L’élégance du baroque d’outre Rhin

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Heinrich Schütz (1585-1672) : Die siben Worte Jesu Christi am Kreuz ; Historia der Auferstehung Jesu Christi ; Johann Sebastiani (1622-1683) : Matthäus Passion. Ricercar Consort ; Direction : Philippe Pierlot. 2 CD Ricercar RIC280 ; Code : 5 400439 002807. Enregistré à Beaufays en 1998 (Schütz) et à Bolland en 1995 (Sebastiani). DDD ; Durée totale : 2h17’56’’. Texte de présentation en français, anglais et allemand sans les textes chantés.

 

Cette rediffusion en deux CD d’un très beau programme de musique allemande mérite toute notre attention. Bien que datant de 1995 et 1998 il n’a pas pris une ride, bien au contraire. La souplesse, l’élégance ainsi que la beauté formelle de ces interprétations est un véritable enchantement.

Ces trois oratorio, narration théâtralisée d’histoires saintes, sont complémentaires et prouvent la variété d’inspiration de Schütz et le génie d’un contemporain quasi inconnu, dans leur capacité d’adaptation à la tradition luthérienne de cette invention Romaine.

Dans ces enregistrements, le continuo est admirablement présent sans jamais, et c’est véritablement unique dans ce répertoire, sans jamais être lourd ou pompeux. Le choix des instrumentistes est soigneux et la distribution vocale également retrouve les plus belles voix possibles pour ce répertoire. , , Stephan Van Dijk, par exemple, mais il faudrait tous les citer. Pour les instrumentistes on retrouve même le superbe théorbe de dans Sebastiani.

impulse un élan sain et vigoureux à ces pages qui peuvent paraître austères avec d’autres. Ici elles vivent grâce à un admirable appui sur le texte. Les histoires avancent et la musique suit, tour à tour en récitatif, arioso, airs, chœurs, chorals ou intermèdes instrumentaux. Tout est élégant gracieux et apaisant. Les voix ont toute la souplesse et la virtuosité requise, tout en apportant les belles couleurs de leurs timbres. Il s’agit d’un très beau travail d’ensemble mis au service d’une fine musicalité de tous les instants. Schütz est admirablement interprété dans deux œuvres très différentes, mais c’est peut-être la Matthäus Passion de Sebastiani qui est la plus belle surprise. L’œuvre mérite vraiment d’être connue. L’orchestration semble plus ample que celle de son prédécesseur mais l’ensemble garde la même liberté de mélanges de styles. Le plaisir de l’écoute est grand avec des interprètes si souples et stylistiquement à l’aise. Tout semble facile et la musique coule avec évidence.

Les textes de la pochette, très documentés et faciles à lire, de , permettent de comprendre bien des subtilités de ces musiques qui avec des moyens modestes et semblables arrivent à des variétés infinies d’expressions, comme dans l’utilisation des divers instruments du continuo par exemple.

La prise de son est bien agréable avec une belle image stéréo, très cohérente même entre les deux CD enregistrés en deux lieux différents en en des dates diverses. Le seul regret est que si la politique éditoriale est généreuse (2 Cd pour le prix d’1) elle nous prive des textes et de leurs traductions, ruinant l’extraordinaire travail de diction des chanteurs, en tous cas pour les auditeurs non germanophones.

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