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La Dame aux Camélias : Invariable et inconstant

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Paris. Palais Garnier. 3-II-2010. Frédéric Chopin (1810-1849) : extraits divers, ballet en un prologue et trois actes d’après le roman d’Alexandre Dumas fils. Chorégraphie et mise en scène : John Neumeier. Décors et costumes : Jürgen Rose. Lumière : Rolf Water. Avec : Clairemarie Osta, Marguerite Gautier ; Mathieu Ganio, Armand Duval ; Michaël Denard, Monsieur Duval ; Mélanie Hurel, Prudence Duvernoy ; Laurent Novis, le Duc ; Karine Villagrassa, Nanine ; Adrien Bodet, le Comte de N. ; Ludmilla Pagliero, Manon Lescaut ; Jérmie Bélingard, Des Grieux ; Myriam Ould-Braham, Olympia ; Christophe Duquenne, Gaston Rieux ; et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Emmanuel Strosser et Frédéric Vaysse-Knitter, pianistes. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Michael Schmidtsdorff.

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de ce ballet, que ce soit lors de chroniques de représentations ou de DVD. Le couple Ganio-Osta a déjà été éprouvé lors des séries précédentes, mais a eu, lors de ces retrouvailles, quelques difficultés à trouver ses repères. Non tant dans l’art de danser, car à ce sujet il n’y a pas grand-chose à reprocher ; Ganio est toujours d’une grande pureté, avec un romantisme plus approprié que cela ne pouvait l’être dans Casse-Noisette. Une grande précision dans les pas, une attention fidèle à son héroïne sont autant de points positifs que l’on aime à retrouver dans la constance du travail de cet artiste. Pareillement, Mlle Osta a une pudeur et une franchise dans l’expression de ses sentiments, bien éloignées de l’histrionisme et de la démonstration permanente de technique et de sentiments mièvres. Mais il y a une fêlure entre les deux qui fait que l’ensemble fonctionne moins bien que la somme des deux ; ils ne semblent pas correspondre tout à fait à la même fréquence d’émotion, ce qui rend peu évident la relation passionnelle qui est censé unir Marguerite Gautier et Armand Duval. C’est probable également que cette fêlure soit symptomatique de l’avortement prévisible de leur relation.

Les rôles secondaires y sont sensiblement pareils que lors de la dernière reprise ; Mlle Ould-Braham, d’une légèreté évanescente, incarne volontiers l’acide Olympe, quand bien même son ambitus aurait été mieux exploité dans le rôle principal. , avec cette gouaille un rien triviale campe un Gastion Rieux juste, au charme désarmant ; Mlle Pagliero, qui a incarné une Manon très solide techniquement, mais peu propice à susciter une émotion vraie, était accompagnée de qui s’investit toujours beaucoup dans ses rôles, et qui intéresse plus par ses talents d’acteur que de danseur. Enfin, , inusable, déploie à nouveau l’amour paternel et l’honneur humilié dans une enveloppe fragile, mais attendrissante.

Le corps de ballet, très en règle, trouvait une heureuse résonance avec un orchestre attentionné et des pianistes sollicités rudement, mais à qui l’on ne saurait rendre justice, tant il leur est demandé de se calquer sur la danse, ce qui n’est pas sans entraver la respiration naturelle de leurs inspirations.

Crédit photographique : , © Sébastien Mathé/ Opéra National de Paris

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Paris. Palais Garnier. 3-II-2010. Frédéric Chopin (1810-1849) : extraits divers, ballet en un prologue et trois actes d’après le roman d’Alexandre Dumas fils. Chorégraphie et mise en scène : John Neumeier. Décors et costumes : Jürgen Rose. Lumière : Rolf Water. Avec : Clairemarie Osta, Marguerite Gautier ; Mathieu Ganio, Armand Duval ; Michaël Denard, Monsieur Duval ; Mélanie Hurel, Prudence Duvernoy ; Laurent Novis, le Duc ; Karine Villagrassa, Nanine ; Adrien Bodet, le Comte de N. ; Ludmilla Pagliero, Manon Lescaut ; Jérmie Bélingard, Des Grieux ; Myriam Ould-Braham, Olympia ; Christophe Duquenne, Gaston Rieux ; et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Emmanuel Strosser et Frédéric Vaysse-Knitter, pianistes. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Michael Schmidtsdorff.

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