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DiDonato, Flórez en débuts à Los Angeles… fracassants !!

La Scène, Opéra, Opéras

Los Angeles. Music Center. 29-XI-2009. Gioachino Rossini (1792-1868) : Il Barbiere di Siviglia, opéra en deux actes sur un livret de Cesare Sterbini. Mise en scène : Javier Ulacia. Décors : Llorenç Corbella. Costumes : Renata Schussheim. Lumières : Eduardo Bravo. Avec : Nathan Gunn, Figaro ; Joyce DiDonato, Rosina ; Juan Diego Flórez, Almaviva ; Bruno Praticó, Dottore Bartolo ; Andrea Silvestrelli, Don Basilio ; José Adán Pérez, Fiorello ; Kerri Marcinko, Berta. Chœur et Orchestre du Los Angeles Opera (chef de chœur : Grant Gershon), direction : Michele Mariotti

Il Barbiere di Siviglia

Dès les premières mesures de ce Barbiere, nous voici «de fête» (et quelle fête !) car c’est tout au long de l’ouverture amoureusement dirigée par un hautement idiomatique que se bâtit devant nos yeux la superbe production (elle nous vient du Teatro Real de Madrid) noir et blanc (ce que Llorenç Corbella et Renata Schussheim savent obtenir de ce noir-et-blanc est tout simplement stupéfiant !), exception faite du final, finement coloré. La lecture propre et retenue de Javier Ulacia, moins tumultueuse, moins houleuse que bien des productions passées, accentue les moments tendres et raisonnés, amoureux et lyriques. Les quelques trouvailles de mise en situation et autres gags sont bien là. Nos comédiens jouent à ravir. Mais on sourit ce soir plus qu’on ne rit. Nous sommes «de fête» également face à ce luxueux plateau… que l’on n’aurait jamais osé rêver : Flórez, DiDonato et Praticó, en débuts locaux, Gunn également, soulèveront alors, à juste titre, en fin de parcours, certains cris et hurlements rarement entendus dans ce Music center !

On ne peut penser un Almaviva plus convaincant, plus solide que celui de . Passion, tendresse, charme, enthousiasme, engagement physique inouï, tout y est, chez ce comte qu’amusent les mille facéties et mille perles du barbier.

Visiblement ému par l’accueil et autres réactions d’un public conquis dès les premiers instants, Flórez, qui a sans doute en un clin d’œil décidé de se faire plaisir, chantera dès le début du 2, et ceci jusqu’au final, en devant de scène, sans vergogne aucune, pour la salle, accumulant alors en boucle ces arias faites d’une coloratura, d’une virtuosité ce soir… inégalée (sans oublier une diction franche et claire, toute… italienne !). C’est stupéfiant. On en reste… sans voix ! que nous avions entendue dans le rôle à San Francisco en 2003 s’avère ce soir plus robuste, plus virtuose, plus sourcilleuse encore du style, du bon goût et de l’intelligence des mots. Son aigu porteur, énergique et souple, un medium soutenu, en font une Rosina, ce paragon de vertu, de courage et de morale, d’un étonnant poids. nous ressert, à peine réchauffé, le Figaro solide et vocalement sûr, présent, dont il s’est fait une spécialité (voir la production de San Francisco en 2006) mais ce soir, c’est Almaviva qui mène le bal ! Bruno Praticó campe, lui, un Dottore Bartolo hors classe. Le comédien parade et s’en donne lui aussi à cœur joie. Le baryton-basse engrange, lui, les prouesses vocales. La voix d’Andrea Silvestrelli (Don Basilio) rèsonne et tonne comme il se doit et le style serpillère (c’est un compliment) de Kerri Marcinko rajoute encore à la comédie. Redisons la poésie et l’amour d’un au pupitre d’un orchestre surchauffé, aux cordes soyeuses et colorées. En conclusion… tout simplement… un triomphe.

Crédit photographique : (Rosina) © Robert Millard

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