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Trio n°2 de Schubert : The Composer’s Cut.

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Paris. Théâtre du Châtelet. 30-XI-08. Franz Schubert (1797 – 1828) : trio n°2 en mi bémol majeur op. 100 D 929. Maurice Ravel (1875 – 1937) : trio en la mineur. Michel Dalberto, piano. Daishin Kahimoto, violon. Xavier Phillips, violoncelle.

/ / Xavier Philips

En ce dimanche matin terne et pluvieux, il y avait au moins deux bonnes raisons de se lever. La première, c’était de courir au Théâtre du Châtelet pour y voir la réunion de trois très grands interprètes : au violon, au violoncelle et au piano. La seconde, c’était de venir s’émerveiller pour une poignée de mesures de Schubert très rarement jouées. En réalité, hormis quelques heureux privilégiés mis au jus, les auditeurs ignoraient qu’ils venaient assister à la version intégrale du Trio en mi bémol, et d’ailleurs, le concert achevé, la grande majorité l’ignore sans doute toujours… Il faut dire que sans une bonne connaissance du dernier mouvement, les deux passages coupés lors de l’édition du trio de Schubert passent presque inaperçus. Mais les grands amoureux de Schubert et de ce trio (dont le célèbre thème principal du mouvement lent a été, rappelons-le, popularisé par le Barry Lindon de Kubrick, et élu «Air préféré des auditeurs de Radio Classique en 2007») reconnaissent tout le sublime de ces passages inédits, tout leur intérêt et leur cohérence vis-à-vis du reste de la partition, et ne comprennent pas pourquoi encore aujourd’hui, si peu de musiciens choisissent de les jouer. Une question à laquelle a tenté de répondre Jean-Marc Geidel dans son très beau roman «Le voyage inachevé» paru en 2006, et que nous avions interrogé à cette occasion.

Dans cette interprétation authentique du Trio en mi bémol, on a beaucoup aimé l’engagement des musiciens, leur homogénéité et leur très grande musicalité. Avec la clarté nécessaire, ils ont donné beaucoup de relief à la partition, faisant ressortir tour à tour les différents motifs accordés à chaque instrument. Dans un des deux passages inédits du finale qui reprend sous une forme variée le fameux thème du mouvement lent, on aurait cependant préféré entendre davantage l’exotisme de la partie piano par rapport à la ligne mélodique du violoncelle. On a aussi regretté le tempo bien trop allant adopté par Michel Dalberto dans l’andante, qui lui a curieusement donné un caractère presque martial au début. Malgré cela, on a dans l’ensemble assisté à un très grand moment schubertien.

La seconde partie du concert était consacrée au Trio en la mineur de , une œuvre magnifique pleine de contrastes, aux ambiances féériques et aux couleurs chatoyantes, merveilleusement bien reproduites par les trois musiciens. On a notamment pu savourer un dialogue inoubliable entre le violon et le violoncelle dans la passacaille du troisième mouvement, et une virtuosité dans le finale à couper le souffle. Que ce soit dans Schubert ou Ravel, ces trois-là ne manquent pas de talent et vu leur succès, on risque de les revoir souvent jouer ensemble.

Finalement, il y avait bien plus que deux bonnes raisons de se lever si tôt un dimanche matin !

Crédit photographique : © Karim Ramzi

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Paris. Théâtre du Châtelet. 30-XI-08. Franz Schubert (1797 – 1828) : trio n°2 en mi bémol majeur op. 100 D 929. Maurice Ravel (1875 – 1937) : trio en la mineur. Michel Dalberto, piano. Daishin Kahimoto, violon. Xavier Phillips, violoncelle.

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