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Paris. Opéra-Comique. 25-II-2010. Claudio Monteverdi (1567-1643) : Il Combattimento di Tancredi e Clorinda ; Or ch’el ciel e la terra el vento tace ; Lamento della Ninfa. Marco Marazzoli (1602 ?-1662) : La Fiera di Farfa. Avec : Claire Lefilliâtre, soprano ; Isabelle Druet, mezzo-soprano ; Bruno Le Levreur, Jean-François Lombard, altos ; Serge Goubioud, Jan van Elsacker, Hugues Primard, Olivier Martin Salvan, ténors ; Marc Mauillon, baryton ; Benoît Arnould, basse. Le Poème Harmonique, direction : Vincent Dumestre

Les soirées de Favart, organisées autour des évènements principaux de la saison de l’Opéra-Comique, sont souvent de véritables fêtes musicales qui démontrent si besoin en est encore, l’intelligence de la programmation de .

Pour relier Il Combattimento di Tancredi e Clorinda de Monteverdi à Béatrice et Bénédict de Berlioz, l’argument, un peu tiré par les cheveux, compare le combat marivaudant que se livrent les amoureux italiens à celui, mortel, qui oppose les amants imaginés par le Tasse. C’est surtout un prétexte pour inviter de nouveau le formidable Poème Harmonique.

Mais Il combattimento di Tancredi et Clorinda ne fait pas un programme à lui tout seul, et a l’intelligence de proposer en hors-d’œuvre deux autres pièces de Monteverdi, le madrigal Or ch’el ciel e la terra el vento tace puis le Lamento della Ninfa, seul morceau rescapé de l’opéra Arianna, plus un deuxième plat de résistance, La Fiera di Farfa de (1639). On avouera notre ignorance au sujet de ce petit bijou d’humour qui décrit une foire, avec ses marchands, ses badauds et ses bateleurs. Le programme de salle ne nous apprend rien de plus. De même, pour apprécier en direct tout le sel du texte et les mimiques des interprètes, un surtitrage aurait été le bienvenu, car même si la diction des dix chanteurs est parfaite, tout le monde n’est pas forcément italianophone.

Dix chanteurs, eh oui, il n’en fallait pas moins pour décrire une coquette, un charlatan vendeur d’élixir, un bègue, un amoureux, quelques animaux, et on en passe… Dix chanteurs, pas n’importe lesquels, qui, tout comme les neufs instrumentistes, allient la perfection du soliste à l’humilité de l’ensemble. Car les prestations individuelles sont époustouflantes de beauté de timbre, de style, de verve, mais ce qui frappe le plus est l’esprit d’équipe qui règne au sein de l’ensemble. Un esprit obtenu par l’amour de la musique et le plaisir d’être réunis, qui rayonne sur chaque visage, mais aussi par le travail et la rigueur. Il suffit de voir la netteté de la battue de quand il n’est pas au théorbe pour le comprendre.

nous aura ainsi fait passer des larmes, avec le plus émouvant des Combattimento, au rire, puis à l’émerveillement avec en bis un madrigal de Monteverdi à dix voix. Rien que du bonheur.

Crédit photographique : Vincent Dumestre © Per Buhre

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Paris. Opéra-Comique. 25-II-2010. Claudio Monteverdi (1567-1643) : Il Combattimento di Tancredi e Clorinda ; Or ch’el ciel e la terra el vento tace ; Lamento della Ninfa. Marco Marazzoli (1602 ?-1662) : La Fiera di Farfa. Avec : Claire Lefilliâtre, soprano ; Isabelle Druet, mezzo-soprano ; Bruno Le Levreur, Jean-François Lombard, altos ; Serge Goubioud, Jan van Elsacker, Hugues Primard, Olivier Martin Salvan, ténors ; Marc Mauillon, baryton ; Benoît Arnould, basse. Le Poème Harmonique, direction : Vincent Dumestre

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