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Simon Rattle de Moscou à Londres

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EMI poursuit la mise en coffret des enregistrements de Simon Rattle. Ces deux boites cartonnées nous montrent le chef d’orchestre anglais à son meilleur dans des œuvres russes qu’il défend avec panache et brio et chez les compositeurs anglais qu’il sert, avec affection et humilité, comme tous les grands chefs insulaires.

 


EMI poursuit la mise en coffret des enregistrements de . Ces deux boites cartonnées nous montrent le chef d’orchestre anglais à son meilleur dans des œuvres russes qu’il défend avec panache et brio et chez les compositeurs anglais qu’il sert, avec affection et humilité, comme tous les grands chefs insulaires.

Modest Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition (orchestration de ) ; Alexandre Borodine (1833-1887) : symphonie n°2 en mi mineur, Danses polovtsiennes du Roi Igor ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : symphonie n°2 en si mineur, Op. 27 ; Vocalise, Op. 34 ; concerto pour piano n°2 en ut mineur, Op. 18 ; Rhapsodie sur un thème de Paganini, Op. 43 ; Danses symphoniques, Op. 45 ; (1891-1953) : symphonies n°1 en fa mineur, Op. 10 ; symphonie n°4 en ut mineur, Op. 43 ; symphonie n°10 en mi mineur, Op. 93 ; symphonie n°14, Op. 135. Serge Prokofiev (1891-1953) : symphonie n°5 en si majeur, Op. 100 ; Suite Scythe, Op. 20, concerto pour piano n°1 en ré majeur, Op. 10 ; Sofia Gubaidulina (née en 1931) : Zeigestalten. Cécile Ousset et Andrei Gavrilov, piano ; , soprano ; , baryton. Berliner Philharmoniker, , , , , direction : Sir . 1 coffret de 8 CD EMI. Référence et code barre : 50999 6 97597 2. Enregistré entre 1977 et 2007. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 8h16

Nous l’avions souligné lors d’une édition d’un récent dvd medici, Simon Rattle a des affinités avec l’univers de la musique russe. Enregistrées sur près de trente ans, ces bandes montrent encore les compétences du chef anglais dans ce répertoire et nous rappellent aussi ses premiers disques (symphonie n°2 et Danses symphoniques de Rachmaninov) que nous avions complètement oubliés ! Si pour chacune de ces œuvres, on peut toujours trouver, de manière isolée des témoignages plus convaincants, la direction de Rattle, très soucieuse des constructions et des équilibres, cerne, avec évidence les partitions. Cette approche produit parfois des résultats très curieux comme dans une symphonie n°2 de Rachmaninov, enregistrée à Los Angeles (seul témoignage de Rattle avec un orchestre étasunien !). Pas de passions russes, ni de rubato excessif, ni de cordes envahissantes, dans une lecture très minérale et radiographique. Si l’orchestre de Birmingham s’avère valeureux mais un peu brouillon dans des Danses symphoniques de Rachmaninov gravées au tout début du règne du chef sur la phalange anglaise (1982), on ne peut que constater les progrès accomplis au fur et à mesure du mandat de Rattle. La symphonie n°4 de Chostakovitch, enregistrée en 1994, montre un orchestre très affûté et discipliné. Cette gravure s’affirme même comme une grande version aux côtés de Kitaenko (Capriccio), Haitink (Decca) et Kondrashin (Melodya). Présent avec trois autres symphonies, Chostakovitch semble être une autre passion du chef. Si la symphonie n°10 est puissante et bien caractérisée, il manque aux symphonies n°1 et n°14, des angles saillants et une rage incantatoire, défauts déjà remarqués lors de l’édition originale de ces disques. L’album 100 % Prokofiev avec la symphonie n°5 et le Suite scythe est une autre grande réussite. Dans ces partitions cinématographiques et puissantes, Rattle évolue comme un poisson dans l’eau.

En dépit de beaux passages, l’album de concertos avec Cécile Ousset peut être oublié, tout comme un fort modeste cru du concert de la Saint-Sylvestre berlinois de 2007.

Un coffret, avec quelques déceptions, mais beaucoup de satisfaction et vendu à un prix très bas et une belle occasion de compléter sa discothèque !

(1857-1934) : Variations sur un thème original «Enigma», Op. 36, Falstaff, étude symphonique en ut mineur, Concerto pour violon en mi mineur, Op. 61, The Dream of Gerontius, Op. 38 ; Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : The Lark Ascending, On Wenlock Edge, Songs of Travel ; William Walton (1902-1983) : concerto pour violoncelle, symphonie n°1 en mi bémol majeur, Belshazzar’s Feast ; Gustav Holst (1874-1934) : The Planets, Op. 32 ; Colin Matthews (né en 1946) : Pluto, the Renewer ; Malcom Arnold (1921-2006) : concerto pour guitare ; (né en 1952) : Flourish with fireworks ; Percy Grainger (1882-1961) : In a Nutshell, Suite, train music, Country Gardens, Lincolnshire Posy, The Warriors ; : Asyla, Op. 17 ; Nicholas Maw (1935-2009) : Odyssey ; (né en 1960) : Drowned Out, Kai, Three Screaming Popes, Monumentum, Ceres. Janet Baker, mezzo-soprano ; John Mitchinson et Robert Tear, ténors ; Thomas Allen, Thomas Hampson, baryton ; John ShirleyQuirck, baryton basse ; Nigel Kennedy, violon ; Ulrich Heinen et Lynn Harrel, violoncelle ; Julian Bream, guitare ; City of Birmingham Symphony Chorus, The Chorus, , direction : Sir Simon Rattle. 1 coffret de 11 CD EMI. Enregistré entre 1986 et 2005. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 11h26

Si le coffret musique russe est intéressant et complète utilement l’image d’un chef, le box musique anglaise est carrément une référence absolue. Sur les onze disque de ce coffret, cinq sont des pierres angulaires de la musique britannique : le Songe de Géronte et le concerto pour violon d’Elgar, les œuvres de Walton, l’album et les partitions de Turnage. Rattle offre un beau parcours initiatique des brumes d’Elgar à l’énergie jubilatoire d’un Walton sans oublier les pulsions extatiques et chorégraphiques des compositeurs de la génération de Rattle. C’est un résumé de la musique anglaise en près de dix heures de musique (il manque juste les gravures Britten du chez déjà commercialisée au printemps dernier dans un autre coffret économique). Rattle, doté d’un grand sens du style et de la chorégraphie sait mettre en scène les délicates musiques de ses contemporains. Sous sa battue, l’assez pesante Odyssey de Maw sonne avec énergie et esprit conquérant. Mais des «jeunes» compositeur, c’est qui fait, comme toujours, la plus grande impression. Très urbaine et vivace, sa musique séduit par sa folie déjantée mais canalisée par un sens de l’orchestre inné. On se situe dans la lignée, d’un , avec des œuvres franches, directes et éclatantes de virtuosités. Un grand coffret !

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EMI poursuit la mise en coffret des enregistrements de Simon Rattle. Ces deux boites cartonnées nous montrent le chef d’orchestre anglais à son meilleur dans des œuvres russes qu’il défend avec panache et brio et chez les compositeurs anglais qu’il sert, avec affection et humilité, comme tous les grands chefs insulaires.

 
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