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Early works de Trisha Brown : Architecture à danser

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Pantin. Centre national de la danse. 20-X-2009. Trisha Brown : Early works. Chorégraphie : Trisha Brown. Avec les danseurs de la Trisha Brown Dance Company : Leah Morrison, Dai Jian, Huyn Jin Jung, Todd Lawrence Stone, Tamara Riewe, Melinda Myers, Laurel Tentindo, Irene Hultman et la participation de Priscilla Newell.

Renouant avec ses premières expérimentations dans les parcs, sur les toits ou dans les musées de New York dans les années 70, la chorégraphe américaine proposait une déambulation chorégraphique exceptionnelle dans les espaces publics du Centre national de la danse à Pantin, un bâtiment en béton brut qui a fait l’objet d’une rénovation remarquable voilà quelques années, récompensée par l’équerre d’argent.

Le parcours commence entre les deux immenses rampes qui desservent le bâtiment. Deux danseurs se testent dans Sticks 2, en essayant de calquer l’un sur l’autre leurs mouvements avant des bâtons. Cette pièce, créée en 1973, est un des exemples les plus emblématiques du travail sur la task, un principe de composition chorégraphique basé sur le recours à des actions concrètes et ordinaires. Quelques instants plus tard, se faisant face de part et d’autre de la rampe, deux danseuses entièrement vêtus de blanc enchaînent cinq minutes durant un subtil déhanchement les pouces levés, comme une comptine de gestes enfantine. C’est la première des pièces du cycle Accumulation, initié en 1971, autour du principe générique de l’accumulation, basé sur la répétition, la série et l’addition des mouvements. « La danse et sa structure sont visibles et ultra simples, et aucun mouvement n’a de sens au-delà de lui-même », selon les propres mots de la chorégraphe.

Un étage plus haut, ce seront quatre danseuses au sol, qui proposent dans Group Primary Accumulation (1973) un enchaînement de mouvements continus, apaisés et apaisants, nécessitant une très grande coordination des interprètes entre elles. Un nouveau mouvement s’ajoute à la fin de chaque série effectuée. Ce travail fascinant et hypnotique peut être rapproché des œuvres des peintres minimalistes américains Donald Judd ou Sol Lewitt.

La rampe de béton sert à nouveau de décor à Figure 8, où huit danseurs se tenant en ligne les uns derrière les autres exécutent les yeux fermés des mouvements simples et répétitifs au son d’un métronome. Juste auparavant, dans Sticks 1, cinq danseurs essayaient de faire tenir bout à bout cinq tasseaux, tandis que leurs corps se pliaient à des positions de plus en plus périlleuses. Le tout dans une proximité et une intimité rarement ressentie auprès de danseurs.

Le parcours dans la partie supérieure du bâtiment s’achevait avec la célébrissime Spanish Dance, où le déhanchement d’une danseuse se communique progressivement à ses quatre compagnes, adoptant tour à tour le port de bras d’une danse sévillane, le tout sur une chanson folk. Décontraction, humour et maîtrise caractérisaient ces expérimentations formelles dans les années 70 qui gardent près de 40 ans plus tard une acuité et une fraîcheur exceptionnelles. Une façon de revisiter le répertoire dansé sans l’enfermer dans la naphtaline.

Crédit photographique : Spanish dance © Tristan Vallès 1997

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Pantin. Centre national de la danse. 20-X-2009. Trisha Brown : Early works. Chorégraphie : Trisha Brown. Avec les danseurs de la Trisha Brown Dance Company : Leah Morrison, Dai Jian, Huyn Jin Jung, Todd Lawrence Stone, Tamara Riewe, Melinda Myers, Laurel Tentindo, Irene Hultman et la participation de Priscilla Newell.

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