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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur, BWV903 ; Le Clavier bien tempéré, Livre I (extraits) ; Préludes et Fugue n° 19 à 24, Sonate pour violon et piano n° 3 en mi majeur BWV1016. Joseph Haydn (1732–1809) : Sonate pour piano n° 62 en mi bémol majeur, Hob. XVI : 52. Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791) : Variations Duport en ré majeur K573 ; Fantaisie en ré mineur, K397. Modeste Moussorgski (1839–1881) : Méditation, Une larme, Rêverie, Scherzo en ut dièse mineur. Franz Liszt (1811–1886) : transcription pour piano du Prélude et Fugue en la mineur ; Variations sur « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen ». Ludwig van Beethoven (1770–1827) : Sonates pour piano n°5 en ut mineur, op. 10 n°1 et n°32 en ut mineur, op. 111. Johannes Brahms (1833–1897) : Rhapsodie en sol mineur, op. 79 n°2, Intermezzo, op. 116 n°2 ; Intermezzi, op. 117 et op. 118. Franz Schubert (1797-1828) : Impromptus n°2 et 4, D899 et n°2, D935. Sergueï Ivanovitch Taneïev (1856-1915) : Quatuor avec piano en mi majeur, op. 20 ; Quintette avec piano en sol mineur, op. 30. Sergueï Prokofiev (1891–1953) : Visions fugitives n°1-13, 16, 19, op. 22 ; Sonate pour violoncelle et piano en ut majeur, op. 119. Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violoncelle et piano en ré mineur. Igor Stravinsky (1882-1971) : Concerto pour piano et instruments à vent ; Circus polka composée pour un jeune éléphant. Witold Lutoslawski (1913–1994) : Variations sur un thème de Paganini. Karol Szymanowski (1882–1937) : Préludes, op. 1 ; Variations en si bémol mineur, op. 3. Paul Hindemith (1895-1963) : Sonate pour alto et piano en fa majeur, op. 11 n° 4. Arthur Honegger (1892-1955) : Sonate pour alto et piano. Youri Chaporine (1887-1966) : Sonate pour piano n° 2 en si mineur, op. 7. Bohuslav Martinů (1890–1959) : Le Cinquième Jour de la Cinquième Lune ; Les bouquinistes du Quai Malaquais. André Jolivet (1905–1974) : Mana : La Chèvre, La Vache, La Princesse de Bali. Maria Youdina, piano ; Marina Kozolupova, violon (Bach) ; Quatuor Beethoven : Dimitri Tsiganov et Vassili Chirinski violon, Vadim Borissovski, alto, Sergueï Shirinski, violoncelle (Taneiev) ; Lev Evgrafov, violoncelle (Prokofiev) ; Natalia Shakhovskaya, violoncelle (Debussy) ; Orchestre Symphonique de la Radio-Télévision Russe, Direction : Gennady Rozhdestvensky (Stravinsky) ; Maria Drozdova, piano (Stravinski) ; Fiodor Droujinine, alto (Hindemith, Honegger). 8 CD Brilliant Classics. Référence 8909. Code barre : 5 029365 890922. Enregistré en studio et en concert entre 1948 et 1966. Notice en anglais sur l’artiste et les œuvres. Durée : 8h23

 

Les Clefs d'or

(1899-1970) est une artiste légendaire de l’époque soviétique, qui pourtant ne manque pas de titans, d’Oïstrakh à Richter, de Mravinski à Chostakovitch. D’origine juive mais convertie à la religion orthodoxe deux ans après la révolution bolchévique de 1917, elle fut une farouche défenseure de la foi et de la liberté. Ouvrant ses concerts par un signe ostensible de croix, elle pouvait les conclure par une lecture des extraits du Docteur Jivago de Boris Pasternak lorsque celui-ci était un réprouvé. Son répertoire s’étendait de Bach jusqu’à la musique contemporaine occidentale, pourtant honnie par le régime, Stravinski, Krenek, Messiaen, Xenakis, Jolivet… Vivant de manière ascétique dans la mansarde rudimentaire d’une datcha, une large pièce désordonnée autour d’un piano, elle portait sur scène une unique robe de concert noire qu’il fallait parfois recoudre et réajuster au dernier moment. Résistante dans la plus noble acception du terme, elle était régulièrement bannie de concert ou d’enregistrement, interdite d’enseignement. Jugée peu fiable, elle ne fut jamais autorisée à traverser le rideau de fer, l’Occident ignora tout d’elle.

Il est d’ailleurs difficile d’expliquer qu’elle ait pu échapper au goulag. L’anecdote la plus célèbre concernant est que Staline l’aurait entendue en 1943 à la radio dans le Concerto n°23 de Mozart et en aurait été bouleversé. Il voulut la réentendre mais le concert avait seulement été diffusé en direct. Une séance d’enregistrement fut alors organisée en urgence et un disque pressé à son intention. Maria Youdina refusa les 20. 000 roubles que Staline entendait lui verser. Elle lui écrivit qu’elle prierait jour et nuit pour que Dieu lui pardonne ses pêchés, et que l’argent devrait aller à la reconstruction des églises détruites ! A la mort de Staline, on retrouva le disque de Maria Youdina sur le phonographe du tyran. Il l’aurait écouté avant de mourir…

