Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Philippe Bianconi & Olivier Charlier, la transmutation des instruments à cordes par la musique

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Corneilla de Conflent. Eglise. 8-VIII-2008 à 17h. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 8 en do mineur » Pathétique » op. 13  ; Fritz Kreisler (1875-1962) : Récitatif et scherzo, caprice pour violon ; Béla Bartók (1881-1945) : Danses roumaines pour violon et piano ; Maurice Ravel (1875-1935) : Sonate pour violon et piano n°2 en sol majeur ; Olivier Charlier, violon ; Philippe Bianconi, piano.

Festival Pablo Casals 2008

C’est tout l’art de la programmation de ce festival que d’associer des artistes précieux dans des œuvres qui permettent de mettre en valeur leurs qualités. La découverte de nombreux lieux de concerts est aussi un atout. Dans la magnifique église romane Sainte Marie à Corneilla de Conflent, ouvre le concert avec la sonate pathétique de Beethoven. À nouveau il en propose une interprétation fulgurante où la technique est mise au service d’une émotion palpable. Les conditions sont différentes avec une acoustique plus floue et un piano moins sonore, mais l’interprète arrive à tirer le meilleur parti possible des conditions du concert. L’andante cantabile renouvelle une extraordinaire et rare capacité du musicien à faire chanter un instrument à cordes frappées.

est l’élégance personnifiée : la discrétion apparente, la pondération de son jeu sont un choix car quand il veut briller il le peut, mais sans ostentation. Ce caprice de Kreisler est fait pour subjuguer le public par une démonstration de virtuosité. retient surtout le charme qui peut se déployer dans cette pièce. Grâce à une technique parfaite et à une élégance de jeux de tous les instants il fait de cette pièce virtuose un moment envoûtant, révélant ce qu’il peut y avoir aussi d’incisif et de percussif dans le violon, tout en conservant une sonorité lumineuse avec des colorations très agréables.

Les deux musiciens s’associent pour six danses roumaines de Bartók et c’est un débordement de sonorités, de rythmes et d’effets inouïs qui saisissent le public. Avec un chic fou, prenant tous les risques que ces partitions réclame, ils jouent le jeu de l’audace et de la modernité, mais aussi de la tendresse voir de la mélancolie que certaines pièces recèlent.

La deuxième sonate pour violon et piano de Ravel va être l’apothéose du concert. Chacun des deux musiciens représente l’école française dans sa dimension d’élégance et de respect de l’esprit du texte. Chef de file de l’école française de violon, trouve en un spécialiste de Ravel qui entretient avec lui un dialogue somptueux. Leur association dans cette sonate créée une multiplication des évidences, tant au niveau des phrasés que des tempi. Cette sonate sous leurs doigts sonne magnifiquement et émeut profondément. La joie d’échanger les habitudes avec humour et même férocité est évidente dans cette partition qui confie au piano un chant legato voluptueux et au violon des rythmes féroces et endiablés avec l’utilisation de cordes pincées et frappées. La transmutation des cordes a lieu sous les yeux et les oreilles d’un public enthousiaste qui fait une ovation aux musiciens. Le public réclame deux bis dont une Vocalise en forme de Habanera d’anthologie par sa classe et l’association de deux sensibilités musicales très proches.

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Corneilla de Conflent. Eglise. 8-VIII-2008 à 17h. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 8 en do mineur » Pathétique » op. 13  ; Fritz Kreisler (1875-1962) : Récitatif et scherzo, caprice pour violon ; Béla Bartók (1881-1945) : Danses roumaines pour violon et piano ; Maurice Ravel (1875-1935) : Sonate pour violon et piano n°2 en sol majeur ; Olivier Charlier, violon ; Philippe Bianconi, piano.

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