La Scène, Opéra, Opéras

Richard Strauss à l’orientale

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Paris, Opéra-Bastille. 28-I-2008. Richard Strauss (1864-1949) : Die frau ohne Schatten, opéra en trois actes sur un livret de Hugo von Hofmannsthal. Mise en scène, décors et lumières : Bob Wilson. Costumes : Moidele Bickel. Avec : Jon Villars, der Kaiser ; Eva-Maria Westbroek, die Kaiserin ; Jane Henschel, die Amne / eine Stimme von oben ; Franz Hawlata, Barak ; Christine Brewer, seine Frau ; Ralf Lukas, der Geisterbote / eine Stimme des Wächter der Stadt ; Yuri Kissin, der Einäugige / eine Stimme des Wächter der Stadt ; Gregory Reinhardt, der Einarmige / eine Stimme des Wächter der Stadt ; John Easterlin, der Bucklige ; Elena Tsallagova, die Stimme des Falken / eine Hüter der Schwelle des Tempels ; Ryan MacPherson, die Erscheinung eines Jünglings. Maîtrise des Hauts-de-Seine (chef de chœur : Gaël Darchen), Chœur et Orchestre de l’Opéra National de Paris (chef de chœur : Alessandro Di Stefano), direction : Gustav Kuhn.

La femme sans ombre

Reprise triomphale à l’Opéra-Bastille de la production de la Femme sans ombre de , que Robert Wilson avait monté lors de la saison 2002/03. On y retrouve la même esthétique japonisante devenue marque de fabrication du metteur en scène – quel que soit le spectacle, avec ses codes de couleurs, ses gestes symboliques et ses lignes épurées. Pour La femme sans ombre, opéra qui possède plusieurs niveaux de lecture, cette vision n’entre pas en conflit avec l’œuvre. La simplicité géométrique du dispositif de scène s’accorde avec le flot musical post-romantique de cette (longue) partition. Chaque personnage est caractérisé par sa gestique, son attitude et ses signaux visuels : aux humains reviennent les couleurs franches et les expressions du visage quand les esprits vivent dans un monde monochrome et figé. Dommage que les innombrables seconds rôles ainsi que les quelques interventions chorales soient systématiquement hors scène. Ainsi les enfants des rues autour de Barak dans le moment de liesse de l’acte II sont ils de simples figurants pendant qu’étaient diffusée sur haut-parleurs les voix de la .

Distribuer un tel opéra est une gageure. en Empereur à la délicate mission de commencer la soirée dans une tessiture impossible. Il ne commence à trouver ses marques qu’à partir de sa grande scène de l’acte II. peine également à démarrer, avant de trouver un phrasé, un timbre et surtout une emphase idéale qui le hisse à la hauteur de ses partenaires. Coté féminin, oublions rapidement , Nourrice qui certes domine la scène mais à la voix usée jusqu’à la corde. ne fait qu’une bouchée de l’impressionnant rôle de la Teinturière, dont elle a les moyens vocaux, c’est-à-dire qu’elle ne verse jamais dans l’hystérie des décibels. est une Impératrice en voix, tout à la fois puissante et homogène, aussi à l’aise dans les légères vocalises initiales que dans les moments de paroxysme dramatique. Du coté des rôles secondaires, le meilleur (, ) côtoie l’indigent ().

Mais si la mise en scène était globalement réussie, si le plateau restait dans l’ensemble bien en voix, pourquoi ces huées au tomber de rideau ? L’orchestre, véritable premier protagoniste de La femme sans ombre, ne semblait pas concerné ce soir. La formation de l’Opéra National de Paris avait beau avoir été brillante sous la direction de Christoph von Dohnányi quelques jours auparavant dans un programme straussien, la direction de Gustav Kuhn reste prosaïque et empâtée. On était en droit d’attendre autre chose pour l’ultime opéra « symphonique » de , dernier avatar d’un monde post-romantique en perdition. Quand d’autres chefs provoquent un déferlement orchestral, nous n’avons eu ce soir que de la mise en place instrumentale. Les chanteurs – au moins – n’étaient pas couverts, c’est déjà ça.

Crédit photographique : Eva-Marie Westbrœck (l’Impératrice) & (la Nourrince) © F. Ferville / Opéra National de Paris

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Paris, Opéra-Bastille. 28-I-2008. Richard Strauss (1864-1949) : Die frau ohne Schatten, opéra en trois actes sur un livret de Hugo von Hofmannsthal. Mise en scène, décors et lumières : Bob Wilson. Costumes : Moidele Bickel. Avec : Jon Villars, der Kaiser ; Eva-Maria Westbroek, die Kaiserin ; Jane Henschel, die Amne / eine Stimme von oben ; Franz Hawlata, Barak ; Christine Brewer, seine Frau ; Ralf Lukas, der Geisterbote / eine Stimme des Wächter der Stadt ; Yuri Kissin, der Einäugige / eine Stimme des Wächter der Stadt ; Gregory Reinhardt, der Einarmige / eine Stimme des Wächter der Stadt ; John Easterlin, der Bucklige ; Elena Tsallagova, die Stimme des Falken / eine Hüter der Schwelle des Tempels ; Ryan MacPherson, die Erscheinung eines Jünglings. Maîtrise des Hauts-de-Seine (chef de chœur : Gaël Darchen), Chœur et Orchestre de l’Opéra National de Paris (chef de chœur : Alessandro Di Stefano), direction : Gustav Kuhn.

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