Mot-clef : Franz Hawlata

fidelio_WF_187 (c) Monika Ritterhaus

Entre grotesque et sublime, le Fidelio d’Achim Freyer à Luxembourg

La mise en scène d’Achim Freyer, une fois de plus, fait débat. Non pas pour la qualité des images qu’elle produit, mais pour son adéquation à l’esprit et au message de l’œuvre. L'interprétation musicale est de toute beauté, en revanche, grâce notamment au chœur, à l’orchestre et à la direction de Minkowski. Jusqu’où peut-on aller dans la relecture des grands chefs d’œuvre du répertoire ? La question se pose assurément au ...
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La Fille de neige par Tcherniakov : les limites de l’idéal communautaire

Pour faire entrer dans son répertoire la rare Fille de neige (Snegourotchka) de Nikolaï Rimski-Korsakov, l’Opéra de Paris a fait appel au metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov, dont les relectures et transpositions, plus ou moins heureuses (sublime Ruslan et Ludmila au Bolchoï mais improbable Macbeth à Bastille) ont établi la réputation. La transposition est ici subtilement négociée pour charger le folklore d’interrogations autour de l’idéal communautaire. La distribution réunie autour d’Aida Garifullina, superbe ...
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A Turin, Gianandrea Noseda galvanise Fidelio

Quand un chef d’orchestre galvanise la scène, quand de la fosse jaillit une musique qui tient le public en haleine de la première à la dernière mesure, quand, au moment des saluts, ce chef reçoit une ovation plus grande que les chanteurs eux-mêmes, on réalise combien le public de l’opéra est en attente de l’émotion que la musique est capable de leur apporter. C’est le message que laisse Gianandrea Noseda ...
Richard Strauss en version rare

Die schweigsame Frau : Richard Strauss en version rare

Dans Lohengrin, donné la veille, tout tourne autour d’une question interdite. Pour cette nouvelle production straussienne, la troisième de Kent Nagano comme directeur musical de l’Opéra de Munich, une autre question interdite plane au dessus du public tout au long de cette longue soirée de près de 4 heures : était-il vraiment bien utile de monter cette bien inoffensive petite comédie ? La mise en scène de Barrie Kosky ne donne pas vraiment ...
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Merveilleux Chevalier…

Der Rosenkavalier La rumeur avait depuis quelque temps circulé, dans tout Paris, d’une représentation exceptionnelle – assurément sans précédent et probablement sans retour - du Chevalier à la rose. Non point une reprise ordinaire du chef-d’œuvre de Richard Strauss, mais la fameuse production qui, au tout récent Festival d’hiver de Baden-Baden, avait ébloui un public, certes privilégié, mais pour cela même rompu à toutes les formes de l’excellence lyrique. Nulle surprise, ...
La Piste aux Etoiles

La Piste aux Etoiles

Le Chevalier à la Rose Le Festival d’hiver de Baden-Baden était le cadre d’un triple événement en cette fin janvier. Evénement mondain avec la présence de nombreuses personnalités du monde de la politique, de l’économie ou des arts. Evénement médiatique avec la télévision qui interviewait le public aux entractes et Unitel qui captait en salle le spectacle en vue d’un futur DVD et, semble-t-il, d’un CD. Evénement musical enfin avec la ...
Un Stabat Mater inoubliable

Le Stabat Mater de Dvořák par Harnoncourt, inoubliable

Une musique qui nous laisserait tel quel mériterait-t-elle quelque considération appuyée ? Rien à craindre à cet égard après l’écoute du Stabat Mater op. 58, pour quatre solistes vocaux, chœur mixte et orchestre, que le Tchèque Antonín Dvořák écrivit au cours d’une période douloureuse de sa vie, marquée par plusieurs deuils insupportables. Nous avions gardé un splendide souvenir d’une version du Stabat Mater gravé par Rafael Kubelik (DG) il y a une trentaine ...
La comédie mais en sourdine

La comédie mais en sourdine

La fiancée vendue, depuis longtemps déjà au répertoire des grandes maisons telles que le Met (Mahler la dirigeait en 1909), Milan (1905) ou encore Londres (1907), entre cette saison à l’Opéra de Paris. Mais en version originale, s’il vous plaît. Opéra comique ou, plus justement, drama giocoso, le plus populaire des neufs opéras de Smetana (1866) s’intéresse au très sérieux problème du mariage forcé à la campagne. Aussi rigide dans ses ...
Coup d’essai, coup de maître(s) ?

Katharina Wagner à Bayreuth, coup d’essai, coup de maître(s) ?

Festival de Bayreuth 2008 Montée en 2007 cette production des Maîtres chanteurs caractérisait les débuts de la jeune Katharina Wagner en tant que scénographe au festival de Bayreuth dirigé (jusqu’à cette année) par son vieux père Wolfgang Wagner. Incontestablement ce travail secoue les habitudes et provoque, lors des derniers accords, une véritable bronca du public d’où l’on peine à entendre quelques timides «bravos». Pourtant, cette mise en scène est une incontestable réussite. ...
Trop osé pour être honnête ?

Wozzeck par Calixto Bieito, trop osé pour être honnête ?

