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Alexandre Charpentier, l’esprit français

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Paris, Salle des fêtes du musée d’Orsay. 05-II-2007. Mélodies, duos, quatuors vocaux, chœurs et pièces pour piano de Maurice Emmanuel (1862-1938), Gabriel Fauré (1845-1924), Claude Debussy (1862-1918), Florent Schmitt (1870-1958), Francis Poulenc (1899-1963), Louis Niedermeyer (1802-1861), Edmond de Polignac (1834-1901) & Ernest Chausson (1855-1899). Cédric Tiberghien, piano. Les Solistes de Lyon, direction : Bernard Tétu.

Comme à l’accoutumée le Musée d’Orsay propose une programmation parallèle à ses expositions temporaires. Après Ferdinand Holder vient le tour d’ (1856-1909). Ce fils d’ouvrier, joaillier et graveur de médaille de formation, remarqué à ses débuts par Alexandre Dumas fils et Auguste Rodin, est aujourd’hui considéré comme un maître en art décoratif et comme un des pères de l’Art Nouveau. La programmation musicale du musée d’Orsay se doit donc d’être française, et de préférence au tournant du siècle. Coup d’œil et d’oreille sur la musique vocale, écrite essentiellement pour le salon (dont celui de la famille Polignac) mais aussi empreinte de sentiments nationalistes et religieux d’une France qui avait perdu son Alsace et sa Moselle.

C’est dans cet esprit de revivification de l’esprit français « originel », celui du terroir, que nombre de compositeurs sillonnent la France, avec une préférence pour leurs régions natales : pour la Bretagne, pour le Vivarais, Joseph Canteloube pour les Cévennes et l’Auvergne ou encore pour la Bourgogne. Si Messiaen louait les Trente chansons bourguignonnes du pays de Beaune, les trois extraits interprétés en cette soirée, quoique très bien défendus par deux solistes de l’ensemble de ( et Philippe Cantor), nous montrent une musique plutôt témoin de son époque que chef-d’œuvre impérissable. Bien plus intéressante était cette Passion inédite de , œuvre contemporaine du Requiem, dont l’écriture austère se doit de rappeler Jean-Sébastien Bach. Le reste du programme est en alternance de mélodies et chœurs courts et variés, exercice de concert qui se rapproche de l’audition de fin d’année, dans lequel nous retiendrons la Ballade pour la paix de , faite de délicats décalages rythmiques, avec une partie de piano très virtuose, et des chœurs sacrés « à l’ancienne » de Louis Niedermeyer (dont une transcription de Tomas Luis de Vittoria) et .

La seconde partie de concert, consacrée seulement à Chausson et Poulenc, gagnait en homogénéité. Les mélodies de Chausson interprétées ont fait découvrir au public que Balzac avait écrit quelques poèmes (Le réveil) qu’il valait mieux oublier. Mention spéciale pour l’alto Sarah Breton dans la Chanson d’Ophélie, courte mélodie dont le traitement du texte et l’harmonie ne sont pas sans parentés avec Pelléas et Mélisande. Fin en apothéose de l’ensemble des Solistes de Lyon menés avec fermeté par dans une version sans concessions des Sécheresses de .

Il serait injuste de passer sous silence le pianiste accompagnateur de la soirée, , qui s’est illustré en soliste dans quelques extraits de Debussy (Minstrel, Masques, Cloches à travers les feuilles) et surtout dans une lecture diaphane, toute en demi-teinte du Nocturne n°1 de .

Crédit photographique : Bernard Tétu © C. Dufour

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Paris, Salle des fêtes du musée d’Orsay. 05-II-2007. Mélodies, duos, quatuors vocaux, chœurs et pièces pour piano de Maurice Emmanuel (1862-1938), Gabriel Fauré (1845-1924), Claude Debussy (1862-1918), Florent Schmitt (1870-1958), Francis Poulenc (1899-1963), Louis Niedermeyer (1802-1861), Edmond de Polignac (1834-1901) & Ernest Chausson (1855-1899). Cédric Tiberghien, piano. Les Solistes de Lyon, direction : Bernard Tétu.

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