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Messiaen 2008, célestes couleurs à la Cité

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Paris, Cité de la Musique. 06-II-2008. Anton Bruckner (1824-1896) : Equales n°1 et 2 ; Quatre Motets pour chœur a capella ; Messe n°2. Olivier Messiaen (1908-1992) : O Sacrum Convivium ; Couleurs de la Cité céleste. Chœur Accentus ; Laurence Equilbey, direction. Ensemble Ars Nova ; Michel Mauret, piano ; Philippe Nahon, direction.

Pour le dernier concert de la confrontation Bruckner / Messiaen à l’aune de leur inspiration religieuse – rappelons qu’ils étaient tous deux organistes et profondément croyants – la Cité de la Musique recevait ce mercredi 6 février l’ et le chœur sous la direction de son chef dans un répertoire qui mêlait des œuvres a capella, des pièces instrumentales et la Messe n°2 de Bruckner réunissant chœur et vents.

Encadrés par les sonneries de trois trombones que le maître de Saint Florian compose sous le titre d’Equale, les quatre motets d’ – des pièces liturgiques chantées en latin – concilient dans un équilibre souverain la pureté des lignes et la science de l’écriture au service du texte sacré. Avec un soin tout particulier accordé à la prononciation et une homogénéité presque parfaite des pupitres– remarquables surtout chez les hommes – le chœur nous communiquait cette beauté intemporelle et toute d’intériorité. Dans un prolongement naturel et sans rompre le climat de prière, la courte pièce de jeunesse d’ O sacrum convivium pour chœur à quatre voix dessinant déjà « les contours mélodiques aimés » du compositeur, nous plongeait dans une douce et lente méditation qui faisait de ces quatre minutes un moment d’extatique beauté.

Tel ne fut pas le cas des seize minutes de Couleurs de la Cité céleste, une œuvre d’une écriture exigeante, un nouveau « message de joie » pour Messiaen qui tenait davantage du rituel funèbre dans l’interprétation peu soignée qu’en donna l’. Conçue pour une formation atypique – vents, claviers et percussions métalliques -, l’œuvre donne la prééminence aux cuivres que l’on aurait souhaités plus disciplinés pour assumer les thèmes de plain-chant que leur confie Messiaen. Le manque d’équilibre entre les pupitres et la qualité même des timbres faisaient cruellement défaut pour accéder à cet « éblouissement de couleurs » dont ne nous livra qu’un pâle rendu.

Sous la direction de , les vents d’Ars Nova se mêlaient au chœur Accentus pour interpréter en seconde partie de concert La Messe n°2 en mi mineur d’ écrite en 1866. Une œuvre de facture très personnelle dans laquelle le compositeur, sans renier ses attaches à la tradition, concilie les préoccupations religieuses – l’attention au texte en particulier – et ses propres recherches en matière de sonorité : les motifs cinétiques de l‘Et resurrexit du Credo par exemple ou l’aura résonnante de l’écriture chorale dans l’étonnant Sanctus. Malmené par les timbres souvent ingrats de l’ensemble instrumental dans le Benedictus, les voix ne s’épanouissaient vraiment que dans les pages pratiquement a capella comme celle du Kyrie, un pur joyau de polyphonie dont les sonorités soyeuses du chœur intelligemment conduit par Laurence Equilbey détaillaient toute la richesse.

Crédit photographique : Laurence Equilbey © Laure Vasconi

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Paris, Cité de la Musique. 06-II-2008. Anton Bruckner (1824-1896) : Equales n°1 et 2 ; Quatre Motets pour chœur a capella ; Messe n°2. Olivier Messiaen (1908-1992) : O Sacrum Convivium ; Couleurs de la Cité céleste. Chœur Accentus ; Laurence Equilbey, direction. Ensemble Ars Nova ; Michel Mauret, piano ; Philippe Nahon, direction.

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