Enfant terrible du théâtre espagnol, Calixto Bieito (pour ceux qui l’ont oublié ce scénographe est l’auteur de deux productions « houleuses » de l’Enlèvement au Sérail et de Don Giovanni ) se voyait consacré par une co-production entre les deux plus prestigieuses scènes espagnoles : le Liceu de Barcelona et le Teatro Real de Madrid. Curieusement et alors qu’on s’attendait à une débauche d’effets (et de vulgarités !) ce Wozzeck est ...
Richard Strauss à l’orientale

Richard Strauss à l’orientale

La femme sans ombre Reprise triomphale à l’Opéra-Bastille de la production de la Femme sans ombre de Richard Strauss, que Robert Wilson avait monté lors de la saison 2002/03. On y retrouve la même esthétique japonisante devenue marque de fabrication du metteur en scène - quel que soit le spectacle, avec ses codes de couleurs, ses gestes symboliques et ses lignes épurées. Pour La femme sans ombre, opéra qui possède plusieurs ...
Triomphe de la poésie

Triomphe de la poésie pour Rusalka

Après le formidable Sémélé que le metteur Robert Carsen reprenait du Festival d’Aix-en-Provence pour le remonter à l’Opéra de Zurich, c’est la Rusalka de l’Opéra Bastille qu’il monte au Regio de Turin. Si la découverte de cette musique est un enchantement, celle du spectacle l’est plus encore. Le rideau est à peine ouvert que le metteur en scène canadien nous transporte dans le rêve le plus absolu. Le triomphe de ...
Mozart sans Mozart

Mozart sans Mozart

Après Mozart et ses vingt deux opéras en live à Salzbourg, l’été dernier, voici, pour ceux qui ont raté l’évènement ou qui veulent le revivre, le coffret récapitulatif. Vendue aux alentours de trois cent cinquante euros, la boîte compte trente trois DVD, tous vendus séparément à l’exception notable des Noces de Figaro avec Anna Netrebko qui sera mis en vente l’été prochain. Resmusica. com vous proposera une sélection de ces ...
Barbant et Isolde

Barbant et Isolde dans une mise en scène de Yannis Kokkos

Les productions wagnériennes se suivent sans se ressembler à la Monnaie. Après le Tannhäuser iconoclaste mis en scène par Jan Fabre il y a deux saisons, et le Vaisseau Fantôme insignifiant de Guy Cassiers l’année dernière, c’était au tour de Yannis Kokkos de proposer au public bruxellois sa vision de Tristan und Isolde. Cette vision est, sans surprise, radicalement différente de celles de ses collègues belges, Kokkos cherchant avant tout ...
Capriccio

Capriccio parisien vu par Robert Carsen avec Renée Fleming

Ce Capriccio est en quelque sorte le testament d’Hugues R. Gall en tant que directeur de l’Opéra National de Paris. L’opéra, finalement assez peu connu, est, sous le prétexte d’une conversation en musique, une véritable réflexion sur la primauté de la musique sur la parole ou l’inverse. C’est une véritable torture de l’esprit que de choisir qui, de l’un ou de l’autre, est le plus important, et ce questionnement se ...
Triomphe pour Verdi et ses brigands

Triomphe pour Verdi et ses brigands avec Jonas Kaufmann

I Masnadieri C’est autour de l’éminent poète allemand Friedrich Schiller, mort en 1805, que tourne cette année la programmation des « Herbstliche Musiktage Bad Urach », du Festival d’automne de Bad Urach, non loin de Stuttgart, rendez-vous culturel fondé jadis par Hermann Prey. Outre un grand nombre de concerts, de récitals et d’exposés traduisant la fascination d’innombrables musiciens pour l’œuvre de Schiller, l’édition 2005 nous offre la rare possibilité d’assister à ...
Une Passion stigmatisée

Une Passion stigmatisée

Orchestre National de France En cette semaine sainte, les salles parisiennes semblaient s’être mises au diapason du calendrier liturgique, offrant au public l’occasion d’entendre notamment les Passions de Bach. En réponse à la prestation de Ton Koopman au Châtelet au début du mois, le Théâtre des Champs-Elysées hébergeait ces jeudi et samedi derniers Kurt Masur et sonNational de France pour donner une version de la Passion selon Saint Matthieu BWV 244 ...
Conversation dilatée

Cappricio vu par Robert Carsen avec Renée Fleming à Garnier

Dernière nouvelle production de la saison, Capriccio, conversation en musique de Richard Strauss sur un livret du compositeur et de Clemens Kraus, vient de s’achever au Palais Garnier dans une production spectaculaire signée Robert Carsen avec une distribution digne d’un festival international. En ressort-on certain cependant d’avoir vu l’œuvre dans son esprit intime et avec des interprètes bien distribués dans leurs rôles ? Cela n’est pas sûr. Robert Carsen a situé sa mise ...

Une nymphe à la Bastille

Avec dix ouvrages lyriques à son catalogue, Antonín Dvořák compte parmi les compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de l’opéra. Cette part de sa création reste pourtant à découvrir en Europe occidentale. En tout cas aucune de ses partitions lyriques n’avait été jouée à Paris jusqu’au 19 juin dernier. C’est avec Rusalka, la plus fameuse de ses pièces du genre, que Dvorak a enfin fait son entrée au répertoire de ...

Wozzeck de Glasgow

L’Opéra de Paris est en ce moment, à l’heure de la Seconde Ecole de Vienne. En effet, alors que Garnier propose Der Zwerg d’Alexandre Zemlinsky (voir article ci-dessous), Bastille reprend Wozzeck d’Alban Berg. Deux compositeurs plus proche l’un de l’autre que ce que laissent supposer leurs styles respectifs. Les deux hommes en effet s’estimaient au-delà de leur art. Trois ans et demi séparent la création des deux ouvrages proposés par ...