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Si vous aimez la musique country ou le rock’n roll, ce dossier n’est pas fait pour vous. La « art music » des Etats-Unis, éclectique et audacieuse, a su s’imposer au siècle dernier comme un vivier de personnalités revendiquant un style musical affranchi des influences européennes. Pour accéder au dossier complet : Danse et Musique américaines

 

Le entame une tournée européenne sous la direction de son chef, l’excellent Manfred Honeck. Moins médiatisé que les orchestres légendaires de New-York, Boston, Cleveland ou Chicago, l’orchestre de Pittsburgh est une phalange d’élite qui a vu passer des chefs comme : , , ou . Pour ce premier volet d’Histoires d’orchestre, ResMusica vous plonge au cœur de cet orchestre prestigieux.

L’Histoire de l’orchestre

Le (PSO) est fondé, en 1895, par le chef d’orchestre, compositeur et organiste anglais Frederic Archer. Dans ses premières années, l’orchestre voit passer plusieurs directeurs musicaux : Victor Herbert (1898-1904) et Emil Paur (1905-1910) alors qu’il accueille de prestigieux invités : et . Mais, en dépit des succès artistiques, l’orchestre est dissout en 1910 pour des raisons financières.

L’orchestre réapparaît en 1926, grâce à l’énergie et l’engagement des musiciens qui répètent bénévolement tout en contribuant financièrement à l’organisation d’une saison : ainsi chaque musicien contribue à hauteur de 25 $ à l’organisation d’un grand concert gratuit. Elias Breeskin, le premier violon assure alors la direction des concerts avant d’être remplacé, en 1930, par le chef Antonio Modarelli. En 1937, l’orchestre nomme qui fuit alors le fascisme allemand. En seulement une saison, le grand chef hausse considérablement le niveau de l’orchestre.

Pour lui succéder, le PSO désigne . Formé à la rude école austro-hongroise, le musicien est un bâtisseur d’orchestre et un artiste d’une exigence supérieure. En dix ans (1938-1948), il hisse l’orchestre à un niveau qu’il n’a alors jamais atteint. En dépit d’une forte rotation des musiciens à cause de l’engagement des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale, Reiner tient solidement la barre. Conséquence du conflit et de la mobilisation des hommes, l’orchestre est l’une des premières phalanges à féminiser ses rangs dans des proportions jusque là inconcevables aux USA ; un journal de Pittsburgh parle ainsi de « et son orchestre féminin». Le chef réalise, pour la firme RCA, des enregistrements d’œuvres du grand répertoire mais accorde une large place à la musique contemporaine : Bartók, Strauss et Chostakovitch dont il enregistre, en pionnier, l’une des toutes premières versions de la Symphonie n°6.

Reiner cède sa place, en 1948, à un pôle de chef invité où l’on retrouve le jeune , l’expérimenté et le flamboyant . Trop oublié, l’excellent prend les rennes de l’orchestre en 1952. Pendant 23 ans, le chef va augmenter l’emprise locale de l’orchestre : dès 1961, l’audience s’est accrue de 250 % et le PSO est l’unique orchestre américain à vendre totalement tous ses concerts par suscription dès l’ouverture des abonnements ! De nombreuses tournées vont marquer ce mandat à l’image de celle de 1964 ; financée par le Département d’état : elle conduit l’orchestre à travers 14 pays d’Europe. Les années Steinberg se caractérisent par l’arrivée de l’orchestre au Heinz Hall, la résidence actuelle de la formation. Au niveau discographique, le chef multiplie les galettes pour la filiale étasunienne d’EMI, il enregistre ainsi des œuvres de Beethoven, Bruckner, Mahler, Brahms, Strauss. Tombés dans l’oubli, ces enregistrements sont pourtant à redécouvrir à cause du style de direction incisif et chantant du maestro. Un autre axe majeur de son action réside dans la défense de la musique de son temps avec des sessions consacrées à des pièces de Roy Harris, ou .

Personnalité hors normes, le chef, pianiste, compositeur et jazzman est nommé, en 1976, à la tête de l’orchestre. Previn est aussi au centre d’un programme télévisé spécial, intitulé Previn and The Pittsburgh. Il explore un répertoire qui lui convient à merveille et l’enregistre pour Philips : Offenbach, Gershwin, Mahler, Korngold et même un incroyable disque Haendel avec des tubes dans les enregistrements libidineux d’Hamilton Harty !

