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Bruxelles, Théâtre Royal de La Monnaie. 12-X-2008. Gioachino Rossini (1792-1868) : La Cenerentola, opéra en 2 actes sur un livret de Jacopo Ferretti. Mise en scène : Joan Font. Décors et costumes : Joan J. Guillén. Chorégraphie : Xevi Dorca. Lumières : Albert Faura. Avec : Silvia Tro Santafé, Cenerentola (Angelina) ; Javier Camarena, Don Ramiro ; Lionel Lhote, Dandini ; Donato di Stefano, Don Magnifico ; Raffaella Milanesi, Clorinda ; Giorgia Milanesi, Tisbe ; Ugo Guagliardo, Alidoro. Chœur d’hommes de la Monnaie (chef de chœur : Piers Maxim) ; Orchestre Symphonique de la Monnaie, direction : Marc Minkowski

Cendrillon au pays des merveilles

Après une première expérience positive avec les musiciens de la Monnaie à l’occasion de leur concert de nouvel-an, Marc Winkowski revient à Bruxelles pour diriger le dernier opera buffa de Rossini. Pour cette Cenerentola, la direction de la Monnaie n’a pas souhaité créer de nouvelle production, préférant proposer à son public la plaisante production de Joan Font, directeur du collectif d’artistes « Comediants ». Si Jacopo Ferretti avait débarassé le livret d’opéra de tout l’extraordinaire qui alimente le conte originel, Joan J. Guillén (créateur des décors et costumes) choisi de le réintroduire dans la mise en scène à travers une esthétique évoquant fortement Alice au pays des merveilles des studios Disney. Son plateau s’anime alors d’avantage par le mouvement des costumes graphiques et vivement colorés que par le travail réalisé sur les décors. Le plateau est ainsi composé d’un décor unique, dont les métamorphoses les plus significatives sont dues au travail de la lumière. Le metteur en scène veut ainsi suggérer que l’histoire présentée sur scène soit le rêve de Cendrillon, ce rêve constituant sa seule échappatoire à sa pénible situation. Il est difficile d’adhérer à ce parti tant l’opéra évolue sur cette ambiance visuellement festive et optimiste et ce n’est pas la pirouette finale, assez maladroite qui a pu nous convaincre d’avantage. Sur les toutes dernières mesures de la partition, par un changement rapide de décor et de lumières, le metteur en scène balaie en effet son happy-end en renvoyant Angelina à son âtre et à ses tâches ingrates, comme si Joan Font n’assumait pas le spectacle qu’il nous avait proposé jusque-là. Mais en dehors de ces considérations conceptuelles, il serait injuste de bouder le plaisir manifeste que communique cette production, dopée par la musique de Rossini.

Le plateau vocal d’une belle homogénéité s’avère très enthousiasmant, grâce à une excellente prestation de . Son timbre de voix quelque peu sévère se prête assez bien au rôle et la technique vocale dont elle dispose fait des merveilles dans pareil répertoire. incarne un Don Magnifico truculent, dont les qualités d’acteurs n’éclipsent en rien ses performances vocales. (Dandini), régulièrement invité à La Monnaie depuis sa participation au Concours Musical International Reine Elisabeth incarne un valet vocalement crédible, mais parfois surjoué, à l’image de Don Ramiro, interprété par . Ce jeune chanteur fait néanmoins forte impression par son impeccable projection vocale et son timbre racé. Le reste du plateau se révèle tout aussi agréable. Les sœurs Milanesi ( Clorinda et Tisbe), affublées de leurs désopilantes perruques aux couleurs improbables maîtrisent toutes les finesses de l’œuvre mais aussi de la mise en scène de Joan Font pour l’avoir déjà interprétée avec succès à Genève en février dernier. Enfin, Ugo Guagliardo est un Alidoro charismatique au timbre chaleureux.

Le bémol de ce spectacle ne viendra donc pas de la scène mais bien de la fosse. On attendait beaucoup de et il faut avouer que l’on n’aura pas reçu grand chose de la part du chef d’orchestre qui a construit son nom à travers le répertoire baroque. En bon routier, il mène son ensemble sans encombre au bout de la partition, mais sans jamais percevoir l’essence même de cette musique. Si le chef d’orchestre communique activement avec ses chanteurs, ceux-ci demeurent néanmoins couverts par l’orchestre, plus intéressé par les forte de la partition que par ses pianissimi. Cette balance inopportune est d’autant plus regrettable que certains pupitres se sont révélés en grande forme. On pense ainsi aux bois aux phrasés amples et d’une belle chaleur, mais aussi aux cordes, très disciplinées. Le chœur d’hommes de la maison s’est distingué une nouvelle fois, impliqué et impeccable.

Crédit photographique : (Angelina/Cenerentola) © La Monnaie

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Bruxelles, Théâtre Royal de La Monnaie. 12-X-2008. Gioachino Rossini (1792-1868) : La Cenerentola, opéra en 2 actes sur un livret de Jacopo Ferretti. Mise en scène : Joan Font. Décors et costumes : Joan J. Guillén. Chorégraphie : Xevi Dorca. Lumières : Albert Faura. Avec : Silvia Tro Santafé, Cenerentola (Angelina) ; Javier Camarena, Don Ramiro ; Lionel Lhote, Dandini ; Donato di Stefano, Don Magnifico ; Raffaella Milanesi, Clorinda ; Giorgia Milanesi, Tisbe ; Ugo Guagliardo, Alidoro. Chœur d’hommes de la Monnaie (chef de chœur : Piers Maxim) ; Orchestre Symphonique de la Monnaie, direction : Marc Minkowski

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