Au-delà d’un tempérament exceptionnel, Maria Youdina était une pianiste de légende, et le coffret Brilliant le rappelle utilement. Adoptant un parcours chronologique des œuvres, il permet d’admirer la versatilité de son style, qui s’adapte de manière intime à chaque compositeur : dense et libre avec Bach, plus souple et d’une profonde légèreté avec Haydn puis Mozart, intense dans le jeune Beethoven de la Sonate n°5 puis plus forte et dure pour la grande Sonate n°32, d’une maturité épanouie avec Brahms, donnant à Taneiev avec le ses lettres de noblesse de musique de chambre russe, enfin interprétant les modernes avec une poésie allusive (les Visions fugitives de Prokofiev) et engagement. Le mysticisme de Maria Youdina fait évidemment merveille dans Bach, mais également dans Stravinski – qu’elle admirait et qu’elle avait pu rencontrer lors du retour de ce dernier en URSS en 1962. Le Concerto pour piano et instruments à vent est animé d’une vie intérieure intense, loin de la froideur intellectuelle qui affecte cette musique.

Pour entrer immédiatement dans l’art de la pianiste, prenez les Liszt, fabuleux car elle y réalise l’alliance improbable de la rigueur de la fugue et de l’extrême théâtralité romantique (quels graves d’airain!). Les pièces rêveuses de Moussorgski sont d’une indicible poésie, nourries de terribles épreuves. Enfin les deux Impromptus de Schubert, enregistrés en concert, ont une urgence et une force émotionnelle qui les hissent au plus haut niveau, celui d’Arthur Schnabel et de Dinu Lipatti dans son concert testamentaire à Besançon en 1950.

Pour pénétrer plus intimement dans la vie et l’art de Maria Youdina, on pourra lire le long chapitre (une quarantaine de pages) qui lui est consacrée par l’altiste dans son livre de mémoires Souvenirs. Il a vécu avec elle une longue amitié artistique, illustrée dans ce coffret par les sonates de Hindemith et Honegger qu’ils avaient longuement travaillées ensemble.

Près de quarante ans après sa disparition, les enregistrements commerciaux et les publications consacrés à la pianiste sont parcellaires ou confidentiels. Le coffret Brilliant qui propose le quart du legs de la pianiste à prix très économique est plus qu’une excellente aubaine pour le mélomane, il contribue à établir hors de Russie que Maria Youdina figure au panthéon des pianistes.

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur, BWV903 ; Le Clavier bien tempéré, Livre I (extraits) ; Préludes et Fugue n° 19 à 24, Sonate pour violon et piano n° 3 en mi majeur BWV1016. Joseph Haydn (1732–1809) : Sonate pour piano n° 62 en mi bémol majeur, Hob. XVI : 52. Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791) : Variations Duport en ré majeur K573 ; Fantaisie en ré mineur, K397. Modeste Moussorgski (1839–1881) : Méditation, Une larme, Rêverie, Scherzo en ut dièse mineur. Franz Liszt (1811–1886) : transcription pour piano du Prélude et Fugue en la mineur ; Variations sur « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen ». Ludwig van Beethoven (1770–1827) : Sonates pour piano n°5 en ut mineur, op. 10 n°1 et n°32 en ut mineur, op. 111. Johannes Brahms (1833–1897) : Rhapsodie en sol mineur, op. 79 n°2, Intermezzo, op. 116 n°2 ; Intermezzi, op. 117 et op. 118. Franz Schubert (1797-1828) : Impromptus n°2 et 4, D899 et n°2, D935. Sergueï Ivanovitch Taneïev (1856-1915) : Quatuor avec piano en mi majeur, op. 20 ; Quintette avec piano en sol mineur, op. 30. Sergueï Prokofiev (1891–1953) : Visions fugitives n°1-13, 16, 19, op. 22 ; Sonate pour violoncelle et piano en ut majeur, op. 119. Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violoncelle et piano en ré mineur. Igor Stravinsky (1882-1971) : Concerto pour piano et instruments à vent ; Circus polka composée pour un jeune éléphant. Witold Lutoslawski (1913–1994) : Variations sur un thème de Paganini. Karol Szymanowski (1882–1937) : Préludes, op. 1 ; Variations en si bémol mineur, op. 3. Paul Hindemith (1895-1963) : Sonate pour alto et piano en fa majeur, op. 11 n° 4. Arthur Honegger (1892-1955) : Sonate pour alto et piano. Youri Chaporine (1887-1966) : Sonate pour piano n° 2 en si mineur, op. 7. Bohuslav Martinů (1890–1959) : Le Cinquième Jour de la Cinquième Lune ; Les bouquinistes du Quai Malaquais. André Jolivet (1905–1974) : Mana : La Chèvre, La Vache, La Princesse de Bali. Maria Youdina, piano ; Marina Kozolupova, violon (Bach) ; Quatuor Beethoven : Dimitri Tsiganov et Vassili Chirinski violon, Vadim Borissovski, alto, Sergueï Shirinski, violoncelle (Taneiev) ; Lev Evgrafov, violoncelle (Prokofiev) ; Natalia Shakhovskaya, violoncelle (Debussy) ; Orchestre Symphonique de la Radio-Télévision Russe, Direction : Gennady Rozhdestvensky (Stravinsky) ; Maria Drozdova, piano (Stravinski) ; Fiodor Droujinine, alto (Hindemith, Honegger). 8 CD Brilliant Classics. Référence 8909. Code barre : 5 029365 890922. Enregistré en studio et en concert entre 1948 et 1966. Notice en anglais sur l’artiste et les œuvres. Durée : 8h23

 
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