Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Solistes de l’Orchestre de l’Opéra d’État de Bavière, musique de chambre à l’Opéra

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Munich. Opéra National de Bavière, Allerheiligen Hofkirche. 18 juillet 2010. Richard Strauss (1864-1949) : Sextuor de Capriccio. Johannes Brahms (1833-1897) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur op. 114. Arnold Schœnberg (1874-1951) : Pierrot Lunaire. Annegeer Stumphius, soprano ; Andrea Ikker, flûte ; Jürgen Key, clarinette ; Arben Spahiu, violon, alto ; Corinna Desch, violon ; Adrian Mustea, Ruth Schindel, alto ; Peter Wöpke, Oliver Göske, violoncelle ; Sophie Raynaud, piano ; direction : Kent Nagano

Festival d’opéra nonobstant, le mois de juillet, à Munich, n’est pas réservé aux grandes voix et aux metteurs en scène : on y trouve aussi quelques représentations de ballet, mais aussi une série de concerts. Si la musique de chambre, avec raison, n’a pas élu domicile dans le trop vaste Nationaltheater, elle ne manque pour autant pas de lieux de prestige : c’est souvent le célèbre Cuvilliés-Theater qui lui offre un écrin on ne peut plus rococo, mais elle bénéficie aussi du cadre fascinant de l’église de la Résidence. Construite au début du XIXe siècle pour célébrer les fastes de la nouvelle monarchie bavaroise, elle a été victime des bombes de la seconde guerre mondiale : si les voûtes effondrées ont été reconstruites, toute l’ornementation intérieure a disparu, et on voit encore la marque de la destruction sur des briques nues parfois fortement endommagées.

Comme le rappelle le violoncelliste en ouverture du concert, le sextuor de Capriccio a été composé en pleine seconde guerre mondiale comme une échappatoire aux difficultés du temps ; il prend donc tout son sens, malaise compris, dans ce lieu où l’histoire est palpable. Les musiciens de l’orchestre de l’Opéra, qui n’ont pas joué Capriccio depuis longtemps, sont d’une remarquable homogénéité, et l’acoustique de l’église contribue à faire ressortir dans la partition une foison de détails que les dimensions des maisons d’opéra noient trop souvent. Le trio pour clarinette de Brahms est moins favorisé : le piano de , trop peu affirmé, peine à soutenir le discours, et le jeu du clarinettiste laisse passer trop de souffle pour permettre une écoute optimale ; l’ensemble manque de variété et laisse place à une monotonie qui n’est certes pas dans la partition.

Prima la musica, dopo le parole : cette devise qui est l’enjeu de Capriccio trouve un écho dans le chef-d’œuvre de Schœnberg qui clôt le concert, avec ce parlando qui, comme le dit Schœnberg, ne doit pas ressembler au parler naturel sans pour autant se rapprocher du chant. Ici, pourtant, c’est très nettement la musica, le chant qui domine : les tentatives d’Annegreet Stumphius pour s’écarter du chemin balisé du chant restent limitées, ce qui déséquilibre profondément l’œuvre. , qui vient d’annoncer après des mois de lutte en coulisse avec le directeur de l’Opéra, qu’il ne sollicitait pas la prolongation de son contrant au-delà de 2013, prouve en venant diriger ce dimanche matin cette œuvre difficile quel directeur musical engagé et humble il aura su être pendant ses 7 années munichoises : il apporte ici sa sensualité rigoureuse, soutenue par des musiciens ici remarquables, qui auraient mérité un traitement un peu plus subtil de la partie vocale pour faire ressortir un peu plus des innombrables beautés de l’une des œuvres fondatrices de la musique d’aujourd’hui.

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Munich. Opéra National de Bavière, Allerheiligen Hofkirche. 18 juillet 2010. Richard Strauss (1864-1949) : Sextuor de Capriccio. Johannes Brahms (1833-1897) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur op. 114. Arnold Schœnberg (1874-1951) : Pierrot Lunaire. Annegeer Stumphius, soprano ; Andrea Ikker, flûte ; Jürgen Key, clarinette ; Arben Spahiu, violon, alto ; Corinna Desch, violon ; Adrian Mustea, Ruth Schindel, alto ; Peter Wöpke, Oliver Göske, violoncelle ; Sophie Raynaud, piano ; direction : Kent Nagano

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