La période 1984-1996, voit le retour, à domicile, d’un fils du pays : . Le virtuose de la baguette est fortement lié à Pittsburgh et à son orchestre : il grandit à Pittsburgh, étudié la direction avec Vladimir Bakaleinikov, l’un des chefs associés de l’orchestre et joué dans l’orchestre en tant que violoniste. Outre de prestigieuses tournées, Maazel, très porté sur la promotion de la musique contemporaine, assure ainsi de nombreuses premières mondiales avec, souvent des musiciens de l’orchestre en soliste : Concerto pour basson de Taaffe Zwilich, Musique pour hautbois et orchestre de Leonardo Balada, Concerto pour trompette de Rodion Shechdrin et Concertos pour violon de David Stock et Roberto Sierra. Lors de la saison 1994-95, Maazel impose une pièce de musique américaine à chaque concert ; cette action volontariste est saluée par un prix de l’association des compositeurs américains. Du côté des enregistrements, ce tandem, sous contrat avec Sony, laisse, entre autre : une intégrale des symphonies de Sibelius, des albums Saint-Saëns, Grofé, Respighi et un disque Prokofiev/Tchaïkovski avec Yo-Yo Ma qui remporte un Grammy Award (1992).

Autre star des podiums : qui succède à Maazel, en 1997. Il poursuit le travail autour de la renommée de l’orchestre par des tournées de concerts portées par un succès considérable. Mais conséquence de la crise qui touche le marché du disque : un seul enregistrement, la symphonie n°8 de Chostakovitch (EMI), documente ce mandat qui prend fin en 2004.

Un triumvirat de chefs de haut vol est désigné pour assurer la conduite de l’orchestre après le départ de Mariss Jansons vers Amsterdam et Munich : , et Yan-Pascal Tortelier.

Cette équipe, fortement complémentaire au niveau du répertoire, est remplacée par qui est nommé directeur musical de l’orchestre à partir de la saison 2008-2009 ; restant lié à l’orchestre avec lequel il grave des disques pour le label néerlandais Pentatone. L’entente de avec l’orchestre est telle que son contrat, prévu pour trois saisons, est prolongé jusqu’à la fin de la saison 2015-2016. L’équipe artistique est complétée par Leonard Slatkin qui occupe les fonctions de premier chef invité et Marvin Hamlisch qui assure la direction des concerts populaires, toujours très importants aux USA. Ces concerts présentent des programmes bigarrés destinés à plaire au plus grand nombre : on trouve ainsi des tubes de Brodway, des standards de jazz, des pièces classiques célèbres et même du rock avec grand orchestre ; les dernières séries alternaient des partitions des Beatles. La saison de l’orchestre est bien remplie avec près de 64 concerts à Pittsburgh, dans sa région mais aussi au Canergie Hall de New York.

Le Heinz Hall

Comme tout orchestre digne de son rang le PSO possède sa salle : le Heinz Hall. Il s’agit d’un ancien cinéma construit, en 1927, à l’initiative magnat du cinéma Marcus Lœw et d’après des dessins de la firme d’architectures Rapp&Rapp. Le résultat est

un style à la fois éclectique et typique de ces édifices américains de l’entre-deux-guerres avec certaines parties très démonstratives comme le grand foyer qui culmine à plus de 15 mètres de haut. Concurrencé par la télévision, la salle alors connue sous le nom de Lœw’s Peen Theatre, ferme ses portes en 1964. Promis à la démolition, la salle est sauvée par l’engagement d’un groupe de décideurs menés par l’insustriel Henry J Heinz II dont la famille (des célèbres ketchup Heinz) a toujours fondamentalement été proche de l’orchestre. La salle, d’une jauge de 2676 places, est inaugurée, en 1971, et devient la résidence permanente de l’orchestre et sa salle d’enregistrement.

Un orchestre au cœur d’une cité

Comme tous les orchestres anglo-saxons, le PSO est très engagé dans les actions éducatives pour tous les âges : ces programmes spécifiques drainent près de 70. 000 personnes et l’on dénombre près de 33. 000 élèves, étudiants et professeurs. Par ailleurs, de manière à renforcer les liens avec le jeune public, l’orchestre offre des billets gratuits à certaines catégories du public scolaire (ce qui est un fait unique aux USA !). Un des programmes éducatifs, vise même à transformer les élèves en acteur de la production culturelle : ainsi 110 élèves du secondaire passent 6 mois à préparer et produire un véritable concert, en prenant en charge tous les aspects de l’organisation. L’orchestre a également tissé des liens avec des associations et avec les différentes communautés de la région de Pittsburgh.

Par ailleurs, l’intégration des jeunes musiciens professionnels est valorisée avec un programme «côte à côte» qui associe des étudiants aux côtés des professionnels lors de concerts mais aussi lors d’ateliers techniques et de répétitions partielles. Un autre programme est directement adressé vers les jeunes musiciens afro-américains. D’une durée de deux ans, il ambitionne de favoriser l’intégration de ces musiciens dans un orchestre symphonique autant comme tuttiste que soliste.

Discographie de l’orchestre

La discographie de l’orchestre est très riche. Ce document en pdf vous offre la possibilité de prendre connaissance de la discographie de l’orchestre. Il a été mis à notre disposition par l’équipe administrative de l’orchestre que nous remercions pour sa précieuse aide.

Crédit photographiques : Fritz Reiner / / , Jason Cohn / Heinz Hall

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