La Scène, Opéra, Opéras

Un philtre magique filmique pour Donizetti coloré et magnifié

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Dijon, Auditorium, 26-VII-2010. Gaetano Donizetti (1797-1848) : L’elisir d’amore, melodramma giocoso en 2 actes sur un livret de Felice Romani. Mise en scène : Olivier Desbordes ; assistante de mise en scène : Pauline Thimonnier ; décors : Ruth Gross ; costumes : Jean-Michel Angays ; lumières : Patrice Gouron. Avec : Maria Virginia Savastano, Adina ; Luciano Botelho, Nemorino ; Vittorio Prato, Belcore ; Carlo Lepore, Dulcamara ; Stéphanie Degout (Loris), Giannetta. Chef de chant et piano : Maurizio Prosperi. Chœur de l’Opéra de Dijon, Orchestre Dijon Bourgogne, direction : Guillaume Tourniaire

L’Elisir d’amore

Les Dijonnais ont pu assister à un spectacle haut en couleurs à l’auditorium avec l’Elisir d’amore de . Même si l’histoire et la musique sont un peu convenues, tous les éléments étaient réunis pour une soirée idéale. Le succès remporté avec un public chaleureux et très enthousiaste atteste d’ailleurs de la réussite de l’entreprise.

Tout d’abord, il faut saluer la prestation des chanteurs. Et quand on dit «chanteurs», il faudrait également dire «acteurs». En témoigne la très belle prestation de dans le rôle de Dulcamara, le bonimenteur espiègle et drôle. Les mimiques, les attitudes et la présence sur scène n’ont pas manqué d’interpeler et de faire beaucoup rire. Les autres rôles restent dans cette veine également, même si les personnages interprétés ne sont pas tous dotés d’autant de bouffonnerie que celle du fameux docteur. incarne un Nemorino à la fois tendre, sensible et amusant. La chaleur de son timbre et son aisance vocale ont emporté l’adhésion. En témoigne le très bel air «Una furtiva lagrima» immortalisé somptueusement par un autre Luciano, à côté duquel Botelho ne fait pas pâle figure, soutenu plus spécifiquement par une harpe expressive et des bois inspirés. Belcore se caractérise par la présence physique et vocale indubitables de , qui donne corps à ce soldat de manière imposante. Il ne démérite pas à côté d’une savoureuse dans le rôle de la volage et espiègle Adina. L’aisance scénique et vocale de la jeune femme est absolument remarquable. Que ce soient les vocalises, les notes aigües, l’accentuation de la langue italienne… tout paraît simple, beau et facile. Une très belle interprétation, vraiment ! Même chose pour le rôle plus modeste de Giannetta par Stéphanie Degout (Loris). La prestation du chœur de l’opéra de Dijon est également à saluer, contribuant également au dynamisme et à la couleur de ce spectacle réussi. Autant que les costumes multicolores et variés de .

Ensuite, l’orchestre mérite également quelques mots pour saluer son travail. Que ce soient la rondeur des cordes, l’expressivité des bois, la puissance sans excès des cuivres et des percussions. Les chants et contrechants ressortent toujours de manière équilibrée. D’ailleurs, que ce soit entre les instruments eux-mêmes ou avec les chanteurs, l’équilibre est une qualité à souligner grâce à la précision de et à l’écoute des musiciens et chanteurs.

Enfin, il faut vraiment féliciter , aidé efficacement dans sa tâche par le savoir-faire précieux de pour les décors. En effet, comme l’explique le metteur en scène «Le grand plateau de l’auditorium, dans lequel peut se perdre la subtilité d’un sentiment discret, va nous servir à réaliser le plateau de cinéma sur lequel on tourne une jolie histoire : L’Elisir d’amore ! Décors multiples et réalistes, toiles peintes charmantes, sous bois discrets, ou salons ostentatoires, on passe d’un univers à l’autre au gré de l’évolution des sentiments des personnages.» Et Patrice Gouron de bien accorder les lumières à cette orchestre scénique. En effet, le jeu sur les couleurs est d’autant plus important que l’idée était de recréer une mise en scène d’un film, c’est-à-dire que l’histoire mise en musique par Donizetti devenait elle-même le sujet d’une production cinématographique, avec de véritables caméras sur scène, qui renvoyaient en noir et blanc des gros plans sur les personnages en train de chanter, à l’instar des films muets du début du XXe siècle. Ce n’est plus le théâtre dans le théâtre, mais l’opéra dans le cinéma… Une idée véritablement brillante avec une réalisation non moins convaincante !

Au total, une très belle soirée couronnée d’applaudissements de «bravos» bien mérités !

Crédit photographique : © Gilles Abegg-Opéra de Dijon

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Dijon, Auditorium, 26-VII-2010. Gaetano Donizetti (1797-1848) : L’elisir d’amore, melodramma giocoso en 2 actes sur un livret de Felice Romani. Mise en scène : Olivier Desbordes ; assistante de mise en scène : Pauline Thimonnier ; décors : Ruth Gross ; costumes : Jean-Michel Angays ; lumières : Patrice Gouron. Avec : Maria Virginia Savastano, Adina ; Luciano Botelho, Nemorino ; Vittorio Prato, Belcore ; Carlo Lepore, Dulcamara ; Stéphanie Degout (Loris), Giannetta. Chef de chant et piano : Maurizio Prosperi. Chœur de l’Opéra de Dijon, Orchestre Dijon Bourgogne, direction : Guillaume Tourniaire

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