anglais, allemand, français, espagnol, italien. 1 DVD. EMI Classics 0946 37745298. Code-barre : 094637 745298. Zone 0. Durée : 1h56’.

 

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Il n’est pas aisé de renouveler l’approche d’ouvrages aussi connus que La bohème, et telle est pourtant la gageure tenue par Philippe Sireuil et Vincent Lemaire pour cette production créée au festival de Zürich en juillet 2005. La transposition dans un Montmartre d’après-guerre s’opère efficacement, même si un tel parti pris rend difficilement compréhensibles certaines allusions au contexte historique de la France de Louis-Philippe dont le livret est truffé. Le cadre d’ensemble, qui joue à fond la carte de l’hyperréalisme, est tout à fait crédible, et l’effet n’en est que plus poignant pour le spectateur. Si les scènes intimistes sont extrêmement bien rendues, notamment les deux actes situés dans la mansarde, l’action du deuxième paraîtra quelque peu confuse, pour un spectateur qui ne connaîtrait pas sa Bohème sur le bout des doigts. Mais sans doute ce fait est-il en partie imputable à la petite taille du plateau de l’Opéra de Zürich. On pourra néanmoins succomber sous le charme d’un véritable « spectacle », frénétique et haut en couleurs durant toute la durée de l’acte.

La distribution réunie sur la scène zürichoise est dans l’ensemble de très bonne qualité, même si le timbre de Láslzó Polgar montre des traces d’usure dans le rôle de Colline ; Il n’en réussit pas moins sa « vecchia zimarra ». Signalons également les belles prestations de en Schaunard, en Marcello et Elena Mošuc en Musetta. est extrêmement convaincant en Rodolfo, même si son jeu n’est pas toujours avantagé par le gros plan. Sa voix souple et puissante, d’une grande facilité dans l’aigu, fait merveille dans cet emploi. est absolument fascinante dans le rôle de Mimi, qu’elle semble recréer sous nos yeux. Dotée de la voix idéale, elle dresse de la jeune cousette un portrait extrêmement touchant, celui d’un oiseau blessé venu, telle Mélisande, on ne sait d’où, et condamné à disparaître dès le moment où le personnage reprend vie. Ne serait-ce que pour cette incarnation bouleversante, qui redonne toute sa force à un opéra qu’on croyait connaître par cœur, on ne peut que recommander l’achat de ce très beau DVD. À la tête de l’orchestre de l’Opéra de Zürich, fait lui aussi ressortir toutes les couleurs de la partition de Puccini